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dimanche 19 septembre 2010

The Beatles - Revolver (1966)

Oui, bon, je suis un peu en retard. Les remasters sont sortis il y a maintenant plus d'un an, et je ne suis qu'à la moitié de la série. Qu'importe, parce que maintenant, on arrive à ce qui est peut-être la plus exceptionnelle série de quatre albums de l'histoire de la musique enregistrée. Depuis leurs débuts, les Beatles ont sans cesse progressé, passant de reprises aux compositions persos, de mélodies pop aux expériences bien plus complexes, de chansons d'amour à ... autre chose. Revolver représente le moment précis où les Beatles détruisent sans aucune hésitation les canons pop de l'époque pour faire non seulement un des meilleurs albums de tous les temps, mais aussi un des plus importants. Pour preuve : l'organe officiel du Saint Siège, L'Osservatore Romano, l'a nommé meilleur album pop de tous le temps, en février 2010. Beat THAT, Radiohead.


Comme de coutume à l'époque, l'album fut précédé d'un 45 tours. On reparlera des morceaux lors de la chronique de Past Masters 2, mais il s'agissait peut-être du 7" le plus important du groupe (bien que Strawberry Fields Forever/Penny Lane lui dispute l'honneur) : Paperback Writer, son riff acéré et sa basse puissante annonce le heavy metal, alors que Rain est souvent cité comme meilleure face B ever.


Revolver est un album très varié, sans réelle cohérence entre les morceaux. Il faut dire que les albums concepts n'existaient pas encore, et vu la vitesse à laquelle il fallait sortir des disques, à l'époque, la cohésion n'était pas vraiment la première préoccupation de musiciens et producteurs. Cependant, on peut dire que si Rubber Soul était plutôt ancré dans le folk, Revolver est résolument rock. Les compositions de John Lennon sont généralement emmenées par des guitares mises en avant comme jamais auparavant : She Said She Said et And Your Bird Can Sing préfigurent, avec Paperback Writer, un combo plus rock, par exemple celui de Revolution. Mais les Beatles n'ont de toute façon jamais été un simple groupe rock, il y en avait déjà assez sur le marché. Revolver n'est pas l'album de John Lennon, malgré ses excellentes contributions : outre les deux morceaux précités, on peut aussi parler de l'explicite Dr Robert (le Dr Greenthumb de Cypress Hill, trente-cinq ans avant, et pour des drogues nettement plus efficaces) ou I'm Only Sleeping, complainte probablement liée aux substances récréatives en question.


C'est par contre l'album où George Harrison embrasse un rôle proéminent de compositeur, à tel point qu'on lui offre le premier morceau de l'album, le sarcastique Taxman. Le ton Harrison était né : des influences indiennes plus ou moins marquées (comme sur le très hippie Love You To), et des paroles mettant en évidence la confusion de son auteur (I Want to Tell You) ou son engagement politique, avec donc ce Taxman critiquant très directement les impôts anglais qui, il est vrai, empochaient 90% des bénéfices du groupe. Taxman est emmené par un riff vicieux et un McCartney au four et au moulin (lead guitar, basse, terrible solo). Car oui, cette fois, c'est Paul McCartney qui est la star de l'album. Son premier morceau, Eleanor Rigby, est juste somptueux. Comme son hit précédent, Yesterday, il est le seul Beatle présent sur l'enregistrement, la musique étant fournie par deux quatuors à cordes. Musicalement, Eleanor Rigby est un fantastique exemple de la transformation (progressive, mais effective) de simple groupe pop en entité expérimentale. Cela se ressent aussi au niveau des paroles. Les deux protagonistes de l'histoire se sentent seuls : Eleanor assiste à un mariage qui ne sera jamais le sien, et meurt dans l'indifférence, alors que le Père MacKenzie donne son sermon, chaque semaine, dans une église vide. Le célèbre refrain n'apporte aucune résolution heureuse : "Ah, look at all the lonely people, where do they all belong". Pourtant, le 45 tours se retrouvera quand même au sommet des charts anglais, devenant le hit single le plus sombre de l'époque.


Quand McCartney veut faire dans le marrant, il écrit une pure chanson pour enfants, la donne à Ringo, et ça fait Yellow Submarine. Comme gimmick, elle est très bien, mais c'est de loin le morceau le moins intéressant de l'album, destiné à faire chanter des enfants de 6 ans pour les 36 générations à venir. Mais quand McCartney veut faire autre chose, son génie explose. For No One, une chanson baroque poignante sur la fin d'une relation ("She no longer needs you"), aux antipodes des mélodies d'amour des débuts du Fab Four. Good Day Sunshine, l'archétype du tube estival, enjoué, positif, et qui ne comporte même pas de guitare. Got to Get You Into My Life, avec l'incorporation d'une section de cuivres sur un morceau qui parle, évidemment, de marijuana. Ou encore, et surtout, Here There and Everywhere, une des plus belles mélodies jamais écrites et qui est, quant à elle, une pure chanson d'amour. Et dont la magnificence dépasse les mots.


