jeudi 31 décembre 2009

Julian Casablancas - Phrazes for the Young


2001. Is This It. Un groupe de bourges new-yorkais, très faciles à détester mais aussi terriblement talentueux ont secoué le rock alternatif avec un album simplement parfait. Julian Casablancas, le chanteur/compositeur avait 24 ans à l'époque, et donnait l'impression d'être le maître du monde tout en n'ayant totalement rien à foutre. Une vraie rock star. Flashforward huit ans après. Les Strokes n'ont jamais réussi à confirmer, suite à deux albums décents mais sans grand génie, et un hiatus qui se prolonge depuis 2006. Depuis, presque tous les membres du groupes sont partis créer des projets parallèles, et c'est maintenant au tour de Casablancas de sortir son album.

Disons-le directement, ce n'est pas avec cela que Casablancas va remonter dans notre estime. Phrazes for the Young ne ressemble pas à grand chose, sorte de collection de morceaux pas assez bons pour aller ailleurs, et surtout vraiment mal chantés. Sa voix n'a jamais été son point fort, mais il arrivait facilement à l'utiliser à bon escient, ici, on a pitié pour lui. Un des meilleurs morceaux (musicalement) de l'album, River of Brakelights est tellement mal chanté qu'on se demande vraiment comment c'est possible d'avoir laissé passer ça. Pour le reste, l'album est assez varié, du Strokes-mais-pas-trop Out of the Blue, premier et meilleur morceau à quelques ballades synthétiquement chiantes, en passant par le très (très) new wave 11th Dimension. Mais le mauvais côté de la new wave, celui vachement vulgaire, avec lignes de synthés dignes d'être jouées au pied des pyramides de Gizeh. Le Tourist final tente de remonter le niveau avec une guitare flamenco, mais une bête boîte à rythmes fiche tout en l'air, et encore, c'est avant que le synthé ne s'allume.

L'album ne comporte que huit morceaux, mais ils se traînent d'une manière insupportable, à l'image de la voix d'un Casablancas qui a vraiment, vraiment raté son coup. On avait tant d'espoirs...

Rammstein - Liebe Ist Für Alle Da

On avait laissé Rammstein en relative mauvaise posture, proche de la séparation suite au peu spectaculaire Rosenrot (2005). C'est donc un Rammstein apparemment gonflé à bloc qui sort son sixième album, Liebe Ist Für Alle Da. Malheureusement, Rammstein est devenu un cirque. Juste un spectacle, un truc qu'on va voir pour pouvoir raconter qu'on l'a vu, un peu comme les larmes de Mylène Farmer ou l'ego de Bono. Rammstein avait donc besoin d'un nouvel album pour repartir (littéralement) enflamme salles et festivals du monde entier. On aurait juste espéré un peu plus d'effort.

Liebe Ist Für Alle Da est juste un album de Rammstein de plus, qui démontre hélas que les excellents trois premiers albums ne seront plus égalés. On a, comme toujours, les morceaux hard classiques (Rammleid, qui reprend des motifs éculés) ou encore Waidmanns Heil et les morceaux à forte influence Depeche Mode, comme Haifisch ou Pussy, dont je ne suis même plus trop certain du second degré, vu la caractère navrant de l'album. D'un cas comme dans l'autre, c'est du déjà vu, et les trompettes, cordes cinématographiques et autres effets sont simplement répétés d'anciennes occurrences.
Oh, on a quelques plans sympas, comme la rythmique de B******** (oui, ok, ça sonne comme un vieux Korn, mais les gens ont déjà oublié) ou les Edith Piafferies de Fruhling in Paris, mais on peut comprendre pourquoi Rammstein n'avait pas de meilleure idée qu'une vidéo classée X pour lancer le buzz : il n'y a rien grand chose de bien intéressant à entendre.

Vraiment dommage, car avant de sombrer dans le grand-guignol, Rammstein était un groupe tout à fait décent, avec innovations et talent. Maintenant, c'est juste feux d'artifice et faux pénis. Werchter 2010 va adorer.

Julian Casablancas - Phrazes for the Young


2001. Is This It. Un groupe de bourges new-yorkais, très faciles à détester mais aussi terriblement talentueux ont secoué le rock alternatif avec un album simplement parfait. Julian Casablancas, le chanteur/compositeur avait 24 ans à l'époque, et donnait l'impression d'être le maître du monde tout en n'ayant totalement rien à foutre. Une vraie rock star. Flashforward huit ans après. Les Strokes n'ont jamais réussi à confirmer, suite à deux albums décents mais sans grand génie, et un hiatus qui se prolonge depuis 2006. Depuis, presque tous les membres du groupes sont partis créer des projets parallèles, et c'est maintenant au tour de Casablancas de sortir son album.

Disons-le directement, ce n'est pas avec cela que Casablancas va remonter dans notre estime. Phrazes for the Young ne ressemble pas à grand chose, sorte de collection de morceaux pas assez bons pour aller ailleurs, et surtout vraiment mal chantés. Sa voix n'a jamais été son point fort, mais il arrivait facilement à l'utiliser à bon escient, ici, on a pitié pour lui. Un des meilleurs morceaux (musicalement) de l'album, River of Brakelights est tellement mal chanté qu'on se demande vraiment comment c'est possible d'avoir laissé passer ça. Pour le reste, l'album est assez varié, du Strokes-mais-pas-trop Out of the Blue, premier et meilleur morceau à quelques ballades synthétiquement chiantes, en passant par le très (très) new wave 11th Dimension. Mais le mauvais côté de la new wave, celui vachement vulgaire, avec lignes de synthés dignes d'être jouées au pied des pyramides de Gizeh. Le Tourist final tente de remonter le niveau avec une guitare flamenco, mais une bête boîte à rythmes fiche tout en l'air, et encore, c'est avant que le synthé ne s'allume.

L'album ne comporte que huit morceaux, mais ils se traînent d'une manière insupportable, à l'image de la voix d'un Casablancas qui a vraiment, vraiment raté son coup. On avait tant d'espoirs...

Nirvana - Live At Reading


Des concerts légendaires, il y en a eu quelques uns, des albums live aussi. La prestation de Nirvana au festival anglais de Reading, en 1992 peut maintenant prétendre à ces deux catégories. À ce moment, Nirvana était en pleine préparation d'In Utero, et la tournée européenne qui les emmena en Angleterre fut moins mouvementée que celle de l'année suivante, qui se termina par une overdose de Cobain à Rome. Résultat, ce concert, bootleggé à maintes reprises mais donc seulement officiellement sorti cette année, reprend l'intégralité de Nevermind (sauf Something In The Way), des extraits de Bleach et Incesticide, deux reprises (les classiques protogrunge The Money Will Roll Right In de Fang et D7 des Wipers) et des futurs morceaux d'In Utero, notamment Tourette's et All Apologies. Le setlist est donc totalement irréprochable, débutant avec Breed et étalant classique sur classique, des morceaux qui ont gardé, presque vingt ans après, toute leur puissance et pertinence. On peut d'ailleurs remarquer le relatif manque de cohérence du setlist, qui alterne sans s'en soucier morceaux assez hard et d'autres plutôt lents, parfois en 5 minutes (About a Girl - Tourette's - Polly). De même, Smells Like Teen Spirit est juste balancé en plein milieu, sans être mis en avant pour un sou.

