lundi 16 mars 2009

Grand Duchy - Petits Fours

Charles Thompson est un homme aux projets multiples. Sous le pseudonyme de Black Francis, il est vocaliste d'une groupe qui a eu un certain impact, Pixies, alors que sous celui de Frank Black, il traîne une carrière solo, disons, pas exactement concluante. Les dernières années ont été plus confuses que la transition d'un alias à l'autre : d'abord, il a ressorti Black Francis de la naphtaline pour le convaincant Bluefinger, et voilà qu'il sort un projet avec sa femme Violet Clark sous l'étrange nom de Grand Duchy. Alors, Grand Duchy, FB ou BF? Charles Thompson, simplement.

Petits Fours (oui, je sais) est court et varié. Come Over To My House est un morceau simplement rock mais très efficace, mixant infuences 60s, claviers sci-fi de Clark et une basse qui semble jouée par Kim Deal (ce qui prouve que, même si je l'aime bien, Kim, elle ne servait quand même pas à grand chose). De plus, la Voix est de retour, celle, agressive et inimitable, de Holiday Song, Debaser, etc etc. Contre-pied immédiat, Lovesick a une base acoustique et une voix calme et gentille de Violet Clark, alors que Fort Wayne est limite twee, avant de tourner fuzzy rock, quiet LOUD quiet, quoi...

L'album surprend pendant 5-6 morceaux, car on a encore une Violet Clark dans un registre carrément punk, ou pop à la Cardigans. Bizarre, bizarre, et légèrement schizophrène. Black Suit, situé en plein milieu est peut-être le meilleur morceau, avec une rage dans la voix de Black (plus simple) qu'on croyait vraiment disparue. Hélas, la fin de l'album ne tient pas trop la route (malgré la basse de Break The Angels, autoplagiée), car une certaine habitude lassante s'installe. Il reste que la dynamique entre les deux époux est franchement intéressante, et on peut se demander si Grand Duchy est juste une aventure sans lendemain, ou un véritable projet majeur. Difficile à dire, surtout que la nouvelle tournée des Pixies va nécessairement reposer les sempiternelles questions sur un nouvel album dont, finalement, personne ne veut vraiment.

Grand Duchy - Petits Fours

Charles Thompson est un homme aux projets multiples. Sous le pseudonyme de Black Francis, il est vocaliste d'une groupe qui a eu un certain impact, Pixies, alors que sous celui de Frank Black, il traîne une carrière solo, disons, pas exactement concluante. Les dernières années ont été plus confuses que la transition d'un alias à l'autre : d'abord, il a ressorti Black Francis de la naphtaline pour le convaincant Bluefinger, et voilà qu'il sort un projet avec sa femme Violet Clark sous l'étrange nom de Grand Duchy. Alors, Grand Duchy, FB ou BF? Charles Thompson, simplement.

Petits Fours (oui, je sais) est court et varié. Come Over To My House est un morceau simplement rock mais très efficace, mixant infuences 60s, claviers sci-fi de Clark et une basse qui semble jouée par Kim Deal (ce qui prouve que, même si je l'aime bien, Kim, elle ne servait quand même pas à grand chose). De plus, la Voix est de retour, celle, agressive et inimitable, de Holiday Song, Debaser, etc etc. Contre-pied immédiat, Lovesick a une base acoustique et une voix calme et gentille de Violet Clark, alors que Fort Wayne est limite twee, avant de tourner fuzzy rock, quiet LOUD quiet, quoi...

L'album surprend pendant 5-6 morceaux, car on a encore une Violet Clark dans un registre carrément punk, ou pop à la Cardigans. Bizarre, bizarre, et légèrement schizophrène. Black Suit, situé en plein milieu est peut-être le meilleur morceau, avec une rage dans la voix de Black (plus simple) qu'on croyait vraiment disparue. Hélas, la fin de l'album ne tient pas trop la route (malgré la basse de Break The Angels, autoplagiée), car une certaine habitude lassante s'installe. Il reste que la dynamique entre les deux époux est franchement intéressante, et on peut se demander si Grand Duchy est juste une aventure sans lendemain, ou un véritable projet majeur. Difficile à dire, surtout que la nouvelle tournée des Pixies va nécessairement reposer les sempiternelles questions sur un nouvel album dont, finalement, personne ne veut vraiment.

jeudi 12 mars 2009

Lamb of God - Wrath

Longtemps considéré comme le plus probable successeur de Pantera au titre de groupe metal de référence, Lamb Of God a maintenant sorti un album de plus que leurs collègues sudistes (du moins si on ne compte que la période Anselmo), et n'est donc plus le jeune groupe qui a autrefois cassé la baraque avec New American Gospel et As The Palaces Burn. Lamb of God est donc arrivé dans la comfort zone, où ils n'ont plus qu'à sortir un album médiocre tous les trois ans, un Ozzfest et une tournée sponsorisée par Jägermeister pour finir le mois. WRONG.