Mais si une création dépasse les mots, c'est bel et bien le dernier morceau de l'album, Tomorrow Never Knows. On est en 1966, et le groupe qui représente encore la quintessence du groupe pop pond trois minutes de bruit magnifique, fait de samples, de drones, de la voix de Lennon passée à travers un cabinet Leslie, de guitares inversées, d'une batterie irrégulière totalement barrée, de paroles qui ne laissent aucun doute sur les substances consommées par ses créateurs. Tomorrow Never Knows est un coup d'oeil dans le futur, un cas excessivement rare dans l'histoire. Les Beatles ont posé les jalons de la house, du hip-hop, et que sais-je encore. Il suffit d'écouter Setting Sun des Chemical Brothers : la batterie est exactement la même. Dans les mois à venir, le groupe sortira ce qui reste encore leur album le plus célèbre, puis pétera complètement un plomb, avant de sortir... leur meilleur album. Quelle folie.

samedi 6 février 2010

The Beatles - Rubber Soul (1965)


Quatre mois après la chronique de la première partie de Past Masters, je reviens sur la déjà légendaire série de remasters du catalogue des Beatles. Past Masters Volume One terminait peut-être une certaine époque, celle des morceaux "simples", ou moins expérimentaux que ceux qui allaient suivre. Rubber Soul est l'album charnière, celui où la sensibilité pop des Beatles est toujours présente (même si, finalement, elle ne partira jamais) mais où le groupe commençait sérieusement à voguer vers d'autres horizons.



Rubber Soul voit les quatre gars de Liverpool embrasser une world music naissante en Europe, découvrir certains paradis artificiels, écrire autre chose que des chansons d'amour, expérimenter un peu partout tout en écrivant des mélodies belles à mourir. Tout cela en trente-cinq minutes.



Drive My Car entame l'album avec un duo Lennon/McCartney qui commence à sérieusement se foutre des conventions : Drive My Car est au mieux une chanson sexiste sur une groupie tournée en bourrique, au pire une métaphore sexuelle douteuse ("baby you can drive my car, and maybe I'll love you"). Mais le morceau est bon, la basse de McCartney légendaire de propulsion. Paul McCartney qui, après avoir écrit ce qui restera à jamais sa chanson la plus connue (Yesterday), se la joue cette fois plutôt profil bas avec seulement trois compos exclusives. Mais comme on y retrouve le délicieux Michelle et l'hypermélodique You Won't See Me, on ne se plaindra pas, surtout que le rôle de bassiste de Paulo est une fois de plus bien rempli, notamment avec l'ajout - révolutionnaire - d'une fuzzbox sur Think For Yourself, excellent Harrison bénéficiant donc de deux lignes de basse complémentaires.



On l'aura compris, Rubber Soul est plutôt un album Lennon. Avec Nowhere Man, il écrit ce qui doit être la première chanson des Beatles qui ne parle pas d'amour du tout, mais plutôt de lui-même, dans un style autocritique qu'il utilisera fréquemment par la suite. Girl exposera au grand jour, et sans (trop d') ambiguïté, l'intérêt évident du fab four pour les "substances créatrices" : les inhalations du refrain se réfèrent à la prise de marijuana, et le rythme fait de "tit-tit-tit" n'a forcément pas été écrit dans un état sobre. Lennon a aussi, et surtout, livré Norwegian Wood (This Bird Has Flown). Écrite autour de paroles se référant à une aventure extraconjugale qui tourne relativement mal (le protagoniste, en colère parce que son aventure refuse de le faire dormir ailleurs que dans la baignoire, boute le feu à la maison), la chanson est surtout connue pour l'utilisation d'un sitar, la première fois pour un groupe rock. George Harrison allait continuer l'exploration de cet instrument et de toute la mythologie indienne l'entourant (avec des résultats mitigés, on le verra), mais ce crossover entre le rock et la musique traditionnelle indienne allait contribuer à créer un nouvel genre musical occidental : la world music. Enfin, quand Lennon n'expérimente pas trop, il livre le touchant et réflexif In My Life.



Rubber Soul possède une autre particularité très importante : c'est un des premiers exemples d'un album pop conçu dans sa totalité, et pas comme une collection de morceaux rallongés par quelques fillers. C'est en tout cas l'avis de Brian Wilson, qui, inspiré par l'album, s'est mis en tête de faire mieux : Pet Sounds sera le résultat, qui inspirera à son tour Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band. Ceci dit, on pourra quand même reprocher un ou deux morceaux moins importants, dont Wait, chute du précédent album qui a justement été ajouté car il en manquait un pour boucler le disque. On ne reviendra pas trop sur Run For Your Life, que Lennon qualifiera de pire morceau qu'il ait jamais écrit.



Tout cela ne saurait bien sûr pas gâcher l'héritage de Rubber Soul, antichambre d'un véritable exploit : les quatre albums qui vont suivre sont tout simplement la séquence d'albums la plus extraordinaire de l'histoire du rock and roll, et quatre candidats absolus au titre de Meilleur album de tous les temps, si seulement quelqu'un était assez stupide pour y penser. L'expérimentation entamée ici ne fera que prendre plus d'importance, et ceci dès Revolver. Avant cela, le groupe aura gardé deux morceaux pop pour un ébourriffant single : Day Tripper / We Can Work It Out. Mais personne, à l'époque, ne pouvait imaginer ce qui allait suivre.

dimanche 25 octobre 2009

The Beatles Remasters : Stereo Vs Mono

En 2009, on ne se pose pas de questions. Á l'époque du Blu-Ray, du 7.1 et de Pro-Tools, il semble totalement évident que le son stéréo est préférable. Figurez-vous qu'en 1963, c'était exactement le contraire. Dans les cas des Beatles, le Fab Four et George Martin eux-mêmes supervisaient le mixage mono, et laissaient le stéréo aux ingénieurs du son anonymes. Le stéréo, a l'époque, était un marché de niche pour la musique pop, et n'intéressait pas grand monde. En fait, les quatre premiers albums n'étaient carrément jamais sortis en stéréo.

