mercredi 12 novembre 2008

The Cure - 4:13 Dream


Un album de Cure, même si c'est le treizième, reste toujours un événement. Histoire de ne pas passer à côté, les marketeers ont décidé de jouer avec le chiffre 13, en sortant un single chaque treizième jour des quatre mois précédant la sortie, prévue le 13 septembre. Sauf que tout cela a pris du retard, qu'il a fallu bidouiller en vitesse un single pour septembre (l'EP de remixes Hypnagogic States), et que finalement, 4:13 Dream est sorti... le 27 octobre. Toujours dans la symbolique, le chiffre quatre annonce qu'il reste quatre membres dans le groupe, modifié avec le retour du fidèle Porl Thompson et qui abandonne les claviers pour deux guitares (Thompson et Smith). C'est bien beau tout cela, mais quid de l'album? Cure, malgré quelques faux pas, n'est jamais tombé trop bas. Le précédent album, The Cure, produit par Ross Robinson montrait un groupe désireux de revenir à ses racines, vers une musique peu complexe et assez organique : cette recherche sonore continue ici.

4:13 Dream commence très bien, avec le long et lancinant Underneath The Stars qui ne dépareillerait pas sur Zuma, oui, carrément. On se sent tout de suite dans une atmosphère tendue mais familière, avec forcément le Roi des corbeaux qui vient poser sa foutue voix inimitable. C'est bien, mais... Mais c'est le meilleur morceau de l'album, et d'assez loin. Smith l'avait annoncé, 4:13 Dream serait assez light. Mais on ne s'attendait pas à quelques singles trop évidents (Freakshow), ni à des pompages quasi incessants de leurs propres moments de gloire.

The Cure version 2008 fait donc dans le légèrement menaçant (The Real Snow White pour attirer les fans de NIN, sans doute), le légèrement acoustique (Siren Song) et le légèrement agressif (Sleep When You're Dead, du moins l'intro). On retrouve quand même quelques trucs assez intéressants, comme The Perfect Boy qui est tellement Cure que le rouge à lèvres coule des écouteurs, et This. Here and Now. With You qui est mieux que son titre. Typiquement, It's Over conclut l'album avec Bob qui prévient que maintenant, c'est fini. Personne ne le croit, et c'est peut-être bien dommage, il serait peut-être temps de penser à raccrocher.

L'importance de Cure dans l'histoire de la musique n'est pas vraiment sujette à débat, et la qualité de 4:13 Dream non plus. Ce n'est pas Wild Mood Swings, ok, mais il reste assez anecdotique, et surtout, on pouvait attendre plus et mieux d'un Cure sans clavier (même si Porl Thompson et loin d'être mauvais). Ce qui est questionnable, par contre, c'est la pertinence du groupe. Heureusement que leurs concerts valent toujours la peine, parce que 4:13 Dream, pas trop.

The Cure - 4:13 Dream


Un album de Cure, même si c'est le treizième, reste toujours un événement. Histoire de ne pas passer à côté, les marketeers ont décidé de jouer avec le chiffre 13, en sortant un single chaque treizième jour des quatre mois précédant la sortie, prévue le 13 septembre. Sauf que tout cela a pris du retard, qu'il a fallu bidouiller en vitesse un single pour septembre (l'EP de remixes Hypnagogic States), et que finalement, 4:13 Dream est sorti... le 27 octobre. Toujours dans la symbolique, le chiffre quatre annonce qu'il reste quatre membres dans le groupe, modifié avec le retour du fidèle Porl Thompson et qui abandonne les claviers pour deux guitares (Thompson et Smith). C'est bien beau tout cela, mais quid de l'album? Cure, malgré quelques faux pas, n'est jamais tombé trop bas. Le précédent album, The Cure, produit par Ross Robinson montrait un groupe désireux de revenir à ses racines, vers une musique peu complexe et assez organique : cette recherche sonore continue ici.

