mercredi 28 mai 2008

Mudhoney - The Lucky Ones

Le légendaire label Sub Pop fête cette année ses vingt ans, et quelle meilleure célébration qu'une double sortie d'un de ses plus illustres représentants, les « survivants du grunge » (ce qui est faux à au moins deux niveaux, mais ça me fait marrer) Mudhoney. On a donc d'un côté une ressortie remasterisée et bonustrackée du très influent Superfuzz Bigmuff, et de l'autre un tout nouvel album, leur neuvième, The Lucky Ones.

Avec Mudhoney, on s'attend à du rock roots, intense, à la pédale de disto omniprésente. Et c'est exactement ce qu'on a ici, en encore plus roots et intense que d'habitude. Là où l'album précédent ajoutait des cuivres, ci c'est du pur putain de rock, remontant tout droit au MC5. On se souvient que le chanteur Mark Arm avait participé à la réunion de ces derniers, et on retrouve dans sa voix toute l'intensité requise. Arm, vingt ans après, est toujours aussi habité. Et tant pis s'il ne chante pas toujours très bien : le rock n'est pas une science exacte.

Inside Out Over You est aussi proche du son Mudhoney que possible. Bruyant, sludgy, organique, tout l'album sonne live et vrai. La section rythmique est toujours aussi monumentale, et la classe naturelle de Steve Turner s'exprime grâce à ses guitares tantôt agressives, tantôt Neil Youngiennes (We Are Rising) ou lorgnant du côté de Sonic Youth.

Forcément, on ne va pas réinventer la roue. Rien de ce qui se retrouve dans cet album n'aurait pu se retrouver au coeur des seventies, mais on sait ce qu'on aura, et on l'a, à la perfection. Tales of Terror est une bombe rock 'n roll, qui rend futile toute innovation pendant trois minutes.

Mudhoney n'est pas un groupe grunge du tout (qui l'a d'ailleurs été?), mais juste un très bon groupe de rock, qui a très bien vieilli et qui continue à sortir de bons albums, selon leurs envies et leurs propres termes.

Mudhoney - The Lucky Ones

Le légendaire label Sub Pop fête cette année ses vingt ans, et quelle meilleure célébration qu'une double sortie d'un de ses plus illustres représentants, les « survivants du grunge » (ce qui est faux à au moins deux niveaux, mais ça me fait marrer) Mudhoney. On a donc d'un côté une ressortie remasterisée et bonustrackée du très influent Superfuzz Bigmuff, et de l'autre un tout nouvel album, leur neuvième, The Lucky Ones.

Avec Mudhoney, on s'attend à du rock roots, intense, à la pédale de disto omniprésente. Et c'est exactement ce qu'on a ici, en encore plus roots et intense que d'habitude. Là où l'album précédent ajoutait des cuivres, ci c'est du pur putain de rock, remontant tout droit au MC5. On se souvient que le chanteur Mark Arm avait participé à la réunion de ces derniers, et on retrouve dans sa voix toute l'intensité requise. Arm, vingt ans après, est toujours aussi habité. Et tant pis s'il ne chante pas toujours très bien : le rock n'est pas une science exacte.

Inside Out Over You est aussi proche du son Mudhoney que possible. Bruyant, sludgy, organique, tout l'album sonne live et vrai. La section rythmique est toujours aussi monumentale, et la classe naturelle de Steve Turner s'exprime grâce à ses guitares tantôt agressives, tantôt Neil Youngiennes (We Are Rising) ou lorgnant du côté de Sonic Youth.

Forcément, on ne va pas réinventer la roue. Rien de ce qui se retrouve dans cet album n'aurait pu se retrouver au coeur des seventies, mais on sait ce qu'on aura, et on l'a, à la perfection. Tales of Terror est une bombe rock 'n roll, qui rend futile toute innovation pendant trois minutes.

Mudhoney n'est pas un groupe grunge du tout (qui l'a d'ailleurs été?), mais juste un très bon groupe de rock, qui a très bien vieilli et qui continue à sortir de bons albums, selon leurs envies et leurs propres termes.

samedi 24 mai 2008

Foxboro Hot Tubs – Stop Drop and Roll!!!


