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samedi 21 mars 2009

Morrissey - Years Of Refusal

Tout le monde se reforme. Ceux qui se tapaient sur la gueule hier sont de nouveau les meilleurs amis du monde, grâce à l'efficace médiation des dollars. Raison de plus pour encenser encore un peu plus ceux qui, envers et contre tout, refusent de gâcher leur légende. Exemple numéro un : The Smiths. Malgré les demandes incessantes et les chèques aux montants probablement indécents, ils n'ont toujours pas décidé de se reformer, même (surtout?) pour un seul concert de charité. Une telle intégrité est tellement rare qu'il fallait le souligner. Intégrité. Un mot intéressant pour définir Stephen Patrick Morrissey, dont Years of Refusal (et sa pochette typiquement invraisemblable) est le dixième album solo, et le troisième depuis son comeback marquant de 2004. Morrissey ne s'est jamais vendu, que ce soit pour la reformation des Smiths, donc, mais aussi à d'autres points de vue : il continue à faire ce qu'il veut, à sortir les albums dont il a envie un peu n'importe quand et pour n'importe qui (ce qui lui a valu quelques soucis avec son label) et - surtout - à tirer sur tout ce qui bouge dans ses paroles.

On se souvient de son engagement en faveur des droits des animaux (un album des Smiths s'appelle Meat Is Murder, et Morrissey refuse la traditionnelle présence de stands à burgers dans et autour des salles où il se produit) et, en général, de sa grande gueule. Morrissey, sur Years of Refusal, ne s'arrête pas une seconde, ridiculisant ses détracteurs tout en y ajoutant une sérieuse dose d'auto-ironie. Mais cette fois, il ne faut pas nécessairement se focaliser sur les paroles pour apprécier l'album, tant Morrissey a réussi à se renouveler, avec son album le plus rock depuis toujours, en fait.

Produit par feu Jerry Fill (Green Day et l'intégralité du punk californien), Years of Refusal est souvent musclé (Something Is Squeezing My Skull, Black Cloud, le carrément grunge All You Need Is Me), parfois limite indus (le rythme de Mama Lay Softly On The Riverbed) mais reste un album de Morrissey, avec ses syllabes bien séparées pour qu'on ne rate rien des bons mots du maître. Morceaux choisis : "I know by now you think I should have straightened myself out / Thank you good day" (Skull), "It's not your birthday anymore / did you really think we meant / all those syrupy, sentimental things / that we said?" (It's Not Your Birthday Anymore, violemment pompeux) ou diverses variations sur Morrissey lui-même (All You Need Is Me, I'm Ok By Myself, One Day Goodbye Will Be Farewell et surtout le poignant You Were Good In Your Time).

On l'aura compris, Morrissey ne fait - une fois de plus - pas dans la dentelle, et fournit le bâton avec lequel on adorerait le frapper. Mais que cela ne tienne, on pardonne facilement les quelques défauts de Years of Refusal (production un peu trop bourrine, recyclage de deux morceaux déjà présents sur le best of) parce qu'on aura toujours besoin de Morrissey, et que Years Of Refusal est un de ses meilleurs albums solo.

Morrissey - Years Of Refusal

Tout le monde se reforme. Ceux qui se tapaient sur la gueule hier sont de nouveau les meilleurs amis du monde, grâce à l'efficace médiation des dollars. Raison de plus pour encenser encore un peu plus ceux qui, envers et contre tout, refusent de gâcher leur légende. Exemple numéro un : The Smiths. Malgré les demandes incessantes et les chèques aux montants probablement indécents, ils n'ont toujours pas décidé de se reformer, même (surtout?) pour un seul concert de charité. Une telle intégrité est tellement rare qu'il fallait le souligner. Intégrité. Un mot intéressant pour définir Stephen Patrick Morrissey, dont Years of Refusal (et sa pochette typiquement invraisemblable) est le dixième album solo, et le troisième depuis son comeback marquant de 2004. Morrissey ne s'est jamais vendu, que ce soit pour la reformation des Smiths, donc, mais aussi à d'autres points de vue : il continue à faire ce qu'il veut, à sortir les albums dont il a envie un peu n'importe quand et pour n'importe qui (ce qui lui a valu quelques soucis avec son label) et - surtout - à tirer sur tout ce qui bouge dans ses paroles.

