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dimanche 30 janvier 2011

Pearl Jam - Live On Ten Legs

Pearl Jam a vingt ans. Pour entamer une année de célébrations (leur propre festival cet été aux USA, les ressorties de Vs et Vitalogy, notamment), le groupe sort Live on Ten Legs, reprenant dix tournées, entre 2003 et 2010.


On va vider le sac d'entrée : non, LOXL n'est pas représentatif d'un concert de Pearl Jam, surtout que quasi tous leurs concerts depuis 2000 sont sortis officiellement en cd, la plupart était disponibles gratuitement. Non, la sélection de morceaux n'est pas irréprochable : pourquoi Arms Aloft et Public Image (des reprises de Joe Strummer and the Mescaleros et de PiL) et pas, par exemple, Sonic Reducer ou Kick Out the Jams? De même, les premier et dernier albums sont fort représentés (5 extraits de l'époque Ten, six de celle de Backspacer) alors qu'on ne compte qu'un seul représentant  pour Binaural (mais c'est le merveilleux Nothing as it Seems), YieldRiot ActAvocado et... aucun No Code. Enfin, personne ne pourrait imaginer un concert de Pearl Jam qui dure 75 minutes, ou qui commence avec un Eddie Vedder essoufflé : le morceau choisi comme ouverture du disque a en fait été joué en plein milieu d'un concert de fin de tournée, à Werchter en 2010.


Voilà. Maintenant, on peut se concentrer sur l'album, imparfait mais phénoménal témoignage de la puissance, de l'énergie, et de la passion de Pearl Jam en concert. Animal, Porch, State of Love and Trust, Rearviewmirror sont autant de monstres rock 'n roll intemporels, exécutés, comme à chaque fois, comme s'il s'agissait de la dernière. Le groupe joue comme une mécanique très bien huilée : Jeff Ament et Matt Cameron donnent le rythme, Stone Gossard offre des riffs légendaires et des soli précis, alors que Mike McCready fait plus qu'honneur à ses idoles ses idoles Hendrix, Vaughan et compagnie. Eddie Vedder, quant à lui, est Eddie Vedder. Malgré tout, on n'a jamais l'impression que Pearl Jam est en pilote automatique : on ne le remarque pas sur cet album, mais deux mêmes morceaux ne sont jamais joués à l'identique. Even Flow, notamment, bénéficie toujours d'un solo de McCready, souvent improvisé, toujours différent. Beat that, Kirk Hammett.


Malheureusement, l'essence même de la compilation crée des baisses de régime. On pourrait toutefois dire qu'un concert de plus de deux heures doit aussi comporter ses baisses de niveau. Certes, mais elles sont sans doute moins évidentes qu'ici, où les morceaux de Backspacer (surtout Unthought Known et Just Breathe) peinent à soutenir la comparaison. I Am Mine et Nothing as It Seems, rarement joués en concert, sont d'excellentes "surprises", tout comme le subtil In Hiding. On peut toutefois s'étonner de la relative mollesse de Spin the Black Circle, qui semble presque joué au ralenti. L'album se conclut avec une triade (de vingt ans d'âge) qui elle, pourrait se retrouver telle quelle en concert : Porch, Alive, et le classique final, Tellow Ledbetter. A ce moment-là, après les dernières notes du dernier solo de McCready, on peut enfin imaginer qu'on est vraiment à un concert de Pearl Jam. Dommage que ce sentiment n'est pas présent tout au long de l'album.


Un fan de Pearl Jam (inutile de déguiser la vérité, Pearl Jam est sans doute mon groupe phare de ces quinze dernières années, et celui que j'aurai vu le plus souvent - douze fois - en concert) aura maintes raisons d'être déçu de cet album, mais il aura, nécessairement, accès à des dizaines de concerts complets et de tonnes d'autres morceaux tout aussi indispensables (ne citons que Long Road, Release, Why Go, Leash, Immortality, Faithful, ou encore les reprises Baba O'Riley ou Rockin' in a Free World), ce qui n'est pas le cas de tout le monde. L'utilité de LOXL est peut-être d'introduire une nouvelle génération de fans à Pearl Jam, ceux qui n'achètent peut-être plus de musique, mais qui vont plus souvent aux concerts, et qui savent distinguer un grand groupe de scène d'un honnête groupe de studio. Et même si je n'écouterai sans doute plus cet album, il reste impressionnant, et doit être une porte d'entrée vers le monde fascinant d'un des meilleurs groupes que le rock ait engendré. Depuis vingt ans, et c'est bien loin d'être fini.


