vendredi 9 octobre 2009

The Beatles – Past Masters Vol. 1 (1988)

Histoire de terminer ce qu'on a souvent tendant à appeler la première moitié de la carrière des Beatles, j'ai choisi de couper en deux le double Past Masters, qui était d'ailleurs disponible pré-remaster en deux volumes. Le concept Past Masters est simple : ce sont tous les morceaux des Beatles sortis en face B de single, ou en EP, mais pas en album. Ils ont été compilés pour la sortie cd de 1988, et sont donc évidemment remastérisés ici. Comme toute compilation de face B, on retrouve du dispensable, mais comme, à l'époque, les singles (45 tours) se retrouvaient rarement sur album, on a des très gros morceaux de choix.

Love Me Do commence la compilation, une version différente avec Ringo Starr derrière les fûts, et une basse plus puissante. Cette version est nettement plus dynamique que celle du premier album, dès leur premier single, les Beatles ont réussi à faire ce que personne n'avait fait avant eux. From Me To You, sympathique, leur offre leur tout premier numéro 1, mais montre clairement les limites du remaster stéréo : les voix ne sont audibles que du côté droit, ce qui donne une impression vraiment dérangeante. Comme c'est généralement le cas pour les premiers albums (au moins les quatre premiers), on préférera les monos, tout en regrettant qu'ils ne soient disponibles que dans un boxset très limité et assez cher.


Les deux morceaux de bravoure de l'album sont She Loves You et I Wanna Hold Your Hand, deux popsongs inouïes de perfection sonore. Les "yeah yeah yeah" de She Loves You auront probablement toujours une implication dans les chansons pop de l'année 2115, et le rythme imprimé par le duo McCartney/Starr est toujours impressionnant aujourd'hui. Ces deux extraits exceptionnels sont aussi repris en allemand, ce qui fait sourire une fois ou deux. Le reste de l'album n'est pas désagréable, bien sûr, mais n'arrive plus à ce niveau, même si le riff dantesque (et les expériences de feedback) de I Feel Fine et le rock n roll pied au plancher de I'm Down s'y rapprochent. Forcément indispensable, cette demi-compile clôture donc une époque, même si la transition avec
Rubber Soul pouvait déjà se faire sentir.

jeudi 8 octobre 2009

The Raveonettes - In And Out Of Control


Avec My Bloody Valentine qui revient en force et de nouveaux groupes comme A Place To Bury Strangers pour renouveler la flamme, le shoegaze ne se porte pas trop mal, pour un mouvement mort. Lust Lust Lust, le précédent album des Raveonettes était plus fuzzy qu'une usine de Big Muff, mais arrivait à y allier une recherche mélodique quasi surannée. Il était aussi surpuissant et sans concession, à un point tel qu'il était impossible pour le duo Danois de continuer dans cette veine. Alors, ils ont allégé la musique, repris les habitudes des albums précédents, et poli la production : l'aiguille est maintenant plutôt dans la zone pop.

Pop with a twist, évidemment. Parfois des gros beats un peu bourrins (Bang, Suicide) mais souvent une jolie recherche mélodique, qui va de pair avec la voix de Sharin Foo. Bien sûr, le bruit et le feedback ne sont jamais bien loin (Gone Forever), mais ils ne sont plus la caractéristique principale de leur son. Last Dance renoue même avec les tubes à la Attack of The Ghost Riders. Mais que dire des paroles... Je ne l'ai remarqué que vers la fin : In and Out of Control est une sorte d'album-concept sur la violence, notamment la violence conjugale. Quand on s'y attache, c'est vraiment bizarre, surtout que les thèmes sont en contrepoids total avec la musique éthérée et aérienne. Il est par exemple quasi impossible de ne pas avoir en tête le refrain-titre de ... Boys Who Rape (Should All Be Destroyed). Franchement embarassant. Autre exemple, Oh I Buried You Today fait penser à la pop des 50s, à Nancy Sinatra (et son Bang Bang) mais est empreint d'un malaise prégnant.

On perd d'ailleurs assez facilement le fil de cet album, qui ressemble plus à une collections de morceaux pas très soignés, alors que le but (producteur + studio alors que Lust Lust Lust était autoproduit at home) était sans doute différent. On retiendra toute fois le fantastique Heart of Stone, même si son riff lorgne un peu trop vers le Lateralus de Tool et Break Up Girls, seul morceau où Sune Rose Wagner se lâche enfin un peu sur les pédales. Sinon, In and Out of Control reste un bon album, mais trop impersonnel, et bien trop loin du précédent. Il fallait peut-être cela pour repartir de l'avant, reculer pour mieux sauter. On le verra dans deux ans.

The Raveonettes - In And Out Of Control


Avec My Bloody Valentine qui revient en force et de nouveaux groupes comme A Place To Bury Strangers pour renouveler la flamme, le shoegaze ne se porte pas trop mal, pour un mouvement mort. Lust Lust Lust, le précédent album des Raveonettes était plus fuzzy qu'une usine de Big Muff, mais arrivait à y allier une recherche mélodique quasi surannée. Il était aussi surpuissant et sans concession, à un point tel qu'il était impossible pour le duo Danois de continuer dans cette veine. Alors, ils ont allégé la musique, repris les habitudes des albums précédents, et poli la production : l'aiguille est maintenant plutôt dans la zone pop.

