mardi 9 septembre 2008

The Verve - Forth

L'ambiance au sein de Verve, c'est un peu comme Police à la grande époque (quoique rien n'a changé, apparement) : tout se monde se déteste, mais on fait comme si. C'est d'autant plus vrai entre le chanteur-diva Richard Ashcroft et le guitariste Nick McCabe, à un point tel que le groupe s'est déjà séparé deux fois, pour revenir ensuite.

Mais The Verve, dans l'imaginaire collectif, c'est surtout le mégahit de 1997 Bitter Sweet Symphony et un album imparable et truffé de tubes, Urban Hymns, qui leur a offert un nouveau public, car ils végétaient depuis deux albums dans une scène indie/psyché UK.

Forth est leur quatrième album (on notera le subtil jeu de mot), et tente de concilier la recherche mélodique rassembleuse d'Urban Hymns au psychédélisme débridé des débuts. Sur le papier, ça se défend, mais malheureusement, enfer, route, bonnes intentions et tout ça...

Sit And Wonder entame très bien l'album, on retrouve je jeu de guitare aérie de McCabe avec une section rythmique dense et tendue. Ashcroft fait son messie, mais c'est ce qu'il fait, c'est comme ça. Les parties instrumentales sont très efficaces, et Ashcroft atteint rapidement un paroxysme limite Morrisonnien. On en redemande, des comme ça.

Hélas, après arrive cet infâme single, Love Is Noise, et ses tics vocaux invraisemblablement insupportables. Quel producteur peut laisser ça dans un produit fini? Apparemment, un qui doit partager les mêmes champignons que le groupe... Love Is Noise est vraiment naze, transparent et répétitif. Ou comment avoir tout et rien en l'espace de deux morceaux. Forth est un peu comme ça, switchant entre passages insignificants à une certaine brillance instrumentale (Noise Epic, au final stupéfiant), de ballades sans âme à d'autres nettement plus envoûtantes (Numbness).

Forth est nettement moins user-friendly que Urban Hymns, c'est un fait et ce n'est pas désagréable en soi (on ne sait pas écrire deux The Drugs Don't Work dans une carrière), mais de là à faire un peu n'importe quoi, c'est autre chose. Surtout que, et cela ne surprendra personne, tout cela sonne assez prétentieux, comme si Verve et (surtout) Ashcroft avaient encore une quelconque relevance dans le paysage musical actuel.

Forth est frustrant, parce qu'il montre un groupe capable de faire des bonnes choses, mais qui oublie (à de rares exceptions près) la plus simple recherche mélodique, et se perd en morceaux à rallonges et en mauvaises rimes. Vu que le groupe va probablement encore se séparer, prouvant ainsi les véritables raisons de la reformation, on ne s'épanchera pas de trop, mais Forth est juste inutile, pire, il est à la limite de l'embarras, les mauvais choix dépassant les bons moments.

The Verve a cité George Byron auparavant, ils ne l'ont malheureusement pas suivi : all farewells should be sudden.

The Verve - Forth

L'ambiance au sein de Verve, c'est un peu comme Police à la grande époque (quoique rien n'a changé, apparement) : tout se monde se déteste, mais on fait comme si. C'est d'autant plus vrai entre le chanteur-diva Richard Ashcroft et le guitariste Nick McCabe, à un point tel que le groupe s'est déjà séparé deux fois, pour revenir ensuite.

Mais The Verve, dans l'imaginaire collectif, c'est surtout le mégahit de 1997 Bitter Sweet Symphony et un album imparable et truffé de tubes, Urban Hymns, qui leur a offert un nouveau public, car ils végétaient depuis deux albums dans une scène indie/psyché UK.

Forth est leur quatrième album (on notera le subtil jeu de mot), et tente de concilier la recherche mélodique rassembleuse d'Urban Hymns au psychédélisme débridé des débuts. Sur le papier, ça se défend, mais malheureusement, enfer, route, bonnes intentions et tout ça...

