dimanche 28 juin 2009

Michael Jackson (1958-2009)

J'ai appris la mort de Michael Jackson en direct, en suivant l'info via twitter. Mon impression, deux jours après, n'a pas changé : c'est simplement irréel. Mais d'un autre côté, il n'y avait pas d'autre issue : pour que la légende soit à jamais définitive, il devait mourir brutalement, dans des circonstances qui resteront toujours douteuses. Les hagiographies et critiques cyniques n'ont pas manqué, et ne manqueront pas dans les prochains jours (et je suis très satisfait de ne pas regarder la TV : je n'y ai pas vu une seule image couvrant l'événement). Je vais simplement m'attacher à exprimer mon avis sur l'artiste Michael Jackson, probablement la personnalité la plus connue de l'histoire du show-business.



J'ai vu Jackson en concert une fois, à Ostende, lors de sa méga(lo) tournée HiStory (septembre 97), durant laquelle il avait érigé d'immenses statues de lui un peu partout en Europe. Le show était évidemment impressionnant, mais le son pourravissime (on était quand même dans un hippodrome) et il était impossible qu'il chante en live en dansant comme ça, la performance était partiellement fake. Je n'en ai pas gardé un souvenir imperissable, de plus, je me dois de le signaler : la carrière musicale de MJ est quand même sérieusement inégale.



Sa jeunesse, Jackson 5 et tout, franchement, je m'en fous. Les gosses exploités par leurs parents (ce qui peut facilement expliquer beaucoup de choses dans le comportement futur de Wacko Jacko), je n'ai pas envie de les écouter, surtout quand ils ont une voix suraiguë. ABC, I Want You Back et consorts, ça m'énerve. Par la suite, les choses s'arrangeront, et Can You Feel It reste un morceau funk tout à fait décent, sans atteindre le niveau des génies du genre. Parallèlement à son succès familial, Michael, clairement la star de la famille, allait sortir quelques albums solo qui ne m'ont jamais intéressé (même quand Pearl Jam a repris une partie de Ben pour leur morceau Rats). Il faudra attendre 1979 et Off The Wall pour que la mégastar devienne surhumaine. Seulement, et on ne le savait pas encore, il n'arriverait plus, en trente ans, à atteindre ce niveau : Off The Wall sera son meilleur album, titre éventuellement disputé par le suivant, Thriller. Il faut dire qu'il est excellent, truffé de dancefloor fillers comme Don't Stop Til You Get Enough, Rock With You ou Workin' Day And Night, ou de la somptueuse ballade She's Out Of My Life. Ce dernier morceau montre à quel point la voix de Jackson est exceptionnelle, même proche de la rupture.



À partir de là, la machine était lancée. Les 20 millions d'Off The Wall vendus ne seront pas grand chose comparés à la suite : Thriller (1982) et ses 109 millions (chiffre qui va certainement augmenter ces prochains jours) qui font de lui l'album le plus vendu de tout les temps. Il est d'ailleurs extrêmement probable qu'il le restera éternellement, vu que le concept même d'album est voué à disparaître. Thriller est un disque monstrueux, malgré sa pochette ridicule. Wanna Be Startin' Somethin' et son électro claustro ouvre l'album, qui enchaîne ce qui est sans doute la plus extraordinaire série de hits de l'histoire de la musique enregistrée : à un duo gentillet avec Paul McCartney suit en effet la triade fabuleuse Thriller / Beat It / Billie Jean. La caisse claire et basse de l'intro de ce dernier est indescriptible de perfection sonique. À partir de là, MJ ne pouvait que décliner, mais heureusement, cela se fera en douceur. Mais la chute sera progressive, et totalement irrémédiable.



Cinq ans après, l'attente était immense, les moyens aussi. Martin Scorsese réalise un film de 20 minutes illustrant le morceau-titre mais aussi le changement d'image de MJ : il devient Bad. L'album se vendra très bien, mais nettement moins que Thriller. La Jackomania est à son comble : neuf morceaux sur onze sortiront en single (dont quelques perles, I Just Can't Stop Loving You ou encore l'implacable Smooth Criminal), cinq seront n°1 aux USA, un fait unique à ce jour. Il tournera deux films promo (Captain EO pour Disney, Moonwalker), mais les ennuis allaient commencer. On s'interroge sur sa vie apparemment étrange, on se moque de son caisson d'oxygène et de ses remontées testiculaires dansantes. Leave Me Alone, le dernier morceau de l'album, parle de lui-même. Mais personne ne le fera jamais.