Pop with a twist, évidemment. Parfois des gros beats un peu bourrins (Bang, Suicide) mais souvent une jolie recherche mélodique, qui va de pair avec la voix de Sharin Foo. Bien sûr, le bruit et le feedback ne sont jamais bien loin (Gone Forever), mais ils ne sont plus la caractéristique principale de leur son. Last Dance renoue même avec les tubes à la Attack of The Ghost Riders. Mais que dire des paroles... Je ne l'ai remarqué que vers la fin : In and Out of Control est une sorte d'album-concept sur la violence, notamment la violence conjugale. Quand on s'y attache, c'est vraiment bizarre, surtout que les thèmes sont en contrepoids total avec la musique éthérée et aérienne. Il est par exemple quasi impossible de ne pas avoir en tête le refrain-titre de ... Boys Who Rape (Should All Be Destroyed). Franchement embarassant. Autre exemple, Oh I Buried You Today fait penser à la pop des 50s, à Nancy Sinatra (et son Bang Bang) mais est empreint d'un malaise prégnant.

On perd d'ailleurs assez facilement le fil de cet album, qui ressemble plus à une collections de morceaux pas très soignés, alors que le but (producteur + studio alors que Lust Lust Lust était autoproduit at home) était sans doute différent. On retiendra toute fois le fantastique Heart of Stone, même si son riff lorgne un peu trop vers le Lateralus de Tool et Break Up Girls, seul morceau où Sune Rose Wagner se lâche enfin un peu sur les pédales. Sinon, In and Out of Control reste un bon album, mais trop impersonnel, et bien trop loin du précédent. Il fallait peut-être cela pour repartir de l'avant, reculer pour mieux sauter. On le verra dans deux ans.

mardi 6 octobre 2009

Ash (suite) et Smashing Pumpkins, hors du circuit traditionnel

Je vous parlais il y quelques semaines de l'initiative d'Ash, qui, au lieu de créer classiquement un album, va sortir un morceau différent toutes les deux semaines pendant un an.

Leur plan est maintenant détaillé, et a un prix.

Si vous voulez recevoir les 26 vinyls 7" (face A enregistrée, face B dessinée), avec leur belle boîte, il vous en coûtera un total 176 livres sterling, ce qui nous fait 190€. Ce qui fait quand même 7€ le vinyl, on a quand même intérêt d'être fan, surtout que, forcément, 25 des 26 morceaux sont inédits à ce jour.

De plus, les disques seront envoyés par paquet de six, ce qui diminue les frais d'envoi et l'impact environnemental, mais cela diminue aussi l'excitation éventuelle d'en recevoir un chaque quinzaine. Néanmoins, chaque acheteur bénéficiera du téléchargement digital (disponible séparément pour 20 dollars, soit 13€), histoire d'avoir le morceau assez vite.

C'est donc clairement une option pour les fans, si possible avec une platine vinyl. Et qui ne vont pas trop s'en faire que l'artwork est toujours similaire... Mon avis? Si un de mes groupes préférés avait eu cette idée, j'aurais été assez déçu de son application.

Mais bon, on verra pour la musique, en attendant, voici une photo de la boîte.



Les Smashing Pumpkins... On a rigolé maintes fois quand Billy Corgan a décidé de reformer son groupe, avec comme seul membre d'origine Jimmy Chamberlain. L'album en découlant, Zeitgeist, n'était pas terrible du tout, et maintenant, Jimmy est (de nouveau) parti.

Pourtant, Billy persiste, signe, et continue dans l'invraisemblance mégalo, mais, quand même, un poil intéressante, surtout en ce qui concerne cette rubrique qui parle des nouveaux modes de distribution de musique.

Le nouvel album s'appellera Teargarden by Kaleidyscope (sic), comptera 44 morceaux (resic) et s'inspire d'un bazar de Tarot auquel je n'ai rien compris.
Mellon Collie 2? Not quite.


Parce que Corgan va sortir totalement gratuitement cet album, morceau par morceau, à partir de Halloween (on ne se refait pas), et jusqu'à ce que ce soit fini, pas de date précise. Et c'est seulement après tout ça que l'album sortira en forme classique (même si des EP devraient précéder). Ce n'est pas la première fois que Corgan balance un album gratuitement (Machina 2 était un précurseur du genre), mais ici, le concept se rapproche étrangement de celui d'Ash.

Là aussi, on verra à l'usage, mais si cette phrase est seulement à moitié vraie, on peut espérer (un peu) : "The music of 'Teargarden by Kaleidyscope' harkens back to the original psychedelic roots of The Smashing Pumpkins: atmospheric, melodic, heavy, and pretty. "

Mais bon, c'est Billy, aussi...