On se souvient de son engagement en faveur des droits des animaux (un album des Smiths s'appelle Meat Is Murder, et Morrissey refuse la traditionnelle présence de stands à burgers dans et autour des salles où il se produit) et, en général, de sa grande gueule. Morrissey, sur Years of Refusal, ne s'arrête pas une seconde, ridiculisant ses détracteurs tout en y ajoutant une sérieuse dose d'auto-ironie. Mais cette fois, il ne faut pas nécessairement se focaliser sur les paroles pour apprécier l'album, tant Morrissey a réussi à se renouveler, avec son album le plus rock depuis toujours, en fait.

Produit par feu Jerry Fill (Green Day et l'intégralité du punk californien), Years of Refusal est souvent musclé (Something Is Squeezing My Skull, Black Cloud, le carrément grunge All You Need Is Me), parfois limite indus (le rythme de Mama Lay Softly On The Riverbed) mais reste un album de Morrissey, avec ses syllabes bien séparées pour qu'on ne rate rien des bons mots du maître. Morceaux choisis : "I know by now you think I should have straightened myself out / Thank you good day" (Skull), "It's not your birthday anymore / did you really think we meant / all those syrupy, sentimental things / that we said?" (It's Not Your Birthday Anymore, violemment pompeux) ou diverses variations sur Morrissey lui-même (All You Need Is Me, I'm Ok By Myself, One Day Goodbye Will Be Farewell et surtout le poignant You Were Good In Your Time).

On l'aura compris, Morrissey ne fait - une fois de plus - pas dans la dentelle, et fournit le bâton avec lequel on adorerait le frapper. Mais que cela ne tienne, on pardonne facilement les quelques défauts de Years of Refusal (production un peu trop bourrine, recyclage de deux morceaux déjà présents sur le best of) parce qu'on aura toujours besoin de Morrissey, et que Years Of Refusal est un de ses meilleurs albums solo.

vendredi 26 mai 2006

Morrissey - Ringleader Of The Tormentors


Le come back de Morrissey en 2004 était aussi impressionnant qu’étonnant. Succès populaire et critique, on se serait cru de retour à une époque qu’on pensait révolue, où les posters de Steven Patrick Morrissey et Johnny Marr ornaient les chambres des adolescent(e)s.

Deux petites années après, Morrissey revient avec un album écrit et enregistré à Rome, dans un état d’esprit radicalement différent : en effet, ce reclus légendaire a trouvé l’amour, et ne se prive pas de nous en faire part : « I entered nothing, and nothing entered me / Till you came with the key ». Plus explicite que ça, c’est un album de Lil’ Kim.


Et ce n’est pas la seule allusion sexuelle qu’on retrouve sur ce disque, mais Morrissey n’a évidemment pas oublié d’inclure des remarques cyniques sur la politique US actuelle (« If the USA doesn’t bomb you / I will see you »).


Tony Visconti, le légendaire producteur de David Bowie, a truffé Ringleader of The Tormentors (ce titre…) d’effets sonores rappelant la capitale italienne, mais aussi de cordes et de différentes instrumentations très classe, moins rock que You Are The Quarry, mais tout aussi attachant. Autre référence italienne, Ennio Morricone en personne a participé à l’écriture d’un morceau.


Évidemment, tout cela sonne parfois un peu too much, mais on ne refera jamais Morrissey, et on ne le voudrait pas de toute façon. Reste un album sans vraie faille, qui comblera la légion de fans de Morrissey sans vraiment parvenir à toucher les autres.

Morrissey - Ringleader Of The Tormentors


Le come back de Morrissey en 2004 était aussi impressionnant qu’étonnant. Succès populaire et critique, on se serait cru de retour à une époque qu’on pensait révolue, où les posters de Steven Patrick Morrissey et Johnny Marr ornaient les chambres des adolescent(e)s.