Musicalement, on n'est pas censé s'attendre à ce que le groupe soit techniquement parfait, c'est bien une pure énergie punk qui les animait. Alors, oui, Cobain rate quelques notes, mais si quelqu'un retient cela de l'écoute de l'album, je le plains de toutes mes forces. Il en profite pour lancer quelques antisolos fantastiques ; même s'il est bon ton de critiquer Nirvana pour 36 raisons, c'est en fait futile et totalement stupide, Cobain était un génie, et comme tous les génies, il a effectivement volé quelques trucs à ses prédecesseurs ("Talent borrows, genius steals", disait Oscar Wilde). Novoselic et Grohl tiennent la baraque avec une section rythmique surpuissante et précise. Novoselic n'est plus vraiment actif dans le milieu musical (il est animateur social et politicien à Seattle) mais bien sûr, Dave Grohl allait devenir une icone à son tour, grâce au succès public des Foo Fighters (au départ son projet solo) et surtout son statut de batteur fantastique au sein de Queens of the Stone Age (Songs for the Deaf) et récemment Them Crooked Vultures.

Live at Reading est un témoignage fabuleux d'un groupe qui fut un des plus importants de l'histoire du rock, dont les influences se font toujours ressentir actuellement. Il souffre toutefois d'un défaut assez stupide : la durée du concert original (1h25) ne permettant pas de le caser sur un cd (et aurait été trop court pour un double), on a décidé de couper les interventions entre les morceaux, donnant l'impression (pas désagréable mais fausse) d'un concert sans pause, mais aussi créant quelques incohérences. Pire, leur tout premier single, Love Buzz, est carrément passé à la trappe. Même s'il n'existait sans doute pas de solution parfaite pour le cd, il est étonnant de constater que le concert complet n'est pas disponible en téléchargement légal, mais uniquement sur le DVD. Autrement dit, pour avoir légalement le concert complet, il faut acheter le dvd et passer un petit bout de temps (si l'on possède les compétences techniques) à extraire les pistes audio pour en faire, par exemple, des mp3. Et après, on s'étonne...

Nirvana - Live At Reading


Des concerts légendaires, il y en a eu quelques uns, des albums live aussi. La prestation de Nirvana au festival anglais de Reading, en 1992 peut maintenant prétendre à ces deux catégories. À ce moment, Nirvana était en pleine préparation d'In Utero, et la tournée européenne qui les emmena en Angleterre fut moins mouvementée que celle de l'année suivante, qui se termina par une overdose de Cobain à Rome. Résultat, ce concert, bootleggé à maintes reprises mais donc seulement officiellement sorti cette année, reprend l'intégralité de Nevermind (sauf Something In The Way), des extraits de Bleach et Incesticide, deux reprises (les classiques protogrunge The Money Will Roll Right In de Fang et D7 des Wipers) et des futurs morceaux d'In Utero, notamment Tourette's et All Apologies. Le setlist est donc totalement irréprochable, débutant avec Breed et étalant classique sur classique, des morceaux qui ont gardé, presque vingt ans après, toute leur puissance et pertinence. On peut d'ailleurs remarquer le relatif manque de cohérence du setlist, qui alterne sans s'en soucier morceaux assez hard et d'autres plutôt lents, parfois en 5 minutes (About a Girl - Tourette's - Polly). De même, Smells Like Teen Spirit est juste balancé en plein milieu, sans être mis en avant pour un sou.

Musicalement, on n'est pas censé s'attendre à ce que le groupe soit techniquement parfait, c'est bien une pure énergie punk qui les animait. Alors, oui, Cobain rate quelques notes, mais si quelqu'un retient cela de l'écoute de l'album, je le plains de toutes mes forces. Il en profite pour lancer quelques antisolos fantastiques ; même s'il est bon ton de critiquer Nirvana pour 36 raisons, c'est en fait futile et totalement stupide, Cobain était un génie, et comme tous les génies, il a effectivement volé quelques trucs à ses prédecesseurs ("Talent borrows, genius steals", disait Oscar Wilde). Novoselic et Grohl tiennent la baraque avec une section rythmique surpuissante et précise. Novoselic n'est plus vraiment actif dans le milieu musical (il est animateur social et politicien à Seattle) mais bien sûr, Dave Grohl allait devenir une icone à son tour, grâce au succès public des Foo Fighters (au départ son projet solo) et surtout son statut de batteur fantastique au sein de Queens of the Stone Age (Songs for the Deaf) et récemment Them Crooked Vultures.

Live at Reading est un témoignage fabuleux d'un groupe qui fut un des plus importants de l'histoire du rock, dont les influences se font toujours ressentir actuellement. Il souffre toutefois d'un défaut assez stupide : la durée du concert original (1h25) ne permettant pas de le caser sur un cd (et aurait été trop court pour un double), on a décidé de couper les interventions entre les morceaux, donnant l'impression (pas désagréable mais fausse) d'un concert sans pause, mais aussi créant quelques incohérences. Pire, leur tout premier single, Love Buzz, est carrément passé à la trappe. Même s'il n'existait sans doute pas de solution parfaite pour le cd, il est étonnant de constater que le concert complet n'est pas disponible en téléchargement légal, mais uniquement sur le DVD. Autrement dit, pour avoir légalement le concert complet, il faut acheter le dvd et passer un petit bout de temps (si l'on possède les compétences techniques) à extraire les pistes audio pour en faire, par exemple, des mp3. Et après, on s'étonne...

Mon Top 20 2009

Voici le récapitulatif de mon top 20 de l'année 2009, qui a d'abord été diffusé sur Twitter.

01 Arctic Monkeys - Humbug
02 The XX - XX
03 Dinosaur Jr - Farm
04 Them Crooked Vultures - Them Crooked Vultures
05 Manic Street Preachers - Journal for Plague Lovers
06 A Place To Bury Strangers - Exploding Head
07 Pissed Jeans - King of Jeans
08 Future of the Left - Travels With Myself and Another
09 Therapy? - Crooked Timber
10 Yeah Yeah Yeahs - It's Blitz!
11 Part Chimp - Thriller
12 Peter Doherty - Grace/Wastelands
13 Graham Coxon - The Spinning Top
14 The Raveonettes - In and Out of Control
15 Dananananaykroyd - Hey Everyone
16 Danger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of The Soul
17 Alice in Chains - Black Gives Way To Blue
18 Pearl Jam - Backspacer
19 Sonic Youth - The Eternal
20 The Horrors - Primary Colours

Et en guise de bonus, un top totalement expérimental et foireux des années 00-09 (oui, j'ai bien du en faire un, finalement), mais je n'ai même pas essayé de classer le top 6.