4:13 Dream commence très bien, avec le long et lancinant Underneath The Stars qui ne dépareillerait pas sur Zuma, oui, carrément. On se sent tout de suite dans une atmosphère tendue mais familière, avec forcément le Roi des corbeaux qui vient poser sa foutue voix inimitable. C'est bien, mais... Mais c'est le meilleur morceau de l'album, et d'assez loin. Smith l'avait annoncé, 4:13 Dream serait assez light. Mais on ne s'attendait pas à quelques singles trop évidents (Freakshow), ni à des pompages quasi incessants de leurs propres moments de gloire.

The Cure version 2008 fait donc dans le légèrement menaçant (The Real Snow White pour attirer les fans de NIN, sans doute), le légèrement acoustique (Siren Song) et le légèrement agressif (Sleep When You're Dead, du moins l'intro). On retrouve quand même quelques trucs assez intéressants, comme The Perfect Boy qui est tellement Cure que le rouge à lèvres coule des écouteurs, et This. Here and Now. With You qui est mieux que son titre. Typiquement, It's Over conclut l'album avec Bob qui prévient que maintenant, c'est fini. Personne ne le croit, et c'est peut-être bien dommage, il serait peut-être temps de penser à raccrocher.

L'importance de Cure dans l'histoire de la musique n'est pas vraiment sujette à débat, et la qualité de 4:13 Dream non plus. Ce n'est pas Wild Mood Swings, ok, mais il reste assez anecdotique, et surtout, on pouvait attendre plus et mieux d'un Cure sans clavier (même si Porl Thompson et loin d'être mauvais). Ce qui est questionnable, par contre, c'est la pertinence du groupe. Heureusement que leurs concerts valent toujours la peine, parce que 4:13 Dream, pas trop.

lundi 10 novembre 2008

Of Montreal - Skeletal Lamping


Of Montreal, évidemment, ne vient pas de Montreal. Mais d'Athens, Georgia, comme REM. Et ils ne sonnent pas du tout comme REM, mais plutôt comme... Of Montreal. Habitués des honneurs de Pitchfork et des albums concepts barrés (ce qui va souvent de pair), le groupe devait confirmer leur album-breakthrough, Hissing Fauna Are You The Destroyer, durant lequel le frontman Kevin Barnes (attention) se transforme en Georgie Fruit, transsexuel black & ex-taulard de 40 ans, ex-musicien de funk dans le groupe Arousal. Ce sera donc ce Georgie Fruit qui sera le héros de l'album, et on ne peut pas ne pas le remarquer, tant il exude l'exubérance.

En fait d'album, Skeletal Lamping (le nom d'une technique de chasse assez horrible) est une série totalement psychopathique et schizophrène de bouts de morceaux, repris plus ou moins aléatoirement en quinze pistes. Ca part littéralement dans tous les sens, passant de la disco assez gay au noise rock, après un passage hip-hop. Et inversément. Skeletal Lamping est aussi un de ces albums difficiles à décrire, il faudrait un article entier rien que pour décrire ce qui se passe dans un seul morceau. Ce qui force l'admiration au départ avant de devenir franchement irritant : c'est peut-être le but, mais il semble qu'à aucun moment, le groupe ne sait ce qu'il est en train de faire. De plus, les idées sont tellement courtes qu'elles manquent de développement : on retient un hook, et il disparaît aussitôt.

Ce qui ne disparaît pas, par contre, c'est l'obsession franchement maladive de Barnes/Bowie/Fruit pour le sexe. "We can do it softcore if you want, but you should know that I go both ways". Tant mieux, ça fait plus de choix. Parfois, le groupe change de registre (enfin, façon de parler, vu qu'il n'en ont pas vraiment, de registre) et lorgne vers le sentimental. Mais Touched Something Hollow ressemble à Elton John sous crack, et ouvre la voie à l'invraisemblable An Eluardian INstance, sorte de Love Boat disco.