Sit And Wonder entame très bien l'album, on retrouve je jeu de guitare aérie de McCabe avec une section rythmique dense et tendue. Ashcroft fait son messie, mais c'est ce qu'il fait, c'est comme ça. Les parties instrumentales sont très efficaces, et Ashcroft atteint rapidement un paroxysme limite Morrisonnien. On en redemande, des comme ça.

Hélas, après arrive cet infâme single, Love Is Noise, et ses tics vocaux invraisemblablement insupportables. Quel producteur peut laisser ça dans un produit fini? Apparemment, un qui doit partager les mêmes champignons que le groupe... Love Is Noise est vraiment naze, transparent et répétitif. Ou comment avoir tout et rien en l'espace de deux morceaux. Forth est un peu comme ça, switchant entre passages insignificants à une certaine brillance instrumentale (Noise Epic, au final stupéfiant), de ballades sans âme à d'autres nettement plus envoûtantes (Numbness).

Forth est nettement moins user-friendly que Urban Hymns, c'est un fait et ce n'est pas désagréable en soi (on ne sait pas écrire deux The Drugs Don't Work dans une carrière), mais de là à faire un peu n'importe quoi, c'est autre chose. Surtout que, et cela ne surprendra personne, tout cela sonne assez prétentieux, comme si Verve et (surtout) Ashcroft avaient encore une quelconque relevance dans le paysage musical actuel.

Forth est frustrant, parce qu'il montre un groupe capable de faire des bonnes choses, mais qui oublie (à de rares exceptions près) la plus simple recherche mélodique, et se perd en morceaux à rallonges et en mauvaises rimes. Vu que le groupe va probablement encore se séparer, prouvant ainsi les véritables raisons de la reformation, on ne s'épanchera pas de trop, mais Forth est juste inutile, pire, il est à la limite de l'embarras, les mauvais choix dépassant les bons moments.

The Verve a cité George Byron auparavant, ils ne l'ont malheureusement pas suivi : all farewells should be sudden.

mercredi 3 septembre 2008

Slipknot - All Hope Is Gone

Cela ne nous rajeunit pas, et tout ça, mais l'année prochaine marquera le dixième anniversaire du premier album de Slipknot. Ce fut un choc sensationnel, à l'époque. Neuf types issus de Fucktown, Iowa, en boilersuits numérotés et munis de masques inspirés de différents classiques d'horreur faisaient un boucan pas possible et se distinguaient pas leurs concerts invraisemblables où les membres n'étaient jamais ensemble sur scène en même temps : dans le public, sur les hauts-parleurs, au-dessus des échafaudages, on en trouvait partout.

Leur image n'était pas la seule chose remarquable : leur début, Slipknot, était innovateur et le second (Iowa) restera sans doute à jamais un des albums les plus heavy/malsains jamais enregistrés. Ensuite, ils se séparèrent momentanément, et rien n'allait plus jamais être comme avant. Les deux personnalités qui, musicalement parlant, sortaient du lot se sont fait un nom ailleurs. Le batteur Joey Jordison créera le glam-metal Murderdolls et jouera pour (excusez du peu) Korn, Ministry, Metallica ou encore Marilyn Manson, tandis que Corey Taylor (et le guitariste Jim Root) se retrouve dans Stone Sour, combo de rock mélodique assez léger.

Toutes ces influences se retrouvèrent dans le bien mou Vol 3., et donc, on attendait un retour au heavy, qui avait de plus été annoncé par le percussioniste psychopathe Sid "Clown" Crahan. Force est de constater de Crahan n'a pas vraiment dit la vérité. Oui, All Hope Is Gone comprend son lot de riffs et de grosse caisse, mais il sonne souvent plus Stone Sour que Stone Sour. Ce n'est peut-être pas nécessairement un mal, mais ce n'est plus vraiment Slipknot.