Spotify : Pearl Jam - Live on Ten Legs


Nothing as it Seems :

mercredi 28 octobre 2009

R.E.M. – Live at the Olympia

Alors que R.E.M. travaillait sur leur dernier album, , ils ont eu l'excellente idée de passer cinq jours à l'Olympia de Dublin, pour tester les nouveaux morceaux. Ce double album (2h30) reprend l'intégralité (dans un ordre relativement aléatoire) des morceaux joués lors des cinq dates, et est un énorme cadeau aux fans qui suivent le groupe de 1982 à nos jours. Il est fort différent des concerts "classiques" du groupe : quasi aucun hit, aucun single. A part (et encore!) Drive ou Electrolite, on peut parier que ceux qui ne connaissent R.E.M. que via les singles, vidéos et best of n'auront aucune idée de ce qui se passe ici. Le groupe a joué 39 morceaux différents en 5 dates, morceaux qui se répartissent sur toute leur carrière avec notamment quatre des cinq extraits de leur premier EP, Chronic Town. Entendre ces morceaux en live est une expérience unique et intéressante : certainement pour le fan, qui n'a que rarement eu l'occasion de la vivre, mais aussi pour ceux qui connaissent moins R.E.M. : comme c'est souvent le cas chez les grands groupes, les morceaux connus (très connus) sont rarement les meilleurs.

En ce qui concerne les nouveaux morceaux, presque tout Accelerate a été joué, et les commentaires de Michael Stipe indiquent qu'ils étaient toujours en plein travail : Man-Sized Wreath est introduit comme un morceau "qui ne sera pas sur l'album" (il le sera) alors que On The Fly, un des préférés de Stipe, ne le sera pas. On the Fly est d'ailleurs un des deux inédits de l'album, l'autre étant le sympathique Staring Down The Barrel of the Middle Distance.

Long et parfois obscur, Live at the Olympia est une excellent album live, et surtout un concept fantastique qui donne vraiment, vraiment envie d'être fan du groupe. Quelle bouffée d'air frais par rapport à ces groupes à la setlist quasi inchangée et aux tournées mégalostupides.

samedi 19 septembre 2009

Blur – All The People : Blur Live At Hyde Park, July 3rd 2009

C'est déjà fini. Après une dizaine de concerts et pas mal de buzz, les membres du groupe ont tous confirmé qu'il n'y avait pas de plan pour d'autres concerts, et encore moins pour un nouvel album. La porte ne semble pas être scellée, mais la réunion d'un des plus importants groupes des années 90 n'aura pas duré bien longtemps. Les deux concerts de Hyde Park ont été le point de départ de la réunion : les concerts précédant ces deux dates (Glastonbury, T in the Park, quelques dates de chauffe et le seul concert hors-UK, à Lyon) ont été ajoutés après le double sold out rapide. Le groupe sort maintenant un double album pour chaque date, aux setlists hélas exactement semblables. J'ai choisi de parler de celui du 3 juillet, sans raison particulière.

Blur a souvent été très étrange, si pas capricieux, en concert. Prenons les trois dernières tournées (sans compter celle de Think Tank, où Simon Tong remplaçait Graham Coxon) : celle de Blur était roots, punk, sans concession. Puis, la tournée 13 les voyait jouer l'intégralité de l'album (y compris en festival!) puis quelques hits en rappel. Enfin, ils ont eu l'idée originale de jouer tous leurs singles dans l'ordre pour accompagner le premier "best of", en jouant les morceaux "détestés" (Country House, Charmless Man) avec une grosse dose de second degré.

On pouvait dès lors se demander ce qu'ils allaient faire ici, devant une foule immense. Finalement, ils ont opté pour le greatest hits, avec une attention particulière à la période pop, souvent délaissée lors des dernières années du groupe. C'est très étonnant de voir Damon Albarn (et sa dizaine de kilos en plus, soit dit en passant) chanter Country House avec une telle ferveur, mais pourquoi pas : ces concerts sont une célébration, et pas une étrange expérience.