Alors que Jackson est devenu un phénomène qu'on pensait immortel, Dangerous allait faire mal, très mal. Sony voulait mettre à jour le son 80s de Jackson, et enrôla le producteur de l'époque, Teddy Riley. 30 millions de copies partirent, mais MJ perdit son âme. L'album est gonflé de partout, 77 minutes d'excès et de mauvais goût, tant musical (metal/funk/pop/rap/choeur/ballades écoeurantes/Stéphanie de Monaco) et visuel (des clips invraisemblables). L'exploitation commerciale dura deux ans et neuf singles. Le vent commençait à tourner, et Sony trouva une solution inédite : le prochain album serait double, et comprendrait un best of.



HiStory : Past, Present and Future Volume 1 est au moins aussi prétentieux que son titre. Le premier disque comprend quinze succès extrait des quatre albums Sony précédents (la sélection laissant parfois à désirer) et est suivi d'un second de quinze nouveaux, emmenés par le très casse-oreilles Scream, duo avec sister Janet, illustré par le clip le plus cher de l'histoire. Le reste? Un mix de ballades mièvres (You Are Not Alone, Stranger In Moscow) ou affreuses (Earth Song, malgré la bonne intention) et de morceaux plus enlevés, notamment marqués par la présence de guests, comme... Shaquille O'Neal. MJ est toujours fâché, et s'attaque au méchant juge qui veut le foutre en tôle (D.S) et aux tout aussi méchants journalistes (Scream, Tabloid Junkie). Il reprend aussi très mal Come Together, quelques années après avoir acheté les droits de plusieurs centaines de morceaux des Beatles, au nez et à la barbe de leurs compositeurs et ayant droits (il semble que le testament de MJ leur rendrait, on le saura dans quelque temps). Histoire de faire encore pire, l'album sera suivi par une plaque de remix et d'inédits médiocres, alors que le dernier album studio sorti de son vivant, Invincible, ne vaut même pas la peine qu'on lui accorde une phrase complète.



Depuis lors, la vache à lait fait sortir des compiles diverses et variées, mais semble incapable de pouvoir se concentrer sur de la nouvelle musique. Il est vrai que sa vie privée ne le poussait pas spécialement à composer tranquillement en studio. Gageons que d'ici quelques mois, on retrouvera miraculeusement des maquettes, histoire de sortir quelques albums posthumes à la Tupac Shakur. Sa dernière actualité, c'était son come back fracassant sur la scène : il devait jouer 10 fois sur la (très grande) scène de l'O2 Arena de Londres. Des promoteurs naturellement avides ont vite fait de quintupler (!) ces concerts, il semblait alors évident que Jackson n'aurait jamais été physiquement capable de tenir le coup.



On ne le saura jamais, comme on ne saura jamais si l'artiste Michael Jackson allait être capable, comme un de ses modèles, de provoquer sa résurrection. Ce qu'on sait, par contre, c'est l'importance immense de l'artiste pour son art, et pour la société en général. On ne citera que deux exemples : c'est son extraordinaire talent qui empêcha les médias US de ne pas diffuser ses chansons, ouvrant ainsi la porte aux artistes Afro-Américains, de même, il aura créé quelques ponts entre des genres musicaux jusque là séparés (dès le solo d'Eddie Van Halen dans Beat It).



Sa chute fut terrible, et sa grande période créatrice assez courte. Mais quand Michael Jackson était bon, il était extraordinaire.

vendredi 26 juin 2009

Spinnerette - Spinnerette

Un rapide recadrage : Brody Dalle, la chanteuse de Spinnerette, est l'ex-chanteuse des très punk Distillers, et l'ex-madame Tim "Rancid" Armstrong. Maintenant, elle est mariée à Josh Homme (Queens of the Stone Age), et donc, fait du QOTSA. Juste? Pas loin, en fait.

Spinnerette est censé être un nouveau groupe, mais aux membres très expérimentés : à Dalle s'ajoutent un autre ex-Distillers, Tony Bevilacqua (guitare) mais aussi Alain Johannes (QOTSA, Eleven) à la basse, et cette vieille branche trop rare de Jack Irons (Red Hot, Pearl Jam) derrière les fûts. Pas d'amateurisme, donc.

Ghetto Love, premier morceau, sonne effectivement plus QOTSA que nature, mais l'album est étonnament varié, avec comme point commun la voix de Brody, totalement inmanquable et inimitable. Elle peut irriter, certes, mais n'empêche, c'est elle qui porte Spinnerette sur ses épaules, d'ailleurs, vu que le groupe varie selon les tournées, on peut dire qu'elle est Spinnerette.