Deux petites années après, Morrissey revient avec un album écrit et enregistré à Rome, dans un état d’esprit radicalement différent : en effet, ce reclus légendaire a trouvé l’amour, et ne se prive pas de nous en faire part : « I entered nothing, and nothing entered me / Till you came with the key ». Plus explicite que ça, c’est un album de Lil’ Kim.


Et ce n’est pas la seule allusion sexuelle qu’on retrouve sur ce disque, mais Morrissey n’a évidemment pas oublié d’inclure des remarques cyniques sur la politique US actuelle (« If the USA doesn’t bomb you / I will see you »).


Tony Visconti, le légendaire producteur de David Bowie, a truffé Ringleader of The Tormentors (ce titre…) d’effets sonores rappelant la capitale italienne, mais aussi de cordes et de différentes instrumentations très classe, moins rock que You Are The Quarry, mais tout aussi attachant. Autre référence italienne, Ennio Morricone en personne a participé à l’écriture d’un morceau.


Évidemment, tout cela sonne parfois un peu too much, mais on ne refera jamais Morrissey, et on ne le voudrait pas de toute façon. Reste un album sans vraie faille, qui comblera la légion de fans de Morrissey sans vraiment parvenir à toucher les autres.

lundi 17 mai 2004

Morrissey - You Are The Quarry

Après Morissette, Morrissey... Sept ans d'absence, et voilà le retour de Morrissey, qui inspire en égale mesure la dévotion presque divine et l'indifférence la plus totale. Après quelques albums solo de qualité très variable, l'Anglais relocalisé à L.A. crée l'événement avec You Are The Quarry, qui non seulement était très attendu mais de plus n'est pas mal du tout.

On y retrouve les marques de fabrique du songwriter, à savoir sa voir inimitable de crooner engagé, et sa verve socio-politique qui ne s'est certainement pas amenuisée au fil des ans. En témoigne la piste d'ouverture, America Is Not The World et le single Irish Blood, English Heart, qui réfute les vieilles accusations de nationalisme qui planaient au dessus de ses épaules. Bien sûr, on peut se moquer des paroles ("You know where you can put your hamburgers", de la part d'un végétalien qui a quand même écrit Meat Is Murder ; ou des titres toujours aussi prétentieux - The World Is Full Of Crashing Bores, I Have Forgiven Jesus). Musicalement, les morceaux sont assez calmes même si les guitares dominent certains titres, comme le superbe First Of The Gang To Die et surtout Irish Blood, English Heart, qui reprend à Idlewild plus que ce qu'Idlewild a emprunté aux Smiths. Un des meilleurs singles de 2004 ; un bon album aussi, parfois un peu ennuyeux, mais en substance intéressant, et dont les meilleurs moments sont carrément brillants.

Morrissey - You Are The Quarry

Après Morissette, Morrissey... Sept ans d'absence, et voilà le retour de Morrissey, qui inspire en égale mesure la dévotion presque divine et l'indifférence la plus totale. Après quelques albums solo de qualité très variable, l'Anglais relocalisé à L.A. crée l'événement avec You Are The Quarry, qui non seulement était très attendu mais de plus n'est pas mal du tout.

On y retrouve les marques de fabrique du songwriter, à savoir sa voir inimitable de crooner engagé, et sa verve socio-politique qui ne s'est certainement pas amenuisée au fil des ans. En témoigne la piste d'ouverture, America Is Not The World et le single Irish Blood, English Heart, qui réfute les vieilles accusations de nationalisme qui planaient au dessus de ses épaules. Bien sûr, on peut se moquer des paroles ("You know where you can put your hamburgers", de la part d'un végétalien qui a quand même écrit Meat Is Murder ; ou des titres toujours aussi prétentieux - The World Is Full Of Crashing Bores, I Have Forgiven Jesus). Musicalement, les morceaux sont assez calmes même si les guitares dominent certains titres, comme le superbe First Of The Gang To Die et surtout Irish Blood, English Heart, qui reprend à Idlewild plus que ce qu'Idlewild a emprunté aux Smiths. Un des meilleurs singles de 2004 ; un bon album aussi, parfois un peu ennuyeux, mais en substance intéressant, et dont les meilleurs moments sont carrément brillants.