D'ailleurs, les festivités commencent par leur premier single, She's So High, immédiatement suivi d'un Girls And Boys qui ne laisse aucun doute la-dessus : c'est la fête, demain, tout sera fini. Les premiers morceaux piochent allégrement dans la période Britpop, mais c'est évidemment un peu plus tard que le concert prend une autre dimension. Graham Coxon, jusque là impeccable, lance l'anti-riff de Beetlebum. De fête, le concert se transforme en triomphe presque intime, en célébration d'un groupe qui a allié brillance créatrice et succès populaire comme peu d'artistes ont réussi auparavant. Beetlebum est immédiatement suivi par une fabuleuse version de Out of Time, extrait de Think Tank. Coxon y apporte une seconde guitare qui complémente très bien l'acoustique d'Albarn, créant ainsi une jolie surprise, et un des meilleurs moments de la soirée. Suivent enfin trois extraits de 13, stellaires. Un très puissant Trimm Trabb, puis Coffee And TV qui montre que depuis l'époque 13, Coxon a pris de la bouteille (oops, mauvais et accidentel jeu de mot) en tant que chanteur, et enfin Tender, qui clôture brillamment cette partie du concert, en faisant monter les larmes dans une bonne partie du public. Blur a été une machine à hits, mais l'enchaîment de Blur et de 13 reste pour moi leur meilleur moment.

Mais comme je le disais plus haut, l'heure est à la célébration, et les morceaux plus sombres de cette période restent minoritaires. C'est donc avec Country House que le concert reprend, voyant Blur accompagné de trompettes, etc etc. Pas ma tasse de thé, et je trouve bizarre que le groupe joue ce maudit morceau comme si de rien n'était. On le remarquera après, c'est carrément dix morceaux de la période Modern Life Is Rubbish / Parklife / The Great Escape qui vont se succéder, avec notamment un Parklife avec Phil Daniels et un frénétique Sunday Sunday avant que trois morceaux introvertis clôturent le concert : End of A Century, To The End et évidemment This Is A Low. Subtil, émouvant, techniquement parfait : Blur a vraiment écrit quelques unes des plus belles pages des années 90.

Les rappels mélangeront les époques, avec notamment le single hors album Popscene, l'excellent extrait de Blur Death of a Party et les crowdpleasers Advert et Song 2, augmenté d'une superbe intro à la batterie. Enfin, The Universal clôture le concert, et le court mais impressionnant retour de Blur. Qu'il arrive n'importe quoi, on ne pourra pas dire qu'ils auront raté leur retour, ni qu'ils auront trait la vache à lait jusqu'à la dernière goutte. Finalement, il vaut peut-être mieux que tout cela reste comme ça.

jeudi 23 avril 2009

Noel Gallagher – The Dreams We Have As Children


Avant la déchéance d'Oasis, deux choses étaient coulées dans le béton : 1) Noel Gallagher était le seul compositeur du groupe et 2) les faces B de single étaient souvent les meilleurs morceaux. C'est à cette époque où nous emmène cet album live, uniquement disponible sous forme digitale (pour sa version complète) et qui reprend un concert de 2007 au Royal Albert Hall de Londres, où Noel était accompagné de son guitariste Gem Archer ainsi que d'un batteur.

Pour ceux qui n'ont pas suivi le Oasis pré-2000, voire les nouveaux fans (???), la setlist est intrigante. Un seul morceau date d'après 2000, on n'y retrouve au total que trois singles (dont une réinterprétation radicale) mais sept faces B et trois nouvelles reprises. Bref, un set list pour fans des débuts, particulièrement choyés. Le fait que ce sont de loin les meilleurs morceaux d'Oasis, et qu'en fait, il n'y manque pas grand chose est encore plus intéressant.

Noel commence donc par trois excellentes faces B ((It's Good) To Be Free, Talk Tonight et Fade Away, qui ressemble toujours autant au Freedom de George Michael), suivi d'un Cast No Shadow bien sombre, avec cordes, et d'une nouvelle Bside, Half The World Away, repris en choeur par toute la salle. Quel autre artiste pourrait en dire autant? De manière assez amusante, The Importance of Being Idle (seul morceau récent) fait méchamment retomber l'ambiance, mais l'invité qui suit va inverser la tendance : Paul Weller, fidèle mentor de Gallagher, avec qui il reprendra All You Need Is Love et son propre Butterfly Collector. Rien de bien étonnant, mais c'est toujours chouette à entendre, à avoir tous ces morceaux au même endroit. Don't Go Away et Listen Up sont réarrangés, de manière plus sombre, pour ressembler à un Masterplan étonnamment absent. Sad Song, bizarrement, est nettement moins sombre que la version orginale.

Déjà tout à fait honorable, le show va prendre de la hauteur avec le toujours émouvant Slide Away, la version "Ryan Adams" de Wonderwall et bien sûr, l'inévitable mega hit de Noel, Don't Look Back In Anger. Seul faux pas du concert, sa reprise des Smiths, There Is A Light That Never Goes Out. Noel n'est pas Morrissey, l'intention était bonne, mais l'exécution déjà moins. Enfin, Married with Children complète le set comme il terminait Definitely Maybe, toujours aussi doucement stupide.