01 Deftones - White Pony (2000)
01 Queens of the Stone Age - Songs for the Deaf (2002)
01 Radiohead - Kid A (2000)
01 Radiohead - Amnesiac (2001)
01 The Strokes - Is This It (2001)
06 The White Stripes - White Blood Cells (2001)
07 Mclusky - Mclusky Do Dallas (2002)
08 Arctic Monkeys - Humbug (2009)
09 Elliott Smith - Figure 8 (2000)
10 Idlewild - 100 Broken Windows (2000)
11 The Cooper Temple Clause - See This Through and Leave (2002)
12 Thrice - The Artist in the Ambulance (2003)
13 Biffy Clyro - Infinity Land (2004)
14 Dinosaur Jr. - Farm (2009)
15 Elliott Smith - From a Basement on the Hill (2004)
16 The Bronx - The Bronx (2004)
17 Pearl Jam - Binaural (2000)
18 The Last Shadow Puppets - The Age of The Understatement (2008)
19 Auf der Maur - Auf der Maur (2004)
20 The Raveonettes - Lust Lust Lust (2007)

dimanche 20 décembre 2009

Pissed Jeans - King of Jeans

Rock 'n Roll will never die, on peut dire/faire ce qu'on veut, tant qu'il restera des mecs et nanas avec un coeur gros comme un Marshall JVM et des pédales de disto, Lemmy peut (presque) mourir tranquille. Pissed Jeans fait du rock 'n roll, avec passion, rage, et beaucoup de bruit. Le genre d'album qu'il est inutile de chroniquer à la Pitchfork, avec trois tonnes de comparaisons (ici, en gros, c'était Fucked Up, Melvins, Butthole Surfers et Jesus Lizard) et d'hyperboles. Il faut juste l'entendre.

Alors, pour pousser à l'écouter, je dirai que Pissed Jeans, c'est une section rythmique digne des débuts du grunge (parfois, j'entends Tad, figurez-vous), des guitares évidemment très punk rock mais parfois nettement plus complexes avec quelques solos sérieux, et une voix qui rappelle effectivement la rage du Fucked Up Pink Eyes. Les morceaux sont parfois rapides (False Jesii Part Two), sludgy (Pleasure Race), lents/lourds (Request for Masseuse, Lip Ring) voire totalement frénétiques (Human Upskirt). Vers les deux tiers de l'album, un morceau se fait remarquer en dépassant les 2'30 habituelles : Spent en fait même plus de sept, mais n'est pas le Grand Morceau Epique pour autant : c'est plutôt un mégalithe qui peut effectivement justifier le namedropping des Melvins (ou de Sabbath, évidemment). Ensuite, on retrouve les durées habituelles, la basse fuzzy et les guitares dans tous les sens, comme sur R-Rated Movie, dont le titre n'est pas la seule chose qui fait penser à Queens of The Stone Age (early, bien sûr). Et ça fait autant de bien. Quant aux paroles, elles sont souvent humoristiques et ridiculisent la vie 9h/17h et ses tracas quotidiens, des voitures en panne à la calvitie précoce.
Intense, excitant et puissant, King of Jeans ne réinvente par le rock, il se contente de le faire vivre, ce qui est peut-être encore plus difficile.

Pissed Jeans - King of Jeans

Rock 'n Roll will never die, on peut dire/faire ce qu'on veut, tant qu'il restera des mecs et nanas avec un coeur gros comme un Marshall JVM et des pédales de disto, Lemmy peut (presque) mourir tranquille. Pissed Jeans fait du rock 'n roll, avec passion, rage, et beaucoup de bruit. Le genre d'album qu'il est inutile de chroniquer à la Pitchfork, avec trois tonnes de comparaisons (ici, en gros, c'était Fucked Up, Melvins, Butthole Surfers et Jesus Lizard) et d'hyperboles. Il faut juste l'entendre.

Alors, pour pousser à l'écouter, je dirai que Pissed Jeans, c'est une section rythmique digne des débuts du grunge (parfois, j'entends Tad, figurez-vous), des guitares évidemment très punk rock mais parfois nettement plus complexes avec quelques solos sérieux, et une voix qui rappelle effectivement la rage du Fucked Up Pink Eyes. Les morceaux sont parfois rapides (False Jesii Part Two), sludgy (Pleasure Race), lents/lourds (Request for Masseuse, Lip Ring) voire totalement frénétiques (Human Upskirt). Vers les deux tiers de l'album, un morceau se fait remarquer en dépassant les 2'30 habituelles : Spent en fait même plus de sept, mais n'est pas le Grand Morceau Epique pour autant : c'est plutôt un mégalithe qui peut effectivement justifier le namedropping des Melvins (ou de Sabbath, évidemment). Ensuite, on retrouve les durées habituelles, la basse fuzzy et les guitares dans tous les sens, comme sur R-Rated Movie, dont le titre n'est pas la seule chose qui fait penser à Queens of The Stone Age (early, bien sûr). Et ça fait autant de bien. Quant aux paroles, elles sont souvent humoristiques et ridiculisent la vie 9h/17h et ses tracas quotidiens, des voitures en panne à la calvitie précoce.
Intense, excitant et puissant, King of Jeans ne réinvente par le rock, il se contente de le faire vivre, ce qui est peut-être encore plus difficile.

Tops de fin d'année/décennie? + 2010

Comme chaque année, on arrive à l'heure des bilans, période qui m'a toujours profondément emmerdée. Déjà, je n'aime pas faire de classements, la compétition entre albums de styles différents (et même identiques, d'ailleurs) n'ayant que fort peu de sens à mes yeux.

De plus, cette année, on doit se taper différents classements des "noughties", cette période artificielle s'étendant du 01/01/00 au 31/12/09, et qui n'est donc pas une décennie calendrier, vu qu'elle se terminera le 31/12/2010, parce que pas d'année zéro, etc etc.

Alors, si c'est déjà difficile/futile de reprendre et classer douze mois de sorties d'albums, que dire de 120? Comment comparer un album que je trouve fabuleux et qui est dans mes oreilles depuis 10 ans (par exemple, Deftones - White Pony) à un album que je trouve aussi fabuleux mais qui est dans mes oreilles depuis 10 semaines (Them Crooked Vultures, allez)?

Donc, je veux bien faire un top 2009, mais pour 2000-2009, pas la peine. J'avais bien commencé à dresser une liste de mes favoris année après année, mais franchement, ça ne valait pas la peine de passer le temps, si ce n'est pour l'aspect nostalgique ("les Strokes, putain, huit ans?").

Le top 2009 se dévoilera progressivement, jusqu'au 31 décembre, sur le Twitter Music Box, et à cette date, je publierai la liste (peut-être annotée) ici.

Tant que j'y suis, j'en profite pour dire que j'ai enfin terminé d'importer l'ensemble de mes chroniques publiées depuis septembre 2003 sur mon ancien (et tout pourri) hébergeur, Skynetblogs. Tout est donc dorénavant disponible sur la version Blogspot de Music Box, y compris les vieux articles assez mal écrits. Je vais aussi importer les articles MBO Skynet vers ici, ainsi que quelques chroniques de concerts (Kings of Leon, Blur), mais je ne vais pas écrire sur des concerts vus il y a quelques années maintenant.

Et en 2010? Je suppose que tout continuera comme en 2009, je reprendrai (enfin!) les chroniques des remasters Beatles ici, et les chroniques d'albums sortis en 2010 sur Music Box. Si j'écris sur des albums sortis en 2009 (j'en ai encore une bonne dizaine en backlog), je les antidaterai au 31/12/2009 pour qu'on s'y retrouve. Et pourquoi ne pas faire revivre RetroMusicBox (qui serait importé aussi, donc gros boulot) sporadiquement?