Les années passent, et l'équipement stéréo des acheteurs de disques s'améliore très rapidement. Vers la fin de la carrière des Beatles, c'est carrément le contraire qui se passa : Abbey Road et Let It Be n'ont pas de version mono, et celle de Yellow Submarine est juste la stéréo mal trafiquée pour répondre au peu de demande qu'il restait à l'époque. Entre ces deux extrêmes, deux versions de chaque album sortaient plus ou moins systématiquement. Ce n'est donc pas toujours facile de s'y retrouver, surtout que les deux cd de 87 (Help! et Rubber Soul) ont bénéficié (?) d'un nouveau mix stéréo par George Martin.

Heureusement, les remasters permettent d'y voir plus clair, vu que deux sets comprennent les albums mono d'une part (avec les deux mix stéréo originaux des deux albums précités et une compilation, Mono Masters, des morceaux mono hors albums) et stéréo d'autre part. Comme évoqué plus tôt, les quatre premiers albums font leur début en stéréo, alors que les autres existaient déjà, sans l'extraordinaire travail de remasterisation, bien sûr. Enfin, les albums vendus individuellement sont les versions stéréo.




Le box set stereo




Donc, c'est assez simple. Oui, mais non. On peut se poser la question : mais alors, à quoi servent les mono? Un indice rend cette question vraiment intrigante : même si le boxset mono comprend trois albums de moins, il coûte une quarantaine d'euros de plus. Ce qui est justifié par le travail supplémentaire qu'ont nécéssité ces versions. Mais pourquoi, en 2009, accorder tant d'importance à un système sonore suranné?

Deux raisons : non seulement les Beatles eux-même préconisaient la version mono (pour les dix premiers albums), mais en plus, elle est dite meilleure. Comme je l'évoque dans le premier paragraphe, les versions stéréo ne bénéficiaient pas du même soin que les mono. Vu que la remasterisation n'est pas (heureusement) un remixage, cet aspect-là est toujours présent dans les remasters. Certains morceaux sont même difficiles à écouter en stéréo, car la voix, ou parfois un instrument, passe de droite à gauche sans prévenir, ou disparaît pendant deux minutes avant de revenir, sans raison apparente. Lors d'une écoute attentive au casque, par exemple, les stéréo peuvent carrément être assourdissantes.


Et le mono




Mais attention : le "problème" ne concerne pas tous les albums, et plus le temps passe, plus le mixage stéréo s'améliore. De même, une écoute plus passive, ou dans un contexte ouvert (voiture, chaîne hi-fi) reste tout à fait satisfaisante. De même, le mix stéréo est souvent plus précis, surtout au niveau de la basse : les fans de Macca s'en délecteront. On regrettera toutefois qu'EMI n'ait pas laissé le choix, vu que les albums mono ne sont disponible qu'en boxset chérot, et limité de surcroît. Le marketing garde les pleins pouvoirs, et une fois de plus, on s'étonnera des téléchargements illégaux, surtout que le catalogue des Beatles n'est toujours pas disponible online, ni à la vente, ni en streaming.

vendredi 9 octobre 2009

The Beatles – Past Masters Vol. 1 (1988)

Histoire de terminer ce qu'on a souvent tendant à appeler la première moitié de la carrière des Beatles, j'ai choisi de couper en deux le double Past Masters, qui était d'ailleurs disponible pré-remaster en deux volumes. Le concept Past Masters est simple : ce sont tous les morceaux des Beatles sortis en face B de single, ou en EP, mais pas en album. Ils ont été compilés pour la sortie cd de 1988, et sont donc évidemment remastérisés ici. Comme toute compilation de face B, on retrouve du dispensable, mais comme, à l'époque, les singles (45 tours) se retrouvaient rarement sur album, on a des très gros morceaux de choix.

Love Me Do commence la compilation, une version différente avec Ringo Starr derrière les fûts, et une basse plus puissante. Cette version est nettement plus dynamique que celle du premier album, dès leur premier single, les Beatles ont réussi à faire ce que personne n'avait fait avant eux. From Me To You, sympathique, leur offre leur tout premier numéro 1, mais montre clairement les limites du remaster stéréo : les voix ne sont audibles que du côté droit, ce qui donne une impression vraiment dérangeante. Comme c'est généralement le cas pour les premiers albums (au moins les quatre premiers), on préférera les monos, tout en regrettant qu'ils ne soient disponibles que dans un boxset très limité et assez cher.


Les deux morceaux de bravoure de l'album sont She Loves You et I Wanna Hold Your Hand, deux popsongs inouïes de perfection sonore. Les "yeah yeah yeah" de She Loves You auront probablement toujours une implication dans les chansons pop de l'année 2115, et le rythme imprimé par le duo McCartney/Starr est toujours impressionnant aujourd'hui. Ces deux extraits exceptionnels sont aussi repris en allemand, ce qui fait sourire une fois ou deux. Le reste de l'album n'est pas désagréable, bien sûr, mais n'arrive plus à ce niveau, même si le riff dantesque (et les expériences de feedback) de I Feel Fine et le rock n roll pied au plancher de I'm Down s'y rapprochent. Forcément indispensable, cette demi-compile clôture donc une époque, même si la transition avec
Rubber Soul pouvait déjà se faire sentir.

mercredi 30 septembre 2009

The Beatles – Help! (1965)


La Beatlemania ne semblant jamais se terminer, les financiers derrière le Fab Four continuent à traire la vache à lait le plus possible. Help! est en effet la bande originale d'un nouveau film avec nos quatre garçons dans le vent comme héros. Une fois de plus, ce qui nous intéresse, c'est la musique, et quelle musique. Si les quatre premiers albums ne sont qu'un apéritif pour ce qu'il allait arriver, Help! est le point culminant des préliminaires (oui, les doubles métaphores dans une seule phrase, c'est lourd, je les laisse pour l'exemple ;-) ). Nous sommes quelques mois avant le moment qui verra le groupe passer de popact aux qualités indéniables à groupe le plus important de tous les temps. Help! sera postérieurement reconnu comme plaque tournante entre les deux niveaux.