Cet album live est une bonne initiative (surtout que les bénéfices vont au Teenage Cancer Trust), et à le mérite de constituer une sorte de best of des non-hits d'Oasis, chantés par un type qui ne chante pas trop mal et qui est surtout nettement moins irritant. Sympa, donc.

vendredi 8 août 2008

David Bowie – Live Santa Monica ’72


Après plusieurs vies en tant que bootleg plus ou moins reconnu, le live à Santa Monica '72 sort officiellement, pour le grand bonheur des fans qui vont donc enfin pouvoir obtenir une version de bonne qualité, du moins pour un enregistrement live de 1972.

David Bowie était à l'époque dans sa phase Ziggy Stardust, la setlist est donc logiquement centrée sur l'album en question, débutant par le proto-Ramones Hang On To Yourself juste avant le morceau titre. C'est d'ailleurs amusant de ne pas entendre de réaction du public lors du lancement du morceau, qui débute par un des riffs les plus célèbres du rock 'n roll.

Musicalement, le groupe est excellent. Basse ronflante, guitare pré-glam et un Bowie relativement discret mais qui sonne très juste (The Supermen). Le son relativement moyen empêchera l'album de rentrer au panthéon des (rares) grands albums live, mais comme témoignage d'une période fantastique, ça marche.

C'est sans doute un des grands intérêts de l'album : entendre Bowie avant sa méga-starification, à une époque où Changes était « juste » une chanson. Maintenant, on pourrait aussi dire qu'après ça, on peut carrément faire l'impasse sur les trente années suivantes de la carrière de l'Anglais, et on n'aurait sans doute pas tort. Rétrospectivement, on se rend compte du caractère invraisemblable du concert : dans les cinq premiers morceaux, Bowie nous sert Ziggy Stardust, Changes et Life On Mars?, sans savoir que trente-cinq ans après, is seront célébrés comme quelques uns des moments les plus fameux de la période.

Bowie ne se cantonne pas à Ziggy Stardust, mais revisite aussi Major Tom (Space Oddity, envoûtant) en passant par les références culturelles classiques (Andy Warhol, la reprise de Waiting For The Man et même une version de La Mort de Jacques Brel) avant un final dévastateur The Jean Genie (qui était encore inédit) / Suffragette City. Rock 'n Roll Suicide conclut le concert de manière réflexive et émotionnelle.

Malgré la qualité de l'enregistrement, Live Santa Monica '72 est un témoignage crucial pour quiconque s'intéresse à Bowie, aux seventies ou tout simplement au rock. On pourra disserter sans cesse sur la pertinence de l'oeuvre de Bowie dès les années 80, mais personne ne contestera l'importance de David Jones, en 1972.

mardi 14 août 2007

Therapy? – Music Through A Cheap Transistor : The BBC Sessions

Malgré onze albums, quelques tubes alternatifs et des années de tournées incessantes, Therapy? n'aura jamais réussi à obtenir le succès ou le repect qu'ils méritent. Ces dernières années, ils se sont fait jeter deux fois de leur maison de disques, et ont de plus en plus de mal à financer leurs tournées, heureusement toujours réussies. C'est donc assez logiquement qu'ils tentent de diminuer leurs frais : cette compilation de sessions radio est tout d'abord sortie via téléchargement internet en février, avant d'atterir maintenant en version physique. Qu'on pense ce qu'on veut du groupe et de ses récents albums, cette compilation est irréprochable. Enfin si : pour des raisons de droits et de conflits entre labels, elle ne couvre que la période 91-98, omettant donc les huit dernières années du groupe.

Comme le titre l'indique, elle reprend l'intégralité des sessions BBC, ce qui signifie donc son irréprochable et petite pensée pour John Peel, un des premiers à supporter le groupe, dès leurs débuts, en Irlande du Nord. Dès le début, on est soufflé par la puissance des premiers morceaux : ils étaient nettement plus trash à leurs débuts, comme le prouve une version énorme d'Innocent X et de Meat Abstract, reliés par un break de batterie époustouflant de Fyfe Ewing. L'année suivante, ils ajouteront à la violence pure de leurs morceaux une composante mélodique qui ne va que s'amplifier avec le temps : Teethgrinder le prouve, même s'il semble sortir tout droit d'un Kill Em All enregistré par des bons musiciens. Étrangement, le groupe aura joué assez peu de hits lors des sessions : pas de Stories, de Nowhere ou de Diane, mais des versions affolantes de Knives, Screamager, Church Of Noise ou Trigger Inside et son riff straight from hell. De plus, nombre de raretés voire d'inédits se retrouvent sur la compile, comme l'instrumental final et chaotique High Noon.