Voilà.

vendredi 18 décembre 2009

Part Chimp - Thriller


Certains groupes n'ont vraiment pas envie de jouer le jeu du show business classique. Certains utilisent des canaux de distribution alternatifs, d'autres se concentrent plutôt sur le fond. Après avoir appelé un disque Chart Pimp, les anglais de Part Chimp sortent Thriller, l'année du décès de Michael Jackson. Thriller comporte neuf morceaux aux titres évocateurs (Today 2, Today 3, FFFFF, Star Piss, etc.) et aux durées variables (de 3 à 9 minutes). Autrement dit, c'est un peu n'importe quoi, et il fallait des âmes compréhensives pour sortir cette chose, ce qui fut fait grâce au label de Mogwai, Rock Action. Parce que, évidemment, la musique n'est pas très simple non plus, et encore moins facile d'accès.

Trad entame les affaires, et comporte les différents trademarks du groupe : une voix mixée assez loin, des guitares overdrivées, un son assez crade, une batterie assommante et cette fois, une basse qui se fait très présente. Ca fait très mal, mais c'est aussi très bon : un seul riff se répète avec quelques variations, une seconde guitare qui va et vient, une intensité indéniable. FFFFF fait preuve d'une attitude punk dans la voix, alors que l'intro lourdissime enchaîne sur un Dirty Sun qui aurait pu faire plier Black Sabbath sous son poids. C'est lourd et ça cogne.

Part Chimp pourrait ne faire que dans le bruit, et ajouter quelques drones histoire de faire groupe culte inécoutable, mais leur sens propre de la mélodie reprend parfois le dessus : Sweet T voit une des guitares reprendre la ligne de chant (ou le contraire) et la lead guitare de Today 2 pourrait presque être celle de Jack White s'il empruntait la Jazzmaster de Thurston Moore. Today 2 qui se transforme en Today 3, brûlot d'une violence sonore inouïe, encore plus fort et plus puissant que ce que Mogwai pouvait faire (en parlant de Mogwai, Tomorrow Midnite est assez inspiré des Écossais), avec un feedback signalant la fin du morceau? Non, ça repart encore plus fort, pour laisser une impression énorme dans les oreilles, ou plutôt dans la bouillie qui se trouve entre elles.

Bien entendu, Part Chimp prend ensuite tout le monde à contrepied, avec l'intro Mogwaiesque (+ voix) de Super Moody. Vu le titre, on pouvait s'attendre à un sérieux changement d'humeur, et il arrive en plein milieu du titre, une nouvelle attaque de bruit aussi impressionnante que superbement contrôlée : on peut imaginer le groupe quasi immobile, annihilant l'espace sonore autour de lui d'une simple pression du pied. Les neuf minutes finales de Star Piss composent un joyeux bordel, assez différent du reste de l'album, plus cohérent. Mais à partir de trois minutes, la basse reprend le contrôle du morceau pour l'emmener très loin dans les sommets du postrocknoisesludgemachin pour les friands d'étiquettes vides de sens.

Le rock est fait pour être viscéral et crasseux : Part Chimp fait tout ça, et bien plus.

Part Chimp - Thriller


Certains groupes n'ont vraiment pas envie de jouer le jeu du show business classique. Certains utilisent des canaux de distribution alternatifs, d'autres se concentrent plutôt sur le fond. Après avoir appelé un disque Chart Pimp, les anglais de Part Chimp sortent Thriller, l'année du décès de Michael Jackson. Thriller comporte neuf morceaux aux titres évocateurs (Today 2, Today 3, FFFFF, Star Piss, etc.) et aux durées variables (de 3 à 9 minutes). Autrement dit, c'est un peu n'importe quoi, et il fallait des âmes compréhensives pour sortir cette chose, ce qui fut fait grâce au label de Mogwai, Rock Action. Parce que, évidemment, la musique n'est pas très simple non plus, et encore moins facile d'accès.

Trad entame les affaires, et comporte les différents trademarks du groupe : une voix mixée assez loin, des guitares overdrivées, un son assez crade, une batterie assommante et cette fois, une basse qui se fait très présente. Ca fait très mal, mais c'est aussi très bon : un seul riff se répète avec quelques variations, une seconde guitare qui va et vient, une intensité indéniable. FFFFF fait preuve d'une attitude punk dans la voix, alors que l'intro lourdissime enchaîne sur un Dirty Sun qui aurait pu faire plier Black Sabbath sous son poids. C'est lourd et ça cogne.

Part Chimp pourrait ne faire que dans le bruit, et ajouter quelques drones histoire de faire groupe culte inécoutable, mais leur sens propre de la mélodie reprend parfois le dessus : Sweet T voit une des guitares reprendre la ligne de chant (ou le contraire) et la lead guitare de Today 2 pourrait presque être celle de Jack White s'il empruntait la Jazzmaster de Thurston Moore. Today 2 qui se transforme en Today 3, brûlot d'une violence sonore inouïe, encore plus fort et plus puissant que ce que Mogwai pouvait faire (en parlant de Mogwai, Tomorrow Midnite est assez inspiré des Écossais), avec un feedback signalant la fin du morceau? Non, ça repart encore plus fort, pour laisser une impression énorme dans les oreilles, ou plutôt dans la bouillie qui se trouve entre elles.

Bien entendu, Part Chimp prend ensuite tout le monde à contrepied, avec l'intro Mogwaiesque (+ voix) de Super Moody. Vu le titre, on pouvait s'attendre à un sérieux changement d'humeur, et il arrive en plein milieu du titre, une nouvelle attaque de bruit aussi impressionnante que superbement contrôlée : on peut imaginer le groupe quasi immobile, annihilant l'espace sonore autour de lui d'une simple pression du pied. Les neuf minutes finales de Star Piss composent un joyeux bordel, assez différent du reste de l'album, plus cohérent. Mais à partir de trois minutes, la basse reprend le contrôle du morceau pour l'emmener très loin dans les sommets du postrocknoisesludgemachin pour les friands d'étiquettes vides de sens.

Le rock est fait pour être viscéral et crasseux : Part Chimp fait tout ça, et bien plus.

mercredi 16 décembre 2009

The Horrors - Primary Colours


Comme 2009 s'achève à grands pas, il était temps d'enfin écouter un des albums de l'année, selon moults websites et magazines, histoire de voir si cela en vaut vraiment la peine (contrairement à Animal Collective ou Grizzly Bear, dont je peine vraiment à voir l'intérêt). The Horrors, c'était un groupe garage assez protopunk, mais maintenant, ils ont découvert Joy Division. Leur second album, Primary Colors, est donc censé nous renvoyer direct à l'époque de Tony Wilson, de l'Haçienda, de Factory. En avait-on besoin?