Des Beatles-groupe rock 'n roll propret, on ne retiendra ici que les fillers (enfin, façon de parler) The Night Before, Another Girl et Tell Me What You See ou encore l'obligatoire morceau lourdingue chanté par Ringo Starr (Act Naturally). De même, on retiendra les qualités de It's Only Love et I've Just Seen a Face, qui change de rythme de manière totalement inattendue, un des premiers exmeples d'une technique qui sera souvent utilisée dans le futur. Le reste est phénoménal. Help!, le morceau titre, est la pop song parfaite, si ce n'est pour les paroles : Lennon appelle clairement à l'aide, déjà troublé par la célébrité et tout ce qui l'entoure. Il le restera pour les quinze années à venir. Le rythme est frénétique, et ouvre la voie au rock 2.0 : Ticket To Ride.

Lennon avait fièrement remarqué que Ticket To Ride était la première chanson heavy metal, et il n'a peut-être pas tort. La batterie de Ringo est proprement ahurissante, tout comme la basse drone de MCCartney. Macca qui se paie le luxe de jouer de la lead guitar, et quelle guitare. Ticket To Ride est un des plus grands morceaux de l'histoire du rock 'n roll, et un des plus importants. 44 ans après, et aussi cliché que cela puisse être, il n'a pas pris une ride. Ailleurs, Lennon continue à tirer son inspiration de Bob Dylan, et le magnifie : You've Got To Hide Your Love Away reste un classique éternel. Et tant qu'on parle de classique éternel...

Plus de trois mille versions connues, Yesterday est la chanson la plus reprise de tous les temps. La légende raconte que Paul McCartney a composé toute la mélodie dans un rêve, s'est rapidement levé pour l'enregistrer, avant de se lever le lendemain totalement paniqué : et s'il avait plagié un autre morceau sans s'en rendre compte? Il a bien du se rendre à l'évidence : non, Yesterday est à lui. Tellement à lui qu'il est le seul Beatle présent sur l'enregistrement, accompagné d'un quatuor à cordes. Inutile d'en parler davantage, Yesterday et ses deux parties emmêlées est un morceau simplement magnifique de retenue et de lyrisme, qui mérite, lui, d'être dans le top 3 des morceaux des Beatles les plus connus (je suis nettement plus sceptique par rapport à Let It Be et Hey Jude, mais on y reviendra).

Aussi superbe est-il, Yesterday marque la fin d'une époque. Les connaissances bien inspirées du groupe vont bientôt leur faire connaître les joies de certaines substances récréatives, alors qu'ils vont prendre un contrôle de plus en plus complet de leur création artistique (parce que mettre Dizzy Miss Lizzy juste après Yesterday, c'est lourd). C'est ainsi que le prochain album, Rubber Soul, entame la quintette des albums extraterrestres, qui devraient sans doute se trouver dans n'importe quel top 10, si on ne trouvait pas que 5 sur 10, c'est quand même un peu beaucoup. Mais avant Rubber Soul, je clôturerai cette page avec le premier disque de Past Masters, compilation des faces B et morceaux hors album.

vendredi 25 septembre 2009

The Beatles – Beatles For Sale (1964)

A notre époque, deux ans entre deux albums, ce n'est pas bien long, un intervalle moyen. Mais dans les années 60, il fallait sortir quelque chose tous les deux mois, parfois au détriment de la créativité. Beatles for Sale est le quatrième album du groupe, et suit le (très bon) single I Feel Fine. Difficile de vraiment savoir si le titre est très second degré, mais BFS est une sorte de retour en arrière pour les Beatles, qui, après avoir sorti le 100% original A Hard Day's Night, se voit de nouveau obligé de refaire quelques reprises pour sortir un album assez long. Malgré le fait que Beatles for Sale soit un album mineur, il n'est pas pour autant dénué d'intérêt.

Par exemple, le style de composition de John Lennon tend maintenant à quitter les classiques compositions d'amour. Il est plus incisif, parfois plus sombre. No Reply, I'm a Loser, n'auraient jamais pu se retrouver plus tôt dans leur discographie. Ce dernier morceau prouve d'ailleurs que Lennon a été influencé par un compositeur dont on entendra encore parler, un certain Bob Dylan. I Don't Wanna Spoil The Party revendique des influences country, alors que Eight Days A Week est le morceau que l'histoire retiendra comme l'extrait de choix. Il est intéressant de noter qu'avec ce morceau, les Beatles (et George Martin) ont commencé à multiplier les prises pour expérimenter. Ces expérimentations allaient bien sûr être la base même des futures compositions du groupe.

Les reprises sont généralement assez peu mémorables, notamment Mr Moonlight, souvent considérée comme la plus mauvaise performance enregistrée des Beatles. La voix de Lennon avait définitivement besoin de repos. Heureusement, il assure totalement Rock 'N Roll Music (Chuck Berry). Macca, quant à lui, n'a pas fourni grand chose ici, même si What You're Doing et Every Little Thing sont assez sous-évaluées. Il allait bientôt écrire un ou deux trucs sympas pour Help!, de toute façon.