Fantastique témoignage d'un groupe trop souvent méconnu, cette compilation laisse espérer une suite, et surtout un successeur studio à One Cure Fits All. Entre temps, Therapy? reste d'une puissance monstrueuse sur scène, leur terrain de jeu, leur église.

mercredi 7 mars 2007

Korn – Unplugged


Dans le genre idées géniales, MTV a décidé de relancer sa célèbre série, qu'on ne présente plus. Celle-là même qui a permis à Alice In Chains, Pearl Jam et Nirvana d'enregistrer des sessions mémorables, et à Lauryn Hill de se ridiculiser totalement. Demander à Korn d'enregistrer un Unplugged, c'est un peu Damien Rice au Graspop, ou Jay-Z au festival national annuel du KKK. Mais bon, donnons-leur le bénéfice du doute, en sachant qu'ils ont un paquet de bons morceaux, et qu'on pourrait être surpris par l'inventivité des nouveaux arrangements.

Et tant qu'à faire dans la démesure, autant commencer par leur morceau le plus populaire, Blind, créateur de moshpit par excellence, ici arrangé en version flamenco. Jonathan Davis, le chanteur très habité, à l'habitude de chanter ses morceaux d'une manière assez particulière, qui leur convient très bien. Ici, il doit bien chanter, et on entend que des années d'excès n'ont pas fait beaucoup de bien à sa voix. Au moins, il essaie, mais le problème, c'est que le naturel revient bien vite au galop, et Davis se remet à hurler (avec un peu de retenue, quand même). Ce qui fait qu'on se retrouve devant le Korn qu'on connait, mais avec des guitares acoustiques et un piano. Pas bien. Même chose pour le choix des morceaux, qui reprend les plus gros hits du groupe, sans penser que leur traduction acoustique serait impossible. S'inspirer de Nirvana aurait été la bonne voie.

Encore moins bien, est la reprise de Creep (de Radiohead, hein, pas des Stone Temple Pilots). On se rend bien compte que le thème du morceau colle bien avec Jon "Caliméro" Davis, mais quand même, on l'a trop entendue et elle est impossible à reprendre correctement. Les surprises ne s'arrêtent as là, puisque Amy Lee, des très dispensables Evanescence vient pousser la chansonnette sur Freak On A Leash.

L'album se sauve de la poubelle vers la fin, quand Robert Smith et ses joyeux lurons viennent reprendre In Between Days, sandwichée avec Make Me Bad, avant qu'il ne se termine avec Throw Me Away, ou les percussions japonaises viennent apporter une nouvelle dimension bienvenue. Mais c'est déjà fini. L'album dure 44 minutes pour 11 morceaux, alors que 14 avaient été enregistrés. Il apparaît donc que 3 morceaux n'étaient même pas assez bons pour figurer sur le disque, qui restera à jamais classé comme mauvaise idée. Ceci dit, Korn reste un des groupes heavy les plus inventifs, et le prochain album (qui sort en juin) sera sans doute fort intéressant. Plus que ceci.

dimanche 11 décembre 2005

Queens Of The Stone Age – Over The Years And Through The Woods

Double cd/dvd impressionnant, pour cette première sortie live officielle de QOTSA. On ne s’intéressera qu’à la partie audio, qui semble prometteuse, même si peu représentative : pas mal de morceaux emblématiques du groupe ne s’y trouvant pas (Lost Art Of Keeping A Secret, Feel Good Hit Of The Summer, pour n’en citer que deux). Ceci dit, on retrouver des extraits des quatre albums, et même un morceau des dernières Desert Sessions.

Ce qui importe est évidemment la qualité, indéniable. Depuis les départs de Dave Grohl (qui n’était qu’intérimaire) et, plus important, de Nick Olivieri, Josh Homme a construit un groupe très solide, qui exécute les morceaux très professionnellement.