Et donc, l'album se passe tranquillement, sans coup d'éclat majeur mais sans baisse de régime. Et c'est là son principal défaut : on a rien vraiment à dire, c'est bien, mais sans plus, quoi. Brody s'essaie un peu aux beats dance (Baptism By Fire) et essaie de chanter (le joli Distorting The Code), mais tombe parfois dans le lourdaud (Sex Bomb, même si je n'oserais jamais dire ça à Josh). Pas mauvais, mais pas franchement intéressant non plus. Dommage.

Spinnerette - Spinnerette

Un rapide recadrage : Brody Dalle, la chanteuse de Spinnerette, est l'ex-chanteuse des très punk Distillers, et l'ex-madame Tim "Rancid" Armstrong. Maintenant, elle est mariée à Josh Homme (Queens of the Stone Age), et donc, fait du QOTSA. Juste? Pas loin, en fait.

Spinnerette est censé être un nouveau groupe, mais aux membres très expérimentés : à Dalle s'ajoutent un autre ex-Distillers, Tony Bevilacqua (guitare) mais aussi Alain Johannes (QOTSA, Eleven) à la basse, et cette vieille branche trop rare de Jack Irons (Red Hot, Pearl Jam) derrière les fûts. Pas d'amateurisme, donc.

Ghetto Love, premier morceau, sonne effectivement plus QOTSA que nature, mais l'album est étonnament varié, avec comme point commun la voix de Brody, totalement inmanquable et inimitable. Elle peut irriter, certes, mais n'empêche, c'est elle qui porte Spinnerette sur ses épaules, d'ailleurs, vu que le groupe varie selon les tournées, on peut dire qu'elle est Spinnerette.


Et donc, l'album se passe tranquillement, sans coup d'éclat majeur mais sans baisse de régime. Et c'est là son principal défaut : on a rien vraiment à dire, c'est bien, mais sans plus, quoi. Brody s'essaie un peu aux beats dance (Baptism By Fire) et essaie de chanter (le joli Distorting The Code), mais tombe parfois dans le lourdaud (Sex Bomb, même si je n'oserais jamais dire ça à Josh). Pas mauvais, mais pas franchement intéressant non plus. Dommage.

Sliver - Music is a Weapon


vendredi 19 juin 2009

Blur – Midlife : A Beginner’s Guide to Blur

Lors de la première vie de Blur, avant le récent et sensationnel retour de Graham Coxon, un Best Of était sorti, en 2000. Il avait été sévèrement critiqué, voire ridiculisé, car il ne comprenait que les gros succès du groupe, étant ainsi plus proche d'un Greatest Hits, et omettant ainsi énormément d'excellents morceaux d'album. Midlife (évidemment une opportunité d'encaisser du pognon sur le dos de leur tournée estivale, mais c'est comme ça que le business fonctionne, maintenant) corrige le tir, en modifiant drastiquement la liste des chansons.

Non seulement Midlife ajoute une quinzaine de morceaux, mais il en retire aussi sept, ce qui peut sembler étonnant. Néanmoins, malgré leur succès commercial, Country House et Charmless Man ne constituent pas vraiment des morceaux de choix, contrairement à To The End ou No Distance Left To Run, mais il fallait faire des choix. De même, pas d'inédits. On aurait sans doute pu racler les fonds de tiroirs, mais non, on a ici simplement 25 extraits déjà connus (et quelques versions alternatives). Enfin, les modifications ont sans doute aussi un but commercial, le pauvre gars qui avait déjà The Best Of a quelques bonnes raisons d'acquérir celui-ci. Même s'il est probable qu'il a depuis chopé d'une manière ou d'une autre la discographie du meilleur groupe anglais des années 90. L'album valant totalement la peine qu'on s'arrête à chaque morceau, voici donc le premier track-by-track de l'histoire de Music Box.

Beetlebum entame les affaires, avec un riff étonnant, même après 30 000 écoutes. Graham Coxon, je l'ai déjà dit maintes fois, est un guitariste absolument exceptionnel, et le prouve d'entrée, avec donc ce riff mais aussi un anti-solo époustouflant. Il est ici juxtaposé au premier gros succès du groupe, Girls and Boys, qui n'est finalement qu'un fantastique tube ironique qui explicite très bien un des thèmes dominants de Blur (même si cela concerne surtout leurs quatre premiers albums), une observation de la société qui n'a sans doute d'équivalent que chez Morrissey. For Tomorrow tombe d'ailleurs exactement dans le thème, on regrettera juste qu'il est présent dans une version alternative un peu traînaillante.