Beatles for Sale restera donc un des seuls albums mineurs des Beatles, et surtout, il marque la première fois que leur nouvel album est moins bon que le précédent. Mais au vu de ce qui va suivre, cela n'a pas beaucoup d'importance.

vendredi 18 septembre 2009

The Beatles – A Hard Day’s Night (1964)


Les Beatles étaient le plus gros groupe du monde. La Beatlemania régnait partout, et tant qu'à faire, autant tirer sur la corde autant que possible, en suivant la mode de l'époque : mettre les popstars dans des films. A Hard Day's Night accompagne le film du même nom, du moins la face A du disque. Ces films ne m'ont jamais intéressé, mais l'album, quel album. Premier album du groupe a ne comprendre que des compositions originales, il contient hit sur hit, dès le premier accord du morceau-titre, peut-être l'accord le plus connu de l'histoire du rock 'n roll. A Hard Day's Night est fantastiquement frénétique, mélodique et étonnamment complexe. John Lennon a parfaitement appris les leçons des reprises, et les surpasse maintenant avec ses originaux. Lennon, qui a d'ailleurs composé une majorité de l'album, comme I Should Have Known Better, If I Fell et ses harmonies vocales ou Anytime At All.

Mais c'est peut-être les morceaux de McCartney qui impressionnent le plus. And I Love Her est proche de la perfection, alors que Things We Said Today a une telle recherche mélodique qu'on pourrait écrire un morceau à partir de chaque ligne. Même si McCartney s'occupait plutôt des morceaux "calmes", il a écrit Can't Buy Me Love (Ringo!), l'autre grand classique rock 'n roll de cet album. Dès ce moment, de toute façon, ce ne sont plus les morceaux "connus" qui font la différence. Chaque morceau vaut la peine d'être (ré)écouté, car le groupe est vraiment en pleine possession de leurs pouvoirs de poprockers mélodiques. Ils continueront encore pendant deux albums, avant de devenir, bien sûr, totalement dingues.

A Hard Day's Night, qui pêche peut-être par une seconde face moins percutante, est donc le premier excellent album du groupe. Ils feront plus bizarre, plus expérimental, et sans doute meilleur, mais en ce qui concerne la pop song parfaite, elle est ici. P
as d'inquiétude cependant : si vous l'avez ratée, elle reviendra.

lundi 14 septembre 2009

The Beatles – With The Beatles (1963)


Album numéro 2, With The Beatles et son titre kitschissime ne fera que confirmer la légende. Il détrôna Please Please Me des charts anglais pour lui même s'y installer pendant 21 semaines, portant les Beatles pendant presque un an au sommet. Pourtant, c'est probablement le moins bon album du groupe, le plus faible. Enregistré et sorti rapidement pour capitaliser sur leur immense succès, il reprend le même concept que son prédécesseur : six reprises (RnB/Motown) et huit originaux, dont, pour la première fois, un morceau de George Harrison (le dispensable Don't Bother Me).

On ne s'y attardera donc pas trop, même s'il comprend tout de même quelques passages intéressants, dont le mémorable All My Loving, montrant déjà le sens inné de la mélodie qui sera la marque de Paul McCartney pour les années à venir. En fin d'album, le superbe And I Love Her préfigure un certain Yesterday, et on notera aussi le méconnu Not a Second Time. Sinon, on remarque vite que l'album a été conçu comme photocopie de Please Please Me, avec Roll Over Beethoven pour "faire" Twist and Shout, par exemple.

Mais il faut tenir compte du fait que c'est tout de même le second album du groupe en six mois et qu'à l'époque, on alternait albums et singles : les Beatles venaient de sortir l'excellent She Loves You, alors que le non moins fantastique I Wanna Hold Your Hand allait suivre un mois après. On reparlera des morceaux non-albums lorsqu'on parlera des Past Masters, bien sûr. With The Beatles restera toujours connu comme le second album des Beatles, sans doute le moins intéressant, mais la rampe de lancement vers l'album qui définira la Beatlemania, A Hard Day's Night.

jeudi 10 septembre 2009

The Beatles – Please Please Me (1963)


And so it begins... La série, qui s'entame donc aujourd'hui, de chroniques des albums remasterisés des Beatles n'est pas censée (ré)écrire l'histoire des quatre de Liverpool, mais sera simplement un point de vue très subjectif. L'oeuvre des Beatles est profondément ancrée dans son époque, c'est pourquoi je ne peux que conseiller la lecture du fantastique Revolution In My Head, de Ian Macdonald, qui non seulement analyse chaque morceau du groupe, mais replace le tout dans son contexte.

En quelques mots, le contexte de Please Please Me est simple. L'industrie du disque est fort différente de maintenant, et voulait à l'époque capitaliser sur un jeune groupe qui créait des vagues, notamment grâce à leurs shows en résidence au Cavern Club de Liverpool. C'est donc tout naturellement que l'album correspond à leur setlist de l'époque, et qu'il a été largement enregistré live en studio. Le succès est immense : trente semaines numéro 1 des charts britanniques, et le point de départ d'une légende, qui est aujourd'hui remise à neuf grâce aux remasters mono et stereo.

Au risque de commetre un blasphème, je ne suis pas un grand amateur des premiers albums. Please Please Me semble être reconnu comme le meilleur de la période "rock 'n roll" du groupe, et c'est vrai qu'il est intéressant à plusieurs égards. Mais il est très très loin d'attendre l'invraisemblable brillance que le Fab Four atteindra à plusieurs reprises quelques années plus tard. En fait, la principale qualité de l'album n'est même pas musicale, c'est ce qu'il représente : pour la première fois, un groupe de musiciens "pop" sort un album sur lequel ils chantent (tous, même), jouent de leurs propres instruments (avec notamment une section rythmique McCartney/Starr très solide) et composent une majorité de morceaux (huit sur quatorze). Ce qui n'était pas évident du tout à l'époque.