Et c’est justement ça le problème. QOTSA a toujours été un groupe dangereux, imprégné de l’essence du rock, et de cette glorieuse incertitude. Ici, c’est un peu le Josh Homme Stadium Show, à un tel point que le classique No One Knows est présenté dans une version étendue, bien éloignée de la puissance éphémère du fabuleux album Songs For The Deaf. Á part ça, les morceaux sont assez proches des versions albums, et on sort finalement étrangement déçu, malgré l‘indéniable qualité des morceaux. Peut-être que le QOTSA 2005 est inférieur à l’ancien, peut-être qu’il faut les voir en vrai pour vraiment les apprécier dans un contexte live, aucune idée, mais une chose est sûre : cet album ne sera pas réécouté souvent, et à choisir, pas mal de concerts, généralement de bonne qualité, sont dispo sur Internet, suffit de chercher…

jeudi 28 juillet 2005

Alanis Morissette – Jagged Little Pill Acoustic

1995. MTV, croyez-le ou pas, osait parfois diffuser des clips avec des guitares dedans. Parmi eux, You Oughta Know, You Learn, Hand In My Pocket et Ironic, en répétition constante sur la chaîne cette année-là. Pour fêter ça, et surtout pour tenter une nouvelle fois de relancer la carrière stagnante de la chanteuse canadienne (récemment naturalisée américaine, d'ailleurs), Warner (via Starbucks, qui a eu l'exclusivité de vente pendant deux mois) sort une version acoustique de Jagged Little Pill.

De manière très claire, la version unplugged du premier album de la jolie Alanis (comme on la connaît) n'apporte rien du tout, et les nouvelles versions ne sont pas vraiment bien foutues. Le pire vient de la piste cachée, originellement a capella et maintenant arrangée très bourrin. Heureusement, Jagged Little Pill reste un excellent album, donc les arrangements douteux ne parviennent pas à tout gâcher. Mais cette galette est simplement inutile.

mercredi 16 mars 2005

Mogwai – Government Commissions (BBC Sessions 1996-2003)

On ne présente plus les Écossais de Mogwai, maîtres absolus du post-rock habité, qui sortent leur premier album live, composé de sessions radio BBC enregistrées tout au long de leur carrière (non terminée), de 1996 à 2003. Mogwai s'est surtout taillé une réputation par leur terribles variations sonores, certains passages calmes et aériens se transformant sans préavis en maelstrom bruyant et carrément effrayant, quiconque a vu le groupe en concert s'en souvient à vie. Ceci dit, les dernières années du groupe se sont révélées plus calmes, leurs morceaux n'ayant plus vraiment cette violence qui est maintenant beaucoup plus contenue. Même si Goverment Commissions (titre évidemment ironique, pour ces républicains convaincus) reprend des morceaux de l'ensemble de leur carrière, force est de constater que les morceaux calmes sont privilégiés, comme si le groupe voulait se distancier de leur glorieux passé. Une exception notable est la version de Like Herod, nichée en plein milieu, et bande originale de l'apocalypse, merveille de retenue et de violence.

GC n'est pas vraiment un best of de Mogwai, certains morceaux clés manquant à l'appel (My Father My King, notamment), de même, les versions albums sont parfois étrangement supérieures (CODY). Governement Commissions reste quand même un album de qualité, à réserver à un public averti.

vendredi 12 novembre 2004

Rolling Stones – Live Licks

L'immense tournée des Rolling Stones se devait d'être immortalisée par un CD live, quelques mois après le fantastique pack DVD Four Flicks. L'album est divisé en deux disques distincts : le premier contient les hits habituels (Brown Sugar, Street Fighting Man, Angie, Gimme Shelter, Satisfaction), et le second des morceaux moins joués, voire carrément obscurs (That's How Strong My Love Is, When The Whip Comes Down). Le tout est donc un bon souvenir pour ceux qui ont assisté à la tournée, mais restera un peu plus anecdotique pour les autres, voire limite insupportable lors de l'apparition de Sheryl Crow... Musicalement c'est solide, mais pas trop inspiré quand même, trop calculé et trop sage.

Un album de Noël de plus, en somme.

vendredi 29 octobre 2004

Wu-Tang Clan – Disciples of the 36 Chambers / Legend of the Wu-Tang

Deux albums en deux semaines, pourquoi pas… On commence par un live historique, historique vu qu’il est virtuellement impossible de réunir le groupe à un même endroit (sauf si c’est une prison ou un centre de désintox), sauf en cette occasion. Maintenant, un groupe rap live, qui plus est sans instruments, c’est généralement une grosse soupe pleine de basses et d’egos, et ce disque ne fait pas exception. La seule différence avec votre concert rap habituel, c’est la qualité des cuts, qui rappellent pourquoi le Wu est un des groupes des plus importants de l’histoire du hip-hop. Les morceaux dominants vient des deux premiers albums ainsi que des premiers solos, avant que la qualité commence à laisser sérieusement à désirer. Donne envie de réécouter les classiques, mais pas vraiment de se le repasser en boucle.