Comment faire quand on a sorti un des plus gros albums des dix dernières années, comment le suivre? C'est déjà la seconde fois que Green Day se retrouve face à cette situation (Dookie fut un énorme succès début des années 90, Insomniac beaucoup moins), mais cette fois, la méthode utilisée est toute autre. Voici quelques mois, des morceaux téléchargeables de Foxboro Hot Tubs, groupe à influences et imagerie 60s très poussées se retrouvaient un peu partout en ligne. La voix du chanteur (entre autres éléments) ressemblant fort étrangement à celle de Billy Joe Armstrong, les suspicions n'ont pas tardé, surtout qu'ils nous avaient déjà fait le coup avec The Network. Les légers doutes qui pouvaient subsister ont été balayés avec la sortie physique de l'album, Armstrong ayant confirmé par ailleurs que FHT, c'est bien Green Day et leurs deux musiciens additionnels de scène. On va donc s'en contenter en attendant la suite d'American Idiot, et ce n'est peut-être pas plus mal.

Les influences stylistiques démontrées ici ne sont pas surprenantes : Green Day les a toujours revendiqué, de l'accent anglais des débuts jusqu'à la reprise des Kinks (Tired of Waiting for You). Elles sont juste majoritaires ici, loin des prétentions métaphysiques d'American Idiot. On est donc en présence du pur rock 'n roll, avec accords de puissance crunchy et paroles à l'unisson. C'est hautement sympathique, et parfois, on n'est pas très éloigné du registre de Green Day (Mother Mary), on a même l'impression d'entendre des démos avant que Rob Cavallo ne les godzillise.

Par définition, les morceaux et l'album sont assez courts : on ne s'ennuie pas, et on ne doit pas se fatiguer à suivre les tournants narratifs du dernier album. Ceci dit, les influences c'est bien, les pastiches aussi, mais Alligator sonne exactement comme You Really Got Me (qui non, n'a pas été écrit par Van Halen). Un peu too much quand même, mais bon, Foxboro Hot Tubs n'est pas vraiment censé être pris au sérieux : c'est juste la récréation d'un groupe qui doit avoir une sérieuse pression sur les épaules.

Stop Drop and Roll!!! est un exercice de style réussi, doublé d'un album complètement anachronique mais très sympathique, et nous rappelle que tout au long de leur longue carrière (vingt ans, quand même), Green Day aura sorti nettement plus de bon que de mauvais. Foxboro Hot Tubs est une ligne en plus dans un cv bien rempli, en attendant le « vrai » nouvel album.

Foxboro Hot Tubs – Stop Drop and Roll!!!


Comment faire quand on a sorti un des plus gros albums des dix dernières années, comment le suivre? C'est déjà la seconde fois que Green Day se retrouve face à cette situation (Dookie fut un énorme succès début des années 90, Insomniac beaucoup moins), mais cette fois, la méthode utilisée est toute autre. Voici quelques mois, des morceaux téléchargeables de Foxboro Hot Tubs, groupe à influences et imagerie 60s très poussées se retrouvaient un peu partout en ligne. La voix du chanteur (entre autres éléments) ressemblant fort étrangement à celle de Billy Joe Armstrong, les suspicions n'ont pas tardé, surtout qu'ils nous avaient déjà fait le coup avec The Network. Les légers doutes qui pouvaient subsister ont été balayés avec la sortie physique de l'album, Armstrong ayant confirmé par ailleurs que FHT, c'est bien Green Day et leurs deux musiciens additionnels de scène. On va donc s'en contenter en attendant la suite d'American Idiot, et ce n'est peut-être pas plus mal.

Les influences stylistiques démontrées ici ne sont pas surprenantes : Green Day les a toujours revendiqué, de l'accent anglais des débuts jusqu'à la reprise des Kinks (Tired of Waiting for You). Elles sont juste majoritaires ici, loin des prétentions métaphysiques d'American Idiot. On est donc en présence du pur rock 'n roll, avec accords de puissance crunchy et paroles à l'unisson. C'est hautement sympathique, et parfois, on n'est pas très éloigné du registre de Green Day (Mother Mary), on a même l'impression d'entendre des démos avant que Rob Cavallo ne les godzillise.

Par définition, les morceaux et l'album sont assez courts : on ne s'ennuie pas, et on ne doit pas se fatiguer à suivre les tournants narratifs du dernier album. Ceci dit, les influences c'est bien, les pastiches aussi, mais Alligator sonne exactement comme You Really Got Me (qui non, n'a pas été écrit par Van Halen). Un peu too much quand même, mais bon, Foxboro Hot Tubs n'est pas vraiment censé être pris au sérieux : c'est juste la récréation d'un groupe qui doit avoir une sérieuse pression sur les épaules.

Stop Drop and Roll!!! est un exercice de style réussi, doublé d'un album complètement anachronique mais très sympathique, et nous rappelle que tout au long de leur longue carrière (vingt ans, quand même), Green Day aura sorti nettement plus de bon que de mauvais. Foxboro Hot Tubs est une ligne en plus dans un cv bien rempli, en attendant le « vrai » nouvel album.