Non, mais cela n'empêche pas qu'on a toujours besoin d'un bon album. Primary Colors est définitivement de ceux-là. Mirror's Image commence discrètement, avec un motif lancinant répété pendant presque cinq minutes. Mais c'est le mix synthés/basse/batterie qui emmène Three Decades qui donne l'illusion : The Horrors est totalement sous influence, oui, mais sous bonne influence. Après deux morceaux relativement tranquilles, la basse fuzz et les synthés très dreamy de Who Can Say ne laissent plus aucun doute : si c'est un pastiche, il est vraiment bon. Autant se détendre, et laisser son esprit critique, pour une fois, au vestiaire. C'est aussi un peu de Jesus and Mary Chain que les Anglais rappellent ici, il semble probable que leur collection musicale n'a jamais connu l'avènement du mp3. On pourra quand même regretter la quasi-grandiloquence d'un groupe qui, clairement, ne se prend pas pour n'importe qui, surtout dans le chef du vocaliste, vite irritant. On tentera aussi bien que possible de leur pardonner, surtout si leurs guitares sont toujours aussi mybloodyvalentinesques.

En parlant de la joyeuse troupe de Kevin Shields, Do You Remember pourrait faire penser à un Only Shallow un peu moins cinglé, mais avec le même genre de motif insidieux. On se demande pourquoi, et comment, mais bizarrement, ça marche. New Ice Age apporte même un peu d'arrogance punk et de rythme dans un album qui pouvait parfois menacer de se traîner : il n'en n'est rien, The Horrors ont nettement plus de trucs dans leur manche qu'on aurait pu le croire. Ils vont même "emprunter" le Come Together de Spiritualized pour I Can't Control Myself, et rappeler Echo & The Bunnymen juste après (Primary Colours). Ce sont les huit minutes du premier single Sea Within a Sea qui clôturent l'album, et qui constituent le morceau de bravoure de l'album.

Un rythme progressif, organique, l'arrivée de claviers et/ou de guitares en feedback, la voix, d'abord lointaine : le morceau débute assez tranquillement, et ne semble pas vraiment évoluer en presque trois minutes. Pourtant, des nappes de synthés suivies d'une basse seule signalent un renversement du morceau, qui acquiert des éléments acidhouse en chemin pour partir dans un fête électro-organique qui pourrait presque rappeler MGMT dans leurs moments les plus classieux (s'il y en a). Replacé dans son contexte, à savoir le premier morceau d'un groupe qui était encore connu comme une bande de corbeaux à la Cramps, il garde son caractère impressionnant, et résume assez bien un album qui devrait être considéré comme un premier album d'un groupe étonnant, dont l'évolution est imprévisible. Album de l'année comme le dit le NME, peut-être pas (même si on peut facilement voir pourquoi le magazine anglocentré les a choisi), mais Primary Colours vaut quand même la peine de se retrouver dans les sempiternelles listes de décembre.

The Horrors - Primary Colours


Comme 2009 s'achève à grands pas, il était temps d'enfin écouter un des albums de l'année, selon moults websites et magazines, histoire de voir si cela en vaut vraiment la peine (contrairement à Animal Collective ou Grizzly Bear, dont je peine vraiment à voir l'intérêt). The Horrors, c'était un groupe garage assez protopunk, mais maintenant, ils ont découvert Joy Division. Leur second album, Primary Colors, est donc censé nous renvoyer direct à l'époque de Tony Wilson, de l'Haçienda, de Factory. En avait-on besoin?

Non, mais cela n'empêche pas qu'on a toujours besoin d'un bon album. Primary Colors est définitivement de ceux-là. Mirror's Image commence discrètement, avec un motif lancinant répété pendant presque cinq minutes. Mais c'est le mix synthés/basse/batterie qui emmène Three Decades qui donne l'illusion : The Horrors est totalement sous influence, oui, mais sous bonne influence. Après deux morceaux relativement tranquilles, la basse fuzz et les synthés très dreamy de Who Can Say ne laissent plus aucun doute : si c'est un pastiche, il est vraiment bon. Autant se détendre, et laisser son esprit critique, pour une fois, au vestiaire. C'est aussi un peu de Jesus and Mary Chain que les Anglais rappellent ici, il semble probable que leur collection musicale n'a jamais connu l'avènement du mp3. On pourra quand même regretter la quasi-grandiloquence d'un groupe qui, clairement, ne se prend pas pour n'importe qui, surtout dans le chef du vocaliste, vite irritant. On tentera aussi bien que possible de leur pardonner, surtout si leurs guitares sont toujours aussi mybloodyvalentinesques.

En parlant de la joyeuse troupe de Kevin Shields, Do You Remember pourrait faire penser à un Only Shallow un peu moins cinglé, mais avec le même genre de motif insidieux. On se demande pourquoi, et comment, mais bizarrement, ça marche. New Ice Age apporte même un peu d'arrogance punk et de rythme dans un album qui pouvait parfois menacer de se traîner : il n'en n'est rien, The Horrors ont nettement plus de trucs dans leur manche qu'on aurait pu le croire. Ils vont même "emprunter" le Come Together de Spiritualized pour I Can't Control Myself, et rappeler Echo & The Bunnymen juste après (Primary Colours). Ce sont les huit minutes du premier single Sea Within a Sea qui clôturent l'album, et qui constituent le morceau de bravoure de l'album.

Un rythme progressif, organique, l'arrivée de claviers et/ou de guitares en feedback, la voix, d'abord lointaine : le morceau débute assez tranquillement, et ne semble pas vraiment évoluer en presque trois minutes. Pourtant, des nappes de synthés suivies d'une basse seule signalent un renversement du morceau, qui acquiert des éléments acidhouse en chemin pour partir dans un fête électro-organique qui pourrait presque rappeler MGMT dans leurs moments les plus classieux (s'il y en a). Replacé dans son contexte, à savoir le premier morceau d'un groupe qui était encore connu comme une bande de corbeaux à la Cramps, il garde son caractère impressionnant, et résume assez bien un album qui devrait être considéré comme un premier album d'un groupe étonnant, dont l'évolution est imprévisible. Album de l'année comme le dit le NME, peut-être pas (même si on peut facilement voir pourquoi le magazine anglocentré les a choisi), mais Primary Colours vaut quand même la peine de se retrouver dans les sempiternelles listes de décembre.

lundi 30 novembre 2009

The XX - XX

The XX, pourquoi personne n'avait pense à ce nom auparavant? Simple, efficace, et tellement facile à retenir qu'ils n'ont pas été plus loin pour le titre de leur premier album, un des débuts les plus étonnants de 2009. Entièrement réalisés par deux mecs et deux filles d'une vingtaine d'années, amis d'enfance (toutefois, la claviériste vient de quitter le navire), XX est surprenant par son originalité. Oh, ce ne sont pas des sons venus d'ailleurs comme le Mirrored de Battles, mais cette musique ne semble pas appartenir à 2009 non plus, sans qu'on sache, d'ailleurs, d'où et de quand elle provienne.

Clavier, guitare, basse et boîte à rythme, rien d'extraordinaire à première vue, mais ce qui rend The XX très spécial, c'est la manière dont ils s'en servent. La production (faite maison) se caractérise par une grande économie sonore, laissant la part belle aux arpèges et atmosphères, au silence et à l'ambiance. Les morceaux peuvent ainsi se dérouler lentement, insidieusement, jusqu'à ce que la voix soyeuse, légèrement éraillée de Romy Madley Croft ne provoque une autre surprise. Croft n'est pas une grande chanteuse, elle n'a pas vraiment de technique vocale, mais sa voix est simplement parfaite, et s'insère parfaitement dans les morceaux. De plus, elle est se complète par la voix du bassiste Oliver Sim qui, lui, ne sait pas chanter du tout. Et pourtant, ça marche, son détachement vocal apportant un contrepoids parfait à la sensualité extrême de Croft ("Can I make it better with the lights turned on?").