Le best of, disons-le clairement, est douteux, pour une raison : il est inacceptable que le best of du Wu ne reprenne pas les meilleurs cuts des albums solos, dont certains sont de qualité égale à ceux du groupe. On ne retrouve donc que des morceaux des quatre albums du groupe, dont la grosse majorité venant du premier. Les curiosités viennent de deux remixes (moyens), et trois extraits de compiles et BO, dont la reprise de Sucker MC de Run-DMC. Donc, même remarque, préférer les classiques : en gros, tout ce qui se trouve entre Return to The 36 Chambers et The W, solos définitivement inclus.

vendredi 23 juillet 2004

Pearl Jam – Live At Benaroya Hall

Précisément le 291ème disque live (ce n’est pas une blague) sorti par Pearl Jam, LABH vaut définitivement le détour. Pressé et distribué sur leur propre label, ce qui semble devenir leur futur, ce double cd est annoncé comme acoustique. En fait, seul Mike McCready est parfois équipé d’une électrique, le groupe entier (6 membres) étant présent sur presque chaque morceau. Par rapport aux autres lives du groupe, tout aussi incontournables, LABH apporte encore plus de finesse, de doigté et d’émotion. McCready est extraordinaire, et la voix de Vedder est absolument inimitable. Le setlist est forcément surprenant, les auditeurs peu familiers du groupe seront surpris d’entrer quelques morceaux anciens en version assez différente, et comme toujours, le groupe a interprété quelques raretés, dont la première du single Man Of The Hour (BO de Big Fish), 25 Minutes To Go quelques jours après le décès de Johnny Cash et surtout le mentalement violent Masters of War, de Dylan.

Les non-connaisseurs pourraient s’ennuyer, mais les amateurs de musique (les 6 musiciens jouent à la perfection totale) apprécieront sans aucun doute.

mercredi 28 avril 2004

Pixies – Live in Minneapolis, 13/04/04

C'est l'événement majeur de l'année 2004. The Pixies, un des groupes les plus influenciels de l'histoire de la musique se reforme après douze ans de séparation, et entame une grande tournée mondiale. Suivant l'exemple d'autres groupes (Pearl Jam en tête), ils proposent de vendre des CDs officiels, dont certains sont distribués le soir même du concert! L'édition très limitée de ces albums font qu'ils ne sont plus disponibles que via les réseaux Internet d'échange de fichiers, mais c'est déjà pas mal...

Forcément, une grande question : peuvent-ils le faire? Et bien, un seul mot : OUI!!! Le concert d'ouverture, à Minneapolis, était superbe et irréprochable de bout en bout. Court, incisif, précis, personne n'a fait d'allusion à leur retour, on avait vraiment l'impression que rien n'avait changé en quinze ans...

Le groupe est au grand complet : David Lovering, batteur devenu magicien (et inversement), Joey Santiago et ses riffs mille fois copiés, Kim Deal aux lignes de basses inoubliables et aux backing vocals inquiétantes, et enfin Black Francis, ou Frank Black, au meilleur de sa forme (ses formes?), guitares acoustique et électrique et voix si particulière. Deal, tout comme Black, était toujours dans le business, même si les Breeders de la première et les albums solo du second ne brillaient pas par leur régularité ni même par leur qualité. Une chose est sûre, le quatuor a pas mal répété pour arriver à un tel résultat, et Kim Deal a probablement vidé l'entrepôt principal de Philip Morris pour arriver à cette voix fabuleuse qui crucifierait sur place Brody Distillers, se référer à Gigantic et In Heaven comme preuve...

Commençant par un trio infernal Bone Machine/Wave of Mutilation/U-Mass, et comprenant aussi les classiques Where Is My Mind et Monkey Gone To Heaven, le concert s'acheva par la face B Into The White. Les concerts suivants ont suivi le même modèle de qualité, et le setlist varie chaque jour, au grand bonheur des fans, présents sur place ou pas. Néanmoins, les nouveaux morceaux annoncés n'ont pas encore été joués, mais ce n'est sans doute que partie remise. Peut-être pour leur passage cet été à Werchter, déjà sold out d'ailleurs. Enfin un comeback intéressant, peut-être pas justifié, mais ô combien salutaire.

mercredi 24 décembre 2003

Rage Against The Machine – Live at the Grand Olympic Auditorium

Longtemps attendu, voici un témoignage live d'un des groupes les plus incendaires jamais vu sur scène. L'expérience de Rage live était inouïe, tant l'énergie et la force pure du groupe étaient vraiment impressionnantes. Le groupe a splitté il y a deux ans, formant d'un côté Audioslave, avec l'ex-chanteur de Soundgarden Chris Cornell; et de l'autre Zack De La Rocha, dont l'album solo ne devrait plus tarder à sortir.