Wrath est un album solide, puissant, convaincant qui cimente la place de Lamb of God pas seulement comme fer de lance du New Wave of American Metal or whatever it's called, mais comme artiste majeur de l'histoire du metal. D'ailleurs, pour mieux coller à cette histoire, ils n'hésitent pas à commencer par quelques accords de guitare acoustique, comme dans les deux bons albums de Metallica. Heureusement, ça s'arrête net quand la batterie de Chris Adler envoie une série de blast beats dont il a le secret, 40 minutes de rage sonore quasi ininterrompue peut alors commencer. Innovateur, Lamb of ne l'est plus vraiment : ils sont tranquillement installés dans leur subgenre, en essayant de le faire le mieux possible et de varier légèrement l'album en album, parfois en envoyant plus de solos, ou alors, comme ici, en se focalisant sur l'aspect très roots des morceaux : là où Metallica a réussi à sortir deux albums totalement pourris d'un point de vue qualité sonore, LoG réussit, sans production glossy, a sonner très vrai, à commencer par Randy Blythe, qui, lui, est certainement le meilleur vocaliste metal depuis Phil Anselmo, compensant une gamme moins large par une agressivité sans faille.

Roots, c'est un terme qui leur correspond bien. Contrairement à d'autres groupes metal contemporains comme Trivium ou (gasp) Dragonforce, Lamb of God ne fait jamais dans la démesure ou la prétention, ce qui crée une certaine austérité ressentie tout au long de l'album. Passé les quelques premiers morceaux, on peut rester admiratif devant les morceaux et parfois, la technique employée (Chris Adler est un excellent batteur), mais force est de constater que tout cela semble se répéter au fur et à mesure que les morceaux s'égrènent. Blythe (qui semble ne pas vouloir rentrezrr dans une période ramollie à la Corey Taylor) et Mike Morton (guitare) font en sorte qu'on ne s'ennuie pas, l'un grâce à ses voix passionnées, l'autres par des riffs secs et bien sentis. Les tempos sont généralement assez élevés et tournent parfois à la folie pure (Contractor, Grace).

Lamb of God est le groupe metal des groupes metal contemporains. Modèle pour la nouvelle génération, ils ont le bon goût de ne pas totalement changer leur style en continuant à évoluer. Enfermés dans un genre limité par essence, ils réussissent à en tirer le meilleur, et ce depuis dix ans. Il reste à espérer que leur carrière se passera mieux que celle du groupe à qui on les a trop souvent comparé.

Lamb of God - Wrath

Longtemps considéré comme le plus probable successeur de Pantera au titre de groupe metal de référence, Lamb Of God a maintenant sorti un album de plus que leurs collègues sudistes (du moins si on ne compte que la période Anselmo), et n'est donc plus le jeune groupe qui a autrefois cassé la baraque avec New American Gospel et As The Palaces Burn. Lamb of God est donc arrivé dans la comfort zone, où ils n'ont plus qu'à sortir un album médiocre tous les trois ans, un Ozzfest et une tournée sponsorisée par Jägermeister pour finir le mois. WRONG.

Wrath est un album solide, puissant, convaincant qui cimente la place de Lamb of God pas seulement comme fer de lance du New Wave of American Metal or whatever it's called, mais comme artiste majeur de l'histoire du metal. D'ailleurs, pour mieux coller à cette histoire, ils n'hésitent pas à commencer par quelques accords de guitare acoustique, comme dans les deux bons albums de Metallica. Heureusement, ça s'arrête net quand la batterie de Chris Adler envoie une série de blast beats dont il a le secret, 40 minutes de rage sonore quasi ininterrompue peut alors commencer. Innovateur, Lamb of ne l'est plus vraiment : ils sont tranquillement installés dans leur subgenre, en essayant de le faire le mieux possible et de varier légèrement l'album en album, parfois en envoyant plus de solos, ou alors, comme ici, en se focalisant sur l'aspect très roots des morceaux : là où Metallica a réussi à sortir deux albums totalement pourris d'un point de vue qualité sonore, LoG réussit, sans production glossy, a sonner très vrai, à commencer par Randy Blythe, qui, lui, est certainement le meilleur vocaliste metal depuis Phil Anselmo, compensant une gamme moins large par une agressivité sans faille.

Roots, c'est un terme qui leur correspond bien. Contrairement à d'autres groupes metal contemporains comme Trivium ou (gasp) Dragonforce, Lamb of God ne fait jamais dans la démesure ou la prétention, ce qui crée une certaine austérité ressentie tout au long de l'album. Passé les quelques premiers morceaux, on peut rester admiratif devant les morceaux et parfois, la technique employée (Chris Adler est un excellent batteur), mais force est de constater que tout cela semble se répéter au fur et à mesure que les morceaux s'égrènent. Blythe (qui semble ne pas vouloir rentrezrr dans une période ramollie à la Corey Taylor) et Mike Morton (guitare) font en sorte qu'on ne s'ennuie pas, l'un grâce à ses voix passionnées, l'autres par des riffs secs et bien sentis. Les tempos sont généralement assez élevés et tournent parfois à la folie pure (Contractor, Grace).

Lamb of God est le groupe metal des groupes metal contemporains. Modèle pour la nouvelle génération, ils ont le bon goût de ne pas totalement changer leur style en continuant à évoluer. Enfermés dans un genre limité par essence, ils réussissent à en tirer le meilleur, et ce depuis dix ans. Il reste à espérer que leur carrière se passera mieux que celle du groupe à qui on les a trop souvent comparé.