Parlons tout de même un peu de musique. Forcément, c'est brut et primitif, on est tout de même en 1963. Et même s'il ne faudra que quelques années pour que les Beatles (et certains de leurs pairs, n'oublions pas) révolutionnent la musique populaire, ici, c'est le début. On sent un groupe qui se cherche, notamment au niveau des voix : les cinq premiers morceaux voient quatre lead vocalistes différents se succéder. Quatre vocalistes qui d'ailleurs, chantent juste. De même, les contraintes de production et de marketing font que les compositions personnelles ne doivent pas s'éloigner trop des reprises. Il n'empêche que les toutes premières compositions estampillées Lennon/McCartney (pas encore de compos de Harrison) sont souvent meilleures que les reprises, et comprennent déjà quelques éclairs de génie, comme la ligne de piano de Misery, ou le rythme probablement indécent de Love Me Do (batterie jouée par Andy White, la version Ringo étant encore plus puissante).

I Saw Her Standing There et Please Please Me sont sans doute les deux autres originaux qui sortent du lot, mais c'est la reprise finale qui restera le morceau de choix de l'album. Enregistré en toute fin de session, Twist and Shout est électrique, et aussi puissant qu'un morceau pop pouvait être à l'époque. La voix de John Lennon, qui était préservée jusque là, se rapproche de la rupture, et montre à quel point ces quatre-là possédaient des talents complémentaires hors pair. On n'avait encore rien vu.

mercredi 9 septembre 2009

The Beatles Remasters : introduction explicative

Vous l'avez probablement entendu/lu quelque part, un vieux petit groupe refait parler de lui ces jours-ci. Pour voir un peu plus clair, voici un résumé de ce qui se passe avec les remasters des Beatles et Music Box.

Aujourd'hui, le 9/9/9, sortent les albums des Beatles, remasterisés pour la première fois depuis leur sortie en cd, qui date de 1987. Pour faire court, les albums avaient besoin d'un gros dépoussiérage, et ce dernier est magnifique.

Les albums sortent de trois manières :

- individuellement, les douze albums studio + Magical Mystery Tour et la (double) compilation de morceaux hors albums Past Masters. Ce seront les mixes stéréo, pour la première fois en ce qui concerne les quatre premiers albums. Chaque album est accompagné d'un documentaire en quicktime, ainsi que des notes d'époque.

- un box reprenant tous les albums qui sortent individuellement, avec un DVD reprenant les documentaires

- un box plus particulier, qui comprend les dix albums sortis à l'époque en mono, autrement dit, de la manière à laquelle on était tous censés les écouter. De plus, Help! et Rubber Soul comprennent le mix stereo d'origine (les versions cd de 1987 avaient été remixées pour l'occasion). Past Masters est ici renommé Mono Masters, et comprend les morceaux non-albums mono, y compris un EP 4 titres jamais sorti pour accompagner Yellow Submarine (le film).

Ce qui fait donc trente disques, et un certain temps pour tout ingurgiter. Après quelques écoutes, deux conclusions sont évidentes : d'abord, le son est totalement somptueux, et surpasse non seulement les cd de 87 (ce qui n'était pas difficile) mais aussi les remasters officieux du Dr. Ebbetts. Ensuite, les versions mono me semblent préférables quand c'est possible, pour des raisons de fidélité, mais aussi de qualité sonore : on peut remasteriser ce qu'on veut, mais à l'époque, l'enregistrement en stéréo, ce n'était pas encore au point.

Mais je ne veux pas rentrer dans des détails trop techniques : les articles qui, j'espère, seront publiés ici régulièrement feront part de mes impressions en tant qu'auditeur, pas en tant que technicien qui repère le moindre détail, la moindre différence entre les versions.




On commencera donc avec Please Please Me, pour se terminer un jour avec Let It Be.


"When I get to the bottom, I go back to the top of the slide..."

jeudi 11 janvier 2007

The Beatles - The Beatles (1968)

Que peut-on encore dire des Beatles qui n'ait pas déjà été dit ou écrit? Tout et son contraire, sans doute. Vu qu'absolument tout concernant les différentes sessions d'enregistrement de chaque morceau se trouve déjà décrit avec minutie dans trois tonnes d'ouvrages, je vais ici me concentrer sur un review "classique" d'un album du groupe. J'ai choisi leur album éponyme, mais j'aurais pu évidemment en choisir un autre. Ceci dit, je le trouve particulièrement intéressant, sans doute de par sa longueur, et ses faiblesses inhérentes.


Sans trop s'étaler, il faut garder en tête deux éléments importants de la vie des Beatles pour tenter de comprendre l'album. D'abord, les conflits étaient très nombreux à l'époque : entre autres, jalousie entre McCartney et Lennon, sentiment d'infériorité de Starr, et évidemment l'affaire Yoko, accusée d'exercer une mauvaise influence sur Lennon. Ensuite, leur pelerinage en Inde : les 4 Beatles ont suivi pendant plusieurs mois les enseignements d'un maitre spirituel local, ce qui les a clairement influencés, même si, comme on le verra, leur visite s'est mal terminée.


