mardi 6 mars 2007

Korn - Unplugged


Dans le genre idées géniales, MTV a décidé de relancer sa célèbre série, qu'on ne présente plus. Celle-là même qui a permis à Alice In Chains, Pearl Jam et Nirvana d'enregistrer des sessions mémorables, et à Lauryn Hill de se ridiculiser totalement. Demander à Korn d'enregistrer un Unplugged, c'est un peu Damien Rice au Graspop, ou Jay-Z au festival national annuel du KKK. Mais bon, donnons-leur le bénéfice du doute, en sachant qu'ils ont un paquet de bons morceaux, et qu'on pourrait être surpris par l'inventivité des nouveaux arrangements.

Et tant qu'à faire dans la démesure, autant commencer par leur morceau le plus populaire, Blind, créateur de moshpit par excellence, ici arrangé en version flamenco. Jonathan Davis, le chanteur très habité, à l'habitude de chanter ses morceaux d'une manière assez particulière, qui leur convient très bien. Ici, il doit bien chanter, et on entend que des années d'excès n'ont pas fait beaucoup de bien à sa voix. Au moins, il essaie, mais le problème, c'est que le naturel revient bien vite au galop, et Davis se remet à hurler (avec un peu de retenue, quand même). Ce qui fait qu'on se retrouve devant le Korn qu'on connait, mais avec des guitares acoustiques et un piano. Pas bien. Même chose pour le choix des morceaux, qui reprend les plus gros hits du groupe, sans penser que leur traduction acoustique serait impossible. S'inspirer de Nirvana aurait été la bonne voie.

Encore moins bien, est la reprise de Creep (de Radiohead, hein, pas des Stone Temple Pilots). On se rend bien compte que le thème du morceau colle bien avec Jon "Caliméro" Davis, mais quand même, on l'a trop entendue et elle est impossible à reprendre correctement. Les surprises ne s'arrêtent as là, puisque Amy Lee, des très dispensables Evanescence vient pousser la chansonnette sur Freak On A Leash.

L'album se sauve de la poubelle vers la fin, quand Robert Smith et ses joyeux lurons viennent reprendre In Between Days, sandwichée avec Make Me Bad, avant qu'il ne se termine avec Throw Me Away, ou les percussions japonaises viennent apporter une nouvelle dimension bienvenue. Mais c'est déjà fini. L'album dure 44 minutes pour 11 morceaux, alors que 14 avaient été enregistrés. Il apparaît donc que 3 morceaux n'étaient même pas assez bons pour figurer sur le disque, qui restera à jamais classé comme mauvaise idée. Ceci dit, Korn reste un des groupes heavy les plus inventifs, et le prochain album (qui sort en juin) sera sans doute fort intéressant. Plus que ceci.

dimanche 4 mars 2007

Arcade Fire - Neon Bible


Totalement inconnus il y a trois ans, révélés grâce à la "blogosphère" (je jure que je n'utiliserai plus jamais ce mot), et potentiel mega-groupe à la U2/REM, la joyeuse troupe canadienne d'Arcade Fire arrive à l'heure de la confirmation, avec le fameux second album. Funeral était énorme, habité, original et passionné, on ne pouvait qu'espérer que Neon Bible puisse confirmer, et si possible pousser la formule plus loin encore.Que constate-t-on? Qu'Arcade Fire a bien compris ce qu'on attendait d'eux, et le produit.

Une instrumentation variée, ou la guitare est en retrait par rapport à la basse, au piano et au violon (Owen Pallett, alias Final Fantasy). La voix habitée de Win Butler, et les choeurs très Kim Deal de Régine Chassagne. L'ambiance, toujours particulière, parfois oppressante, parfois surannée, parfois angélique. Et la puissance générale, marquée dans l'instrumentation poids lourd de No Cars Go, ou dans le très très Springsteen Intervention.

Tout cela est très bien, mais. Quoi, mais? Mais reste une impression étrange, une impression d'une certaine impersonnalité (un comble!), voire pire, d'une sorte d'artificialité désagréable. Les paroles anti-guerre, anti-religion organisée et anti-USA, par exemple.

Comme si Arcade Fire avait compris ce qu'on attendait d'eux, et a produit ce disque comme on produit un Big Mac. On sait ce qu'on attend, et si on le demande, c'est qu'on aime, probablement. Mais il reste que c'est vachement difficile à digérer, et Neon Bible est lourd. Lourd, et limite indigeste, à force de nappes de claviers, couches de violons et voix pesantes.