Islands, VCR, Crystalised pourraient tous être des tubes discrets, fondus dans un moule étonnant de précision, de beats chirurgicaux et de basse/guitare apportant une touche organique bienvenue. C'est dans les détails qu'on trouve les plus grands albums, et on trouve quelques exemples fabuleux. L'intro de Crystalised, étonnante de variété et de précision, qui semble s'arrêter pour laisser la place aux deux voix, avant de repartir, d'offrir un refrain très catchy et de se terminer par une variation de vitesse parfaitement maîtrisée ("go slow"). Heart Skipped A Beat voit les deux vocalistes se répondre "sometimes I still need you", alors que sur Infinity, ils s'échangent un déchirant "Give it up - I can't give it up". Et que dire du beat d'Islands, digne des meilleurs productions RnB du début de la décade, quand Timbaland était intéressant, et que Kayne West n'existait pas.

Alors, oui, le tempo des morceaux est peut-être similaire, et les voix peuvent rebuter. De même, deux ou trois morceaux sont un peu en deça du reste. Le minimalisme est aussi assez étonnant, mais il est difficile de ne pas être admiratif devant un album peu inspiré par ce qui s'écoute de nos jours, et surtout entièrement réalisé par quatre anglais d'une vingtaine d'années, qui ont quelques belles années devant eux, s'ils arrivent à gérer la pression qui a déjà eu raison d'un de leurs membres. Quoi qu'il arrive, XX restera un excellent album, surprenant et fabuleusement rafraîchissant.

The XX - XX

The XX, pourquoi personne n'avait pense à ce nom auparavant? Simple, efficace, et tellement facile à retenir qu'ils n'ont pas été plus loin pour le titre de leur premier album, un des débuts les plus étonnants de 2009. Entièrement réalisés par deux mecs et deux filles d'une vingtaine d'années, amis d'enfance (toutefois, la claviériste vient de quitter le navire), XX est surprenant par son originalité. Oh, ce ne sont pas des sons venus d'ailleurs comme le Mirrored de Battles, mais cette musique ne semble pas appartenir à 2009 non plus, sans qu'on sache, d'ailleurs, d'où et de quand elle provienne.

Clavier, guitare, basse et boîte à rythme, rien d'extraordinaire à première vue, mais ce qui rend The XX très spécial, c'est la manière dont ils s'en servent. La production (faite maison) se caractérise par une grande économie sonore, laissant la part belle aux arpèges et atmosphères, au silence et à l'ambiance. Les morceaux peuvent ainsi se dérouler lentement, insidieusement, jusqu'à ce que la voix soyeuse, légèrement éraillée de Romy Madley Croft ne provoque une autre surprise. Croft n'est pas une grande chanteuse, elle n'a pas vraiment de technique vocale, mais sa voix est simplement parfaite, et s'insère parfaitement dans les morceaux. De plus, elle est se complète par la voix du bassiste Oliver Sim qui, lui, ne sait pas chanter du tout. Et pourtant, ça marche, son détachement vocal apportant un contrepoids parfait à la sensualité extrême de Croft ("Can I make it better with the lights turned on?").

Islands, VCR, Crystalised pourraient tous être des tubes discrets, fondus dans un moule étonnant de précision, de beats chirurgicaux et de basse/guitare apportant une touche organique bienvenue. C'est dans les détails qu'on trouve les plus grands albums, et on trouve quelques exemples fabuleux. L'intro de Crystalised, étonnante de variété et de précision, qui semble s'arrêter pour laisser la place aux deux voix, avant de repartir, d'offrir un refrain très catchy et de se terminer par une variation de vitesse parfaitement maîtrisée ("go slow"). Heart Skipped A Beat voit les deux vocalistes se répondre "sometimes I still need you", alors que sur Infinity, ils s'échangent un déchirant "Give it up - I can't give it up". Et que dire du beat d'Islands, digne des meilleurs productions RnB du début de la décade, quand Timbaland était intéressant, et que Kayne West n'existait pas.

Alors, oui, le tempo des morceaux est peut-être similaire, et les voix peuvent rebuter. De même, deux ou trois morceaux sont un peu en deça du reste. Le minimalisme est aussi assez étonnant, mais il est difficile de ne pas être admiratif devant un album peu inspiré par ce qui s'écoute de nos jours, et surtout entièrement réalisé par quatre anglais d'une vingtaine d'années, qui ont quelques belles années devant eux, s'ils arrivent à gérer la pression qui a déjà eu raison d'un de leurs membres. Quoi qu'il arrive, XX restera un excellent album, surprenant et fabuleusement rafraîchissant.

dimanche 22 novembre 2009

Them Crooked Vultures - Them Crooked Vultures

Quelle immense déception. J'ai écouté cet album dès que j'ai pu, et pourtant... Des milliards de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, les Israéliens et Palestiniens ne s'aiment toujours pas beaucoup, l'armée US continue à s'entretuer et Creed existe toujours. Them Crooked Vultures a donc échoué dans sa quête de changer le monde pour toujours.
Non, mais sans rire, je sais que la critique est aisée, et que pas mal de gens ont la grande ambition de voir le reste du monde se planter, mais j'ai beaucoup de mal à comprendre les critiques négatives adressées à Them Crooked Vultures qui est un groupe composé de Josh Homme (Kyuss, Queens of the Stone Age), Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters) et John Paul Jones (Led Zeppelin). Vu les antécédents des trois membres (rejoints en concert par Alain Johannes), il était évident que les attentes seraient grandes. Mais il faut être un tantinet réaliste, it's only rock 'n roll and you should like it.
On a dit que la musique de Them Crooked Vultures ressemblait à Queens of the Stone Age. Vu qu'il est chanteur et guitariste, il est probable que Josh Homme soit le compositeur principal du groupe, et effectivement, pas mal de riffs peuvent faire penser à son "autre" groupe. Mais de toute façon, si c'est le cas, cet album comprend les meilleurs morceaux de Josh Homme depuis Songs for the Deaf, album-clé des années 2000 sur lequel apparaissait déjà un certain Dave Grohl.
Dave Grohl, on le sait, est un personnage qui peut rendre dubitatif. Son job principal en tant que leader des Foo Fighters n'aura jamais été vraiment satisfaisant, le succès du groupe étant inversement proportionnel à son intérêt. Par contre, dès qu'il se place derrière une batterie, on ne peut être qu'impressionné par sa rythmique et son expression : Dave Grohl (qui, après le Live in Reading de Nirvana et le Greatest Hits des Foo Fighters, sort trois albums en deux semaines) peut être un chanteur, un guitariste et un compositeur tout à fait décent, il est surtout un excellent batteur, et l'alchimie qui le lie à John Paul Jones est très impressionnante. Il suffisait de le voir lors des premiers concerts du groupe (j'ai assisté à leur troisième, au Pukkelpop) pour lire la joie sur son visage et le sourire d'une oreille à l'autre à l'idée de jouer avec son idole.
Et la musique, dans tout ça? Avec un tel pedigree, les trois vautours tordus auraient pu sortir un excellent album hard rock, fait de riffs perçants, de beats puissants et de basse ronflante. Ils l'ont fait, mais seulement en partie : l'album est clairement une récréation, 66 minutes pendant lesquelles les trois membres ont fait tout ce qu'ils voulaient. Alors que ce genre de trip égocentrique est généralement une très mauvaise idée, ici, ça marche quasi à chaque fois. No One Loves Me (And Neither Do I) commence l'album bizarrement et discrètement mais la voix étonnamment aiguë d'Homme laisse place à un riff tout droit sorti des doigts de Jimmy Page, évidemment. Ca fait très mal, et le duo Grohl-Jones ne font déjà plus qu'un.