Back To The Music, et Back In The USSR pour commencer. Composition pop rapide, elle est emmenée, comme la plupart des morceaux semblables du groupe, par la rythmique impeccable du duo McCartney/Starr, mais elle est surtout chargée politiquement, même si le ton n'est pas très sérieux. Dear Prudence suit, et ne pourrait pas être plus différente, calme, douce et poétique. La principale caractéristique de l'album apparait dès ce moment : il est difficile de trouver une quelconque cohésion entre les morceaux, ce qui apporte une variété très intéressante, mais peut aussi dérouter. De plus, il faut savoir que les 4 Beatles ont participé à l'écriture de l'album (même si Ringo n'a écrit qu'un morceau), ce qui peut expliquer cela, même s'ils ont tous écrit dans des styles différents.


Glass Onion est le premier morceau bizarre du double album, et se moque de l'analyse que certaines personnes ont pu faire des chansons des Beatles ("the walrus was Paul", se référant au fameux épisode Paul is Dead). Malheureusement, l'histoire rattrapa Lennon, car Charlie Manson et son groupe de malades mentaux ont basé leur série de meurtres sur leur propre interprétation de l'album.


Juste après, Ob-La-Di Ob-La-Da est la dernière chanson purement pop d'un album qui sombre dans l'étrange : Wild Honey Pie, The Continuing Story of Bungalow Bill, le très politique Piggies, Rocky Raccoon ou encore Savoy Truffle. Aujourd'hui, jamais un groupe aussi populaire que les Beatles ne l'étaient à l'époque oserait inclure tant de bizarreries dans un album (sauf peut-être Radiohead mais eux en ont fait un album complet). Mais The Beatles reste toujours poignant : Blackbird, et surtout Julia, dédiée à la grand-mère de Lennon, comptent parmi leurs meilleurs ballades, tout comme le sous-estimé Long, Long, Long ; et engagé : Sexy Sadie est une violente attaque, à peine déguisée, contre le charlatan indien cité ci-dessus, Revolution 1 une réaction post mai-68 (la version single, face B de Hey Jude, est une terrible offensive rock n roll).


Restent enfin les morceaux immenses. Pour moi, j'en retiens trois, sans aucun doute. D'abord, Happiness Is A Warm Gun, pour son message pacifique puissant et ses changements de rythmes purement extraordinaires, qui influenceront énormément de musiciens, et influencent toujours aujourd'hui (voir le Paranoid Android de Radiohead, justement). Ensuite, While My Guitar Gently Weeps, probablement le meilleur morceau d'Harrison et agrémenté d'un solo d'Eric Clapton. Et enfin, évidemment, Helter Skelter, bombe atomique totale qui créa le heavy metal, exactement comme Tomorrow Never Knows a créé la musique électro.


Il faut toutefois constater que les aléas de l'enregistrement ont poussé le producteur George Martin à inclure quelques morceaux, disons moyens : Don't Pass Me By est là uniquement pour ne pas que Ringo quitte le groupe, et Revolution 9 est un collage, certes innovateur, mais tout à fait déplacé ici. Il est probable que le morceau soit majoritairement l'oeuvre de Yoko Ono. Enfin, les deux derniers morceaux de l'album ne sont pas à la hauteur de ce qui précède, mais on mettra cela sur le compte de la désorganisation thématique de The Beatles.


The Beatles reste évidemment un album majeur, malgré, ou finalement grâce, à ses défauts. Il montre le talent immense des quatre Beatles dans sa splendeur incontrôlée, tout en montrant le début de la destruction du groupe. Il est très intéressant de noter que l'album suivant, Abbey Road, est sans doute le mieux arrangé, le plus précis dans son édition, surtout lors du Long Medley. Abbey Road contient moins de morceaux mineurs, mais ne laisse pas la même impression que ce The Beatles, oeuvre majeure des Beatles, du popart, et de l'art musical en général. Et je n'ai même pas parlé de la pochette, tiens...

lundi 25 décembre 2006

The Beatles – Love


Alors que certains artistes doivent se retourner dans leur tomber quand on voit l'exploitation commerciale de leur oeuvre (l'exemple canonique étant Tupac Shakur, qui a sorti plus d'albums mort que vivant), le catalogue des Beatles a été assez respecté. Les trois anthologies de -fabuleux- matériel inédit en 1996, une compilation de n°1 en 2000, et c'est tout.

Love est un projet original, à mi-chemin entre best of et album de remixes. Conçu comme bande son pour un spectacle du Cirque du Soleil, il consiste en un gigantesque collage de plus de 70 morceaux, édités par George Martin et son fils Giles. On pourrait (et on a) crier très vite au scandale, au sacrilège ou que sais-je, mais il faut avouer que le résultat est assez bon.

Débutant avec une splendide version a cappella de Because (quatre musiciens qui savent tous chanter, c'est quand même assez rare), on entend furtivement un accord de Hard Day's Night avant le début de Get Back. Et ce sera comme ça pendant toute la longueur du disque, où des morceaux entiers sont mixés avec des petites touches çà et là, qui sont facilement reconnaissables à qui connaît un tant soit peu la carrière du groupe.
Les vrais mashups sont en fait assez rares, notons juste Yesterday avec le fond sonore de Blackbird, et surtout Within You Without You avec celui de Tomorrow Never Knows. en fait, le travail de remix est assez sage, sans doute pour ne pas trop troubler les morceaux, qui de toute façon n'ont pas besoin de beaucoup de modifications.

Love est une idée sympa, sans plus, mais qui ouvre la porte à quelque chose de bien plus important : il faut absolument qu'on sorte des versions remasterisées des albums studio. Les morceaux n'ont jamais sonné aussi bien qu'ici, A Day In The Life et I Am The Walrus sonnent encore plus innovateurs maintenant qu'à l'époque, grâce au traitement sonore. Des dizaines d'artistes ont vu leur catalogue remasterisé, généralement en mieux. Il est donc temps que le groupe pop le plus important de l'histoire soit honoré de la sorte.