On commence très heavy, avec Gematria (The Killing Name) qui est vraiment excellent, violent, puissant et encourageant. Mais très vite, on sombre. On avait pris l'habitude des voix claires, et même si cela peut surprendre, Taylor chante très juste. Mais souvent, on tombe carrément dans le classic rock. Á peu de choses près, on prend Psychosocial ou Dead Memories et on a le Black Album. La question est, est-ce une bonne chose? Ils retombent parfois dans l'expérimental à la Iowa (Gehenna) ou dans le très heavy (This Cold Black), mais pour les faire suivre de Snuff, qui sonnerait ridiculement léger et emo pour... Stone Sour.

On a l'impression que Slipknot a voulu faire de All Hope Is Gone un récapitulatif ce qu'ils pouvaient faire, de l'étendue générale de leurs capacités. En résulte un manque de cohérence, et un sentiment permanent de montagne russe. Le bon con cotoie de douteux et le carrément dispensable, et on se tournera rapidement vers leurs deux premiers albums, quand "concession" ne faisait pas encore partie de leur vocabulaire. Si All Hope Is Gone est leur épitaphe, elle n'est vraiment pas adaptée. Dommage.

Slipknot - All Hope Is Gone

Cela ne nous rajeunit pas, et tout ça, mais l'année prochaine marquera le dixième anniversaire du premier album de Slipknot. Ce fut un choc sensationnel, à l'époque. Neuf types issus de Fucktown, Iowa, en boilersuits numérotés et munis de masques inspirés de différents classiques d'horreur faisaient un boucan pas possible et se distinguaient pas leurs concerts invraisemblables où les membres n'étaient jamais ensemble sur scène en même temps : dans le public, sur les hauts-parleurs, au-dessus des échafaudages, on en trouvait partout.

Leur image n'était pas la seule chose remarquable : leur début, Slipknot, était innovateur et le second (Iowa) restera sans doute à jamais un des albums les plus heavy/malsains jamais enregistrés. Ensuite, ils se séparèrent momentanément, et rien n'allait plus jamais être comme avant. Les deux personnalités qui, musicalement parlant, sortaient du lot se sont fait un nom ailleurs. Le batteur Joey Jordison créera le glam-metal Murderdolls et jouera pour (excusez du peu) Korn, Ministry, Metallica ou encore Marilyn Manson, tandis que Corey Taylor (et le guitariste Jim Root) se retrouve dans Stone Sour, combo de rock mélodique assez léger.

Toutes ces influences se retrouvèrent dans le bien mou Vol 3., et donc, on attendait un retour au heavy, qui avait de plus été annoncé par le percussioniste psychopathe Sid "Clown" Crahan. Force est de constater de Crahan n'a pas vraiment dit la vérité. Oui, All Hope Is Gone comprend son lot de riffs et de grosse caisse, mais il sonne souvent plus Stone Sour que Stone Sour. Ce n'est peut-être pas nécessairement un mal, mais ce n'est plus vraiment Slipknot.

On commence très heavy, avec Gematria (The Killing Name) qui est vraiment excellent, violent, puissant et encourageant. Mais très vite, on sombre. On avait pris l'habitude des voix claires, et même si cela peut surprendre, Taylor chante très juste. Mais souvent, on tombe carrément dans le classic rock. Á peu de choses près, on prend Psychosocial ou Dead Memories et on a le Black Album. La question est, est-ce une bonne chose? Ils retombent parfois dans l'expérimental à la Iowa (Gehenna) ou dans le très heavy (This Cold Black), mais pour les faire suivre de Snuff, qui sonnerait ridiculement léger et emo pour... Stone Sour.

On a l'impression que Slipknot a voulu faire de All Hope Is Gone un récapitulatif ce qu'ils pouvaient faire, de l'étendue générale de leurs capacités. En résulte un manque de cohérence, et un sentiment permanent de montagne russe. Le bon con cotoie de douteux et le carrément dispensable, et on se tournera rapidement vers leurs deux premiers albums, quand "concession" ne faisait pas encore partie de leur vocabulaire. Si All Hope Is Gone est leur épitaphe, elle n'est vraiment pas adaptée. Dommage.