Sans surprise, les morceaux les plus facile à digérer sont les plus classiques : le premier single, Id Engager (et la tyrannie du phallus) et l'irrésistible Gallery Piece. De l'autre côté du spectre, Plastis Wafers est une expérience frankensteinienne en n'importe quoi. Et rien que pour le titre, il faut citer Triphallus, To Punctuate!

Of Montreal, malgré leurs efforts, ne réussisent pas à sortir le classique qu'on pouvait peut-être attendre. Skeletal Lamping est truffé de choses extraordinaires, mais elles sont trop peu nombreuses, et surtout, très difficile à trouver et à conserver, comme si le groupe enfouissait consciemment son talent. Outre le quota d'irritation fort important, ils ont toutefois réussi à démontrer leur grand talent, qu'on espère mieux utilisé la prochaine fois. Puis, Skeletal Lamping est quand même leur neuvième album : ils ne peuvent plus passer pour des débutants.

dimanche 9 novembre 2008

Of Montreal - Skeletal Lamping


Of Montreal, évidemment, ne vient pas de Montreal. Mais d'Athens, Georgia, comme REM. Et ils ne sonnent pas du tout comme REM, mais plutôt comme... Of Montreal. Habitués des honneurs de Pitchfork et des albums concepts barrés (ce qui va souvent de pair), le groupe devait confirmer leur album-breakthrough, Hissing Fauna Are You The Destroyer, durant lequel le frontman Kevin Barnes (attention) se transforme en Georgie Fruit, transsexuel black & ex-taulard de 40 ans, ex-musicien de funk dans le groupe Arousal. Ce sera donc ce Georgie Fruit qui sera le héros de l'album, et on ne peut pas ne pas le remarquer, tant il exude l'exubérance.

En fait d'album, Skeletal Lamping (le nom d'une technique de chasse assez horrible) est une série totalement psychopathique et schizophrène de bouts de morceaux, repris plus ou moins aléatoirement en quinze pistes. Ca part littéralement dans tous les sens, passant de la disco assez gay au noise rock, après un passage hip-hop. Et inversément. Skeletal Lamping est aussi un de ces albums difficiles à décrire, il faudrait un article entier rien que pour décrire ce qui se passe dans un seul morceau. Ce qui force l'admiration au départ avant de devenir franchement irritant : c'est peut-être le but, mais il semble qu'à aucun moment, le groupe ne sait ce qu'il est en train de faire. De plus, les idées sont tellement courtes qu'elles manquent de développement : on retient un hook, et il disparaît aussitôt.

Ce qui ne disparaît pas, par contre, c'est l'obsession franchement maladive de Barnes/Bowie/Fruit pour le sexe. "We can do it softcore if you want, but you should know that I go both ways". Tant mieux, ça fait plus de choix. Parfois, le groupe change de registre (enfin, façon de parler, vu qu'il n'en ont pas vraiment, de registre) et lorgne vers le sentimental. Mais Touched Something Hollow ressemble à Elton John sous crack, et ouvre la voie à l'invraisemblable An Eluardian INstance, sorte de Love Boat disco.

Sans surprise, les morceaux les plus facile à digérer sont les plus classiques : le premier single, Id Engager (et la tyrannie du phallus) et l'irrésistible Gallery Piece. De l'autre côté du spectre, Plastis Wafers est une expérience frankensteinienne en n'importe quoi. Et rien que pour le titre, il faut citer Triphallus, To Punctuate!

Of Montreal, malgré leurs efforts, ne réussisent pas à sortir le classique qu'on pouvait peut-être attendre. Skeletal Lamping est truffé de choses extraordinaires, mais elles sont trop peu nombreuses, et surtout, très difficile à trouver et à conserver, comme si le groupe enfouissait consciemment son talent. Outre le quota d'irritation fort important, ils ont toutefois réussi à démontrer leur grand talent, qu'on espère mieux utilisé la prochaine fois. Puis, Skeletal Lamping est quand même leur neuvième album : ils ne peuvent plus passer pour des débutants.