The Beatles - Love


Alors que certains artistes doivent se retourner dans leur tomber quand on voit l'exploitation commerciale de leur oeuvre (l'exemple canonique étant Tupac Shakur, qui a sorti plus d'albums mort que vivant), le catalogue des Beatles a été assez respecté. Les trois anthologies de -fabuleux- matériel inédit en 1996, une compilation de n°1 en 2000, et c'est tout.

Love est un projet original, à mi-chemin entre best of et album de remixes. Conçu comme bande son pour un spectacle du Cirque du Soleil, il consiste en un gigantesque collage de plus de 70 morceaux, édités par George Martin et son fils Giles. On pourrait (et on a) crier très vite au scandale, au sacrilège ou que sais-je, mais il faut avouer que le résultat est assez bon.

Débutant avec une splendide version a cappella de Because (quatre musiciens qui savent tous chanter, c'est quand même assez rare), on entend furtivement un accord de Hard Day's Night avant le début de Get Back. Et ce sera comme ça pendant toute la longueur du disque, où des morceaux entiers sont mixés avec des petites touches çà et là, qui sont facilement reconnaissables à qui connaît un tant soit peu la carrière du groupe.
Les vrais mashups sont en fait assez rares, notons juste Yesterday avec le fond sonore de Blackbird, et surtout Within You Without You avec celui de Tomorrow Never Knows. en fait, le travail de remix est assez sage, sans doute pour ne pas trop troubler les morceaux, qui de toute façon n'ont pas besoin de beaucoup de modifications.

Love est une idée sympa, sans plus, mais qui ouvre la porte à quelque chose de bien plus important : il faut absolument qu'on sorte des versions remasterisées des albums studio. Les morceaux n'ont jamais sonné aussi bien qu'ici, A Day In The Life et I Am The Walrus sonnent encore plus innovateurs maintenant qu'à l'époque, grâce au traitement sonore. Des dizaines d'artistes ont vu leur catalogue remasterisé, généralement en mieux. Il est donc temps que le groupe pop le plus important de l'histoire soit honoré de la sorte.

samedi 22 novembre 2003

The Beatles - Let It Be ... Naked

Un nouvel album des Beatles ? Oui et non. En fait, il faut savoir que l’album Let It Be, chronologiquement le dernier du groupe, a toujours été controversé. Il est tout d’abord considéré comme un de leurs moins bons albums, même si le groupe lui-même n’est pas montré du doigt. Á l’époque, la maison de disques n’était pas satisfaite du ton de l’album, trop garage, trop naturel à leur goût. Ils ont donc engagé le célèbre producteur Phil Spector pour remixer l’album, sans l’avis du Fab Four. En a résulté un album plein d’imperfections, donc la majeure est certainement l’orchestration invraisemblablement pompeuse de Spector. 33 ans après, les bandes originales ont été restaurées, et l’album peut être écouté (plus ou moins) comme il aurait du l’être. Sans participer à la polémique (d’aucuns ont qualifié cet acte de révisionnisme, ni plus ni moins), il faut reconnaître que l’album est meilleur. Les différences sont de quatre types : on a enlevé trois morceaux faibles, rajouté la face B Don’t Let Me Down, réarrangé le tracklist (l’album commence par un dévastateur Get Back) et enfin viré la surproduction de Spector, ce qui améliore grandement certains morceaux, dont The Long and Winding Road. Les points faibles ont été gommés, et on se trouve face à un album plus que valable, qui est certes loin derrière les meilleurs productions du groupe, mais qui reste un must, surtout dans cette époque de revival rock garage. Ceci dit, avec ou sans Spector, Let It Be (la chanson) reste toujours ennuyeuse et monotone. Á (re)découvrir sans trop de préjugés, même si le vrai dernier album en tant que tel reste Abbey Road.

The Beatles - Let It Be ... Naked

Un nouvel album des Beatles ? Oui et non. En fait, il faut savoir que l’album Let It Be, chronologiquement le dernier du groupe, a toujours été controversé. Il est tout d’abord considéré comme un de leurs moins bons albums, même si le groupe lui-même n’est pas montré du doigt. Á l’époque, la maison de disques n’était pas satisfaite du ton de l’album, trop garage, trop naturel à leur goût. Ils ont donc engagé le célèbre producteur Phil Spector pour remixer l’album, sans l’avis du Fab Four. En a résulté un album plein d’imperfections, donc la majeure est certainement l’orchestration invraisemblablement pompeuse de Spector. 33 ans après, les bandes originales ont été restaurées, et l’album peut être écouté (plus ou moins) comme il aurait du l’être. Sans participer à la polémique (d’aucuns ont qualifié cet acte de révisionnisme, ni plus ni moins), il faut reconnaître que l’album est meilleur. Les différences sont de quatre types : on a enlevé trois morceaux faibles, rajouté la face B Don’t Let Me Down, réarrangé le tracklist (l’album commence par un dévastateur Get Back) et enfin viré la surproduction de Spector, ce qui améliore grandement certains morceaux, dont The Long and Winding Road. Les points faibles ont été gommés, et on se trouve face à un album plus que valable, qui est certes loin derrière les meilleurs productions du groupe, mais qui reste un must, surtout dans cette époque de revival rock garage. Ceci dit, avec ou sans Spector, Let It Be (la chanson) reste toujours ennuyeuse et monotone. Á (re)découvrir sans trop de préjugés, même si le vrai dernier album en tant que tel reste Abbey Road.