Avec cet album, Arcade Fire prouve plusieurs choses : d'abord, qu'ils sont capables de bonnes choses; ensuite, que le chemin le plus court entre deux points reste la ligne droite. Mais les lignes droites, c'est bien, pour Coldplay, et d'autres groupes qui ne font que ce qu'on attend d'eux, sans surprendre, sans âme. Arcade Fire sera peut-être un jour aussi gros que U2, ou que Coldplay, justement. Et alors?

samedi 3 mars 2007

Arcade Fire - Neon Bible


Totalement inconnus il y a trois ans, révélés grâce à la "blogosphère" (je jure que je n'utiliserai plus jamais ce mot), et potentiel mega-groupe à la U2/REM, la joyeuse troupe canadienne d'Arcade Fire arrive à l'heure de la confirmation, avec le fameux second album. Funeral était énorme, habité, original et passionné, on ne pouvait qu'espérer que Neon Bible puisse confirmer, et si possible pousser la formule plus loin encore.Que constate-t-on? Qu'Arcade Fire a bien compris ce qu'on attendait d'eux, et le produit.

Une instrumentation variée, ou la guitare est en retrait par rapport à la basse, au piano et au violon (Owen Pallett, alias Final Fantasy). La voix habitée de Win Butler, et les choeurs très Kim Deal de Régine Chassagne. L'ambiance, toujours particulière, parfois oppressante, parfois surannée, parfois angélique. Et la puissance générale, marquée dans l'instrumentation poids lourd de No Cars Go, ou dans le très très Springsteen Intervention.

Tout cela est très bien, mais. Quoi, mais? Mais reste une impression étrange, une impression d'une certaine impersonnalité (un comble!), voire pire, d'une sorte d'artificialité désagréable. Les paroles anti-guerre, anti-religion organisée et anti-USA, par exemple.

Comme si Arcade Fire avait compris ce qu'on attendait d'eux, et a produit ce disque comme on produit un Big Mac. On sait ce qu'on attend, et si on le demande, c'est qu'on aime, probablement. Mais il reste que c'est vachement difficile à digérer, et Neon Bible est lourd. Lourd, et limite indigeste, à force de nappes de claviers, couches de violons et voix pesantes.

Avec cet album, Arcade Fire prouve plusieurs choses : d'abord, qu'ils sont capables de bonnes choses; ensuite, que le chemin le plus court entre deux points reste la ligne droite. Mais les lignes droites, c'est bien, pour Coldplay, et d'autres groupes qui ne font que ce qu'on attend d'eux, sans surprendre, sans âme. Arcade Fire sera peut-être un jour aussi gros que U2, ou que Coldplay, justement. Et alors?

jeudi 1 mars 2007

Kaiser Chiefs - Yours Truly, Angry Mob


2005, en Angleterre, c'était l'année de la mort des Libertines, et de l'avènement de Kaiser Chiefs, le groupe idéal car capable de plaire aux enfants, aux ados pas très rebelles, aux parents qui se souviennent de Madness et aux grand-parents, parce qu'ils sont bien habillés (le clavieriste a un chapeau). Leur premier album, Employment (indulgemment critiqué ici), s'est vendu par camions, a décroché quelques Brit Awards, mais se devait d'être bien suivi, sous peine d'un voyage vers l'oubli, à la Datsuns.

Les Kaiser Chiefs n'ayant pas l'intention de renouveler le genre (et n'en sont probablement pas capables, de toute façon), il était peu probable qu'ils changent de style, mais il fallait encore qu'ils ne s'auto-parodient pas, et qu'ils montrent (un peu) d'évolution musicale. Et sans vouloir être trop critique, c'est plus ou moins ce qu'on a ici. Ruby, le premier morceau et premier single, est excessivement catchy, tout à fait consommable, et fera chanter des hordes d'anglais assoiffés dans les festivals d'été (et pas qu'anglais d'ailleurs, KC étant confirmé pour une chouette journée à Werchter). La suite, sans grande surprise, allie morceaux rapides, faciles à digérer et ballades pas trop lourdes, faut pas exagérer non plus.

On notera juste une légère recherche d'amélioration, les morceaux sont moins clichés qu'avant (moins de ooh ooh), et le tout est un peu plus varié musicalement, avec cette fois des clins d'oeils vers leurs pairs plus sérieux, Franz Ferdinand (High Royds). Mais bon, tout cela reste assez facile, très inoffensif, et parfois irritant (Everything Is Average Nowadays, du pain bénit pour leurs détracteurs).

On ne peut pas dire que ceci soit un mauvais album, car il a trop peu de saveur pour être mauvais. Kaiser Chiefs a sa place dans le paysage musical contemporain, celui du groupe, en festival, qu'on utilise pour aller faire pipi. Il en faut.