Les premiers morceaux de l'album sont relativement classiques, emmenés par des riffs énormes, notamment celui (ou ceux) de Dead End Friends. Combien de musiciens vendraient leur carrière pour ce que Homme est capable de faire les yeux bandés, en dormant. Josh Homme est le personnage le plus important de cette décade de rock, avec Jack White. Mais au fur et à mesure que l'album (et les morceaux) avancent, le tout devient plus complexe. Personne ne fait d'égotrip en envoyant un interminable solo de basse/batterie, mais au contraire, l'expérience et le talent des musiciens permettent de faire évoluer les mélodies dans des recoins insoupçonnés. Elephants le montre parfaitement, avec plus d'idées en 7 minutes que dans la plupart des albums de la décennie presque écoulée.

C'est d'ailleurs dans ce foisonnement d'idées qu'on pourrait - pourrait - trouver des reproches à l'album. Parfois, on a l'impression d'écouter trois gars qui font plus ou moins ce qu'ils veulent, et des morceaux peuvent donner l'impression d'aller nulle part. Question de point de vue, tout dépend de ce que l'on recherche quand on l'écoute, ce n'est pas Weezer, non plus. Homme, par exemple, varie nettement plus sa voix que d'habitude, chantant parfois très haut (le phénoménal Scumbag Blues) ou tellement bas qu'on jurerait entendre Mark Lanegan (Bandoliers, qui l'est tout autant). De même, alors que Homme et Grohl se cantonnent à leurs instruments de prédilection, Jones utilise plus ou moins tout ce qui passe devant lui, mandoline, claviers (Scumbag Blues, encore), slide, voire une sorte de keytar étrange alliant slide et kaoss pad. L'élément de folie du groupe est un mec de 63 ans.

Le groupe se fait donc plaisir, et heureusement, nous fait plaisir aussi. Bandoliers, un des tout grands moments de l'album, commence par un riff tellement évident qu'on croit l'avoir déjà entendu mille fois, avant que Jones ne domine le morceau avec une instrumentation vaguement Europe de l'Est, et carrément bizarre. C'est seulement maintenant que Them Crooked Vultures devient carrément étrange. Reptiles et sa slide guitar, mais surtout Interlude With Ludes, qui semble n'avoir aucun autre but que de faire un peu n'importe quoi. Pour une raison indescriptible, ça marche. Enfin, le quatuor final mérite toute notre attention.

Warsaw or the First Breath After You Give Up est un mégalithe de huit minutes à la rythmique imparable, marqué par un crescendo fantastique de Grohl et Jones, accompagné par la guitare de Homme, montrant que, malgré l'étiquette évident de supergroupe, TCV est vraiment un groupe (qui pense d'ailleurs déjà au second album) qui fonctionne comme tel. Ses membres sont juste plus expérimentés et talentueux que la moyenne, et surtout, ils n'ont pas d'objectif commercial pour un album qui, de toute façon, se vendra bien grâce à leur réputation. Le coquin Caligulove (Caligulove!) emmène encore plus l'album du côté de la folie, avec un solo de synthé assez dingue de JPJ. Gunman ne fait qu'enfoncer le clou, étant un morceau carrément dance, avec la voix de Homme trempée de reverb, et Grohl qui se prend pour une boîte à rythme technoïde. enfin, Spinning In Daffodils conclut l'album de manière intense et époustouflante de maîtrise.
66 minutes, c'est long, pas toujours justifié, mais il serait vraiment mal venu de se plaindre, tant l'album est excellent de bout en bout. Non, ce n'est pas un album révolutionnaire. Mais tant mieux : le rock n'est déjà pas en excellent état, alors, si la révolution devait venir d'un groupe dont les membres ont 36, 43 et 63 ans, on serait vraiment dans la merde. Them Crooked Vultures est fun, et ne veut pas inventer le futur. Ils se contentent d'en faire partie.

samedi 21 novembre 2009

Them Crooked Vultures - Them Crooked Vultures

Quelle immense déception. J'ai écouté cet album dès que j'ai pu, et pourtant... Des milliards de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, les Israéliens et Palestiniens ne s'aiment toujours pas beaucoup, l'armée US continue à s'entretuer et Creed existe toujours. Them Crooked Vultures a donc échoué dans sa quête de changer le monde pour toujours.
Non, mais sans rire, je sais que la critique est aisée, et que pas mal de gens ont la grande ambition de voir le reste du monde se planter, mais j'ai beaucoup de mal à comprendre les critiques négatives adressées à Them Crooked Vultures qui est un groupe composé de Josh Homme (Kyuss, Queens of the Stone Age), Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters) et John Paul Jones (Led Zeppelin). Vu les antécédents des trois membres (rejoints en concert par Alain Johannes), il était évident que les attentes seraient grandes. Mais il faut être un tantinet réaliste, it's only rock 'n roll and you should like it.
On a dit que la musique de Them Crooked Vultures ressemblait à Queens of the Stone Age. Vu qu'il est chanteur et guitariste, il est probable que Josh Homme soit le compositeur principal du groupe, et effectivement, pas mal de riffs peuvent faire penser à son "autre" groupe. Mais de toute façon, si c'est le cas, cet album comprend les meilleurs morceaux de Josh Homme depuis Songs for the Deaf, album-clé des années 2000 sur lequel apparaissait déjà un certain Dave Grohl.
Dave Grohl, on le sait, est un personnage qui peut rendre dubitatif. Son job principal en tant que leader des Foo Fighters n'aura jamais été vraiment satisfaisant, le succès du groupe étant inversement proportionnel à son intérêt. Par contre, dès qu'il se place derrière une batterie, on ne peut être qu'impressionné par sa rythmique et son expression : Dave Grohl (qui, après le Live in Reading de Nirvana et le Greatest Hits des Foo Fighters, sort trois albums en deux semaines) peut être un chanteur, un guitariste et un compositeur tout à fait décent, il est surtout un excellent batteur, et l'alchimie qui le lie à John Paul Jones est très impressionnante. Il suffisait de le voir lors des premiers concerts du groupe (j'ai assisté à leur troisième, au Pukkelpop) pour lire la joie sur son visage et le sourire d'une oreille à l'autre à l'idée de jouer avec son idole.
Et la musique, dans tout ça? Avec un tel pedigree, les trois vautours tordus auraient pu sortir un excellent album hard rock, fait de riffs perçants, de beats puissants et de basse ronflante. Ils l'ont fait, mais seulement en partie : l'album est clairement une récréation, 66 minutes pendant lesquelles les trois membres ont fait tout ce qu'ils voulaient. Alors que ce genre de trip égocentrique est généralement une très mauvaise idée, ici, ça marche quasi à chaque fois. No One Loves Me (And Neither Do I) commence l'album bizarrement et discrètement mais la voix étonnamment aiguë d'Homme laisse place à un riff tout droit sorti des doigts de Jimmy Page, évidemment. Ca fait très mal, et le duo Grohl-Jones ne font déjà plus qu'un.