En ce qui concerne cet album, la puissance légendaire de leur performance est un peu plus difficle à percevoir, même si le cd est un véritable brûlot de pur punk rock engagé. Les expériences guitaristiques de Tom Morello, la formidable section rythmique (voir Audioslave pour confirmation) et les vocaux particuliers et très habités de Zach sont en roue libre durant plus de 70 minutes durant lesquelles ont retrouve leurs morceaux les plus connus (Killing In The Name Of, Bombtrack, Bulls On Parade), des extraits du dernier album The Battle of L.A. (Sleep Now In The Fire, Guerrilla Radio) ainsi que des reprises bien senties (dont Kick Out The Jams, du MC5). Néanmoins, et c'était déjà le principal défaut de Rage, on ne peut s'empêcher de penser que les morceaux, aussi puissants sont-ils, se ressemblement quand même un peu tous. L'album possède aussi une vocation historique, car à l'instar du Under a Pale Grey Sky, de Sepultura, ce concert s'avéra être le tout dernier du groupe. En définitive, s'il existe a une manière de se souvenir de Rage Against the Machine, c'est bien celle-là. Le concert est aussi dispo en DVD, en version complète cette fois.

vendredi 5 décembre 2003

Linkin Park – Live in Texas

Aaaaauurrghhhhhiiiiiiaughhhhh suivi de mauvais rap et de scratches pourris. 12 fois. Même si LP montre pas mal d’originalité en studio, en live ça craint. Après deux albums studio seulement, un de remixes et ce live, un petit oiseau me dit que LP ne vivra pas éternellement. Et à entendre ces plages de bête bruit entrecoupées de « Texas make some noise », on ne les regrettera pas trop. Mais Meteora n’est pas mauvais, ceci dit. Live in Texas bien.

jeudi 25 septembre 2003

Pearl Jam – Live 2003 New York/Mansfield


Pearl Jam a été critiqué plus que de raison tout au long de leur carrière. Il y a fort à parier que ces gens n’ont plus écouté le groupe après leur deuxième, voire troisième album (leur septième est sorti l’an dernier). Il faut dire que le groupe n’a sorti qu’un clip vidéo en 10 ans, et n’a quasi plus de passage radio. Néanmoins, chaque personne qui achète un album de Pearl Jam peut comprendre à quel point ce groupe est magnifique. Á ma connaissance, il n’existe pas de groupe musicalement meilleur que Pearl Jam aujourd’hui. Point final.


Pour éviter la prolifération d’enregistrement pirates de mauvaise qualité, le groupe a décidé de sortir en cd, comme en 2000, leurs 72 concerts sur un site internet, au prix de 13€ (pour un double, voire triple cd). Il faut savoir que le groupe a un répertoire d’environ 150 morceaux, et que deux concerts de Pearl Jam n’ont jamais été les mêmes. Seuls sept concerts sont sortis dans le commerce de détail, et très récemment deux concerts au Madison Square Garden de New York et un dans la banlieue de Boston.


Ces trois concerts résument bien une tournée extraordinaire, ou chaque morceau était en fait unique. Il est impossible de réunir les meilleurs moments du groupe en un seul concert, ces trois montrent une énergie phénoménale, et une sélection plus que correcte des morceaux. Outre ses propres titres, PJ a aussi l’habitude d’offrir à son public pas mal de reprises, telles que Gimme Some Truth (Lennon), Rockin’ in a Free World (Neil Young), I Believe in Miracles (Ramones) ou encore Know Your Rights (The Clash). Les particularités de ces albums sont la présence surprise de Ben Harper (NY1) ou encore un set plus calme d’une heure de Pearl Jam (avant la première partie), durant lequel le groupe a pu interpréter une douzaine de morceaux d’une manière quasi unplugged. Les morceaux originaux du groupe sont tour à tour enragés (Lukin, Go, Save You), mélancoliques (Indifference, Love Boat Captain) ou simplement rock (Even Flow et son solo de 2 minutes du guitariste Mike McCready)



Posséder au moins un de ces albums est un must absolu pour tout amateur de rock, qui appréciera à sa juste valeur le talent des six musiciens du groupe. Tant pis pour les autres.