Les premiers morceaux de l'album sont relativement classiques, emmenés par des riffs énormes, notamment celui (ou ceux) de Dead End Friends. Combien de musiciens vendraient leur carrière pour ce que Homme est capable de faire les yeux bandés, en dormant. Josh Homme est le personnage le plus important de cette décade de rock, avec Jack White. Mais au fur et à mesure que l'album (et les morceaux) avancent, le tout devient plus complexe. Personne ne fait d'égotrip en envoyant un interminable solo de basse/batterie, mais au contraire, l'expérience et le talent des musiciens permettent de faire évoluer les mélodies dans des recoins insoupçonnés. Elephants le montre parfaitement, avec plus d'idées en 7 minutes que dans la plupart des albums de la décennie presque écoulée.

C'est d'ailleurs dans ce foisonnement d'idées qu'on pourrait - pourrait - trouver des reproches à l'album. Parfois, on a l'impression d'écouter trois gars qui font plus ou moins ce qu'ils veulent, et des morceaux peuvent donner l'impression d'aller nulle part. Question de point de vue, tout dépend de ce que l'on recherche quand on l'écoute, ce n'est pas Weezer, non plus. Homme, par exemple, varie nettement plus sa voix que d'habitude, chantant parfois très haut (le phénoménal Scumbag Blues) ou tellement bas qu'on jurerait entendre Mark Lanegan (Bandoliers, qui l'est tout autant). De même, alors que Homme et Grohl se cantonnent à leurs instruments de prédilection, Jones utilise plus ou moins tout ce qui passe devant lui, mandoline, claviers (Scumbag Blues, encore), slide, voire une sorte de keytar étrange alliant slide et kaoss pad. L'élément de folie du groupe est un mec de 63 ans.

Le groupe se fait donc plaisir, et heureusement, nous fait plaisir aussi. Bandoliers, un des tout grands moments de l'album, commence par un riff tellement évident qu'on croit l'avoir déjà entendu mille fois, avant que Jones ne domine le morceau avec une instrumentation vaguement Europe de l'Est, et carrément bizarre. C'est seulement maintenant que Them Crooked Vultures devient carrément étrange. Reptiles et sa slide guitar, mais surtout Interlude With Ludes, qui semble n'avoir aucun autre but que de faire un peu n'importe quoi. Pour une raison indescriptible, ça marche. Enfin, le quatuor final mérite toute notre attention.

Warsaw or the First Breath After You Give Up est un mégalithe de huit minutes à la rythmique imparable, marqué par un crescendo fantastique de Grohl et Jones, accompagné par la guitare de Homme, montrant que, malgré l'étiquette évident de supergroupe, TCV est vraiment un groupe (qui pense d'ailleurs déjà au second album) qui fonctionne comme tel. Ses membres sont juste plus expérimentés et talentueux que la moyenne, et surtout, ils n'ont pas d'objectif commercial pour un album qui, de toute façon, se vendra bien grâce à leur réputation. Le coquin Caligulove (Caligulove!) emmène encore plus l'album du côté de la folie, avec un solo de synthé assez dingue de JPJ. Gunman ne fait qu'enfoncer le clou, étant un morceau carrément dance, avec la voix de Homme trempée de reverb, et Grohl qui se prend pour une boîte à rythme technoïde. enfin, Spinning In Daffodils conclut l'album de manière intense et époustouflante de maîtrise.
66 minutes, c'est long, pas toujours justifié, mais il serait vraiment mal venu de se plaindre, tant l'album est excellent de bout en bout. Non, ce n'est pas un album révolutionnaire. Mais tant mieux : le rock n'est déjà pas en excellent état, alors, si la révolution devait venir d'un groupe dont les membres ont 36, 43 et 63 ans, on serait vraiment dans la merde. Them Crooked Vultures est fun, et ne veut pas inventer le futur. Ils se contentent d'en faire partie.

vendredi 13 novembre 2009

Weezer - Raditude

J'emprunte la formule à Drowned In Sound : Weezer est le pire groupe à avoir enregistré deux excellents albums. Leur premier album (sans titre, pochette bleue) et Pinkerton sont deux des tout meilleurs albums des années 90, le premier par son alliage parfaite entre pop song et ce qu'on appelait rock alternatif, et le second par ses complexités et la personnalité torturée du leader Rivers Cuomo. La suite? Deux albums par moments brillants (le sans-titre vert, Maladroit) et deux infâmies (Make Believe, le sans-titre rouge). On avait du mal à espérer quoi que ce soit d'un Weezer qui n' a plus fait grand chose de bon depuis longtemps, et effectivement, on a bien ce dont on pensait. Voire pire.
Pourtant, le début passe pas trop mal. Comme premier extrait, If You're Wondering If I Want You To (I Want You To) ne passe pas trop mal, disons qu'il passe mieux que ses horribles prédécesseurs Beverly Hills et Pork and Beans. The Girl Got Hot et I'm Your Daddy continue la nouvelle traditions des morceaux assez gras, mais bon, vu les attentes très basses, on s'y fait pas trop mal. Mais ce n'était que partie remise.
Cuomo, dans Pork And Beans, parlait de son envie de travailler avec Timbaland. Il ne l'a pas fait (pas plus mal, finalement) mais s'est reposé sur Jermaine Dupri, avec qui il a composé ce qui ne saurait pas ne pas être le pire morceau de Weezer, Can't Stop Partying. Autotune, refrain débile, rap raté de Lil Wayne : j'ai entendu hier un morceau de David Guetta qui n'était pas pire. Cuomo a effectivement (ab)usé de co-compositeurs : outre Dupri sur deux morceaux, il a aussi écrit avec le producteur Jacknife Lee, Butch Walker ou deux All American Rejects. En fait, seuls trois morceaux sur dix n'ont pas eu d'apport extérieur, un ayant d'ailleurs été écrit par Pat Wilson, batteur depuis le début devenu guitariste (l'omniprésent Josh Freese prenant sa place derrière les futs). Pire : Love Is The Answer, un des morceaux de Cuomo, a d'abord été enregistré par Sugar Ray (SUGAR RAY!) avant de se retrouver ici. On se demande d'ailleurs ce qu'il y fait, avec son ambiance et voix stupidement bollywoodiennes.
Le reste de l'album n'arrange rien, et les festivités se terminent par une ballade bien naze. Enfin, ne se terminent pas forcément : comme d'habitude, Weezer a joué la carte de l'édition spéciale, ajoutant quatre morceaux tout aussi oubliables. Comme cet album, le troisième album nullissime consécutif de Weezer. Vraiment triste.