Retour au Royaume de Saint Coxon, avec Coffee + TV, single qu'il chante lui-même. C'est non seulement un moment important dans sa carrière (ses albums solo le prouvaient, et le prouveront encore ensuite) mais aussi le morceau le plus catchy et accessible de 13. Est-ce la peine de dire que son solo de guitare, qui rappelle J Mascis et Thurston Moore, est impeccable? Le final a maintenant un goût particulier : "We can start all over again". Ensuite, Out of Time est justement un des deux morceaux sans Coxon, extrait de Think Tank. Coxon avait quitté (avec fracas) le groupe pendant l'enregistrement de celui-ci, avant de revenir au bercail cette année. Influencé par les expériences africaines de Damon Albarn, Out of Time a totalement sa place sur l'album.

Un des grands intérêts de Midlife, c'est d'inclure des extraits d'albums, et pas seulement des singles. Premier exemple, Blue Jeans, un des meilleurs extraits de Modern Life Is Rubbish, dont le refrain est exactement parfait. Désolé de remettre de l'huile sur ce vieux truc, mais le jour où un Gallagher fera ça... Song 2. Gimmick, mais tellement efficace. Bon exemple du jeu de basse d'Alex James, parce qu'aussi étrangement que cela puisse paraître, le boom du refrain vient principalement de la "lead bass". Pas leur plus grand morceau mais peut-être leur plus connu, surtout aux USA. Ben oui, 2 minutes d'attention,et tout ça, ça marchait super bien aux matches de hockey. L'album est vraiment bien compilé, car après Song 2 arrive Bugman, aux paroles tout aussi obliques et à la disto puissante, cette fois sur la guitare. Excellente illustration de l'expérimentation de 13, je ne m'attendais pas à le trouver ici, surtout qu'après trois minutes, le morceau part dans tous les sens sans jamais revenir à la mélodie de départ.

Autre surprise, He Thought of Cars. The Great Escape, malgré son succès, est le mal aimé dans la disco de Blur. Trop cohérent (!), trop proche de Parklife (leur précédent, et premier gros succès), et sans doute pas assez mémorable. La compile réussit pourtant à extraire trois morceaux excellents, dont celui-ci, parfait représentant du ton tragico-mélancolique de l'album. Gros choc sur le morceau suivant. Death of a Party montrait le début de la phase expérience de Blur, qui allait connaître son paroxysme avec 13. Le morceau est non seulement compris ici (autre surprise) mais dans une version différente, encore plus étrange et supérieure à la version sur Blur. Fantastique morceau, et jusqu'ici, Midlife fait un sans faute.

L'ambiance change de nouveau avec la mégaballade The Universal, qui rappelle à jamais son clip ambiance Orange Mécanique. Une des plus délicates oeuvres jamais mises en musique, The Universal donne envie de rire et de pleurer en même temps, ce qui, vu le thème, est exactement ce qui était voulu. It really, really could happen. And it did happen, si l'on continue la relecture des paroles. Toujours sans transition, on passe à un extrait (le premier, et un des deux) de Leisure, le premier album. Sing, qui se trouve aussi sur la BO du très 90s Trainspotting montre la face shoegaze des débuts d'un groupe qui se cherchait. Pas exactement convaincant, mais il fallait l'inclure, au moins pour le refrain déjà très albarnesque. Enfin, le premier cd se termine avec l'emblématique This Is A Low, candidat classique au titre de meilleur chanson de Blur ou des 90s en général. Des paroles romantiques sur une Angleterre qui ne subissait pas encore Pete Doherty, et surtout, un solo de guitare totalement légendaire. Ainsi se clôture la première moitié de Midlife, probablement le disque le plus exceptionnel qu'il m'ait été donné d'entendre. Tout simplement.

La seconde partie est moins percutante, c'est vrai. Mais elle ne comprend évidemment pas de mauvais morceaux, même si on commence à regretter l'une ou l'autre absence...

Tender. Premier extrait de 13, et single totalement bizarre pour le Blur de l'époque, même si Blur aurait du nous mettre sur la voie. Choeurs gospel, backing vocals à fleur de peau de Coxon, c'est une superbe intro pour 13, et aussi pour ce disque. She's So High est le tout premier single du groupe, et dès les premiers accords, on pouvait déjà déceler que quelque chose de spécial allait se passer. C'est aussi le dernier extrait de Leisure, puisque There's No Other Way n'a pas été repris. Ensuite arrive un nouvel extrait de Modern Life Is Rubbish, Chemical World. Même si le morceau est assez bien considéré, je ne l'ai jamais trop apprécié. Mais c'est vraiment une question de détails. Un autre extrait de Think Tank (le second sans Coxon, donc) suit, et c'est le très sympathique Good Song. Excellent morceau, mais on sent que depuis Tender, le niveau a peut-être un peu diminué. Mais Albarn n'a sans doute jamais chanté aussi bien ("you seem very beautiful to me..."). Coxon ou pas, Think Tank, quand il est bon, est vraiment bon. Parklife, pour moi, n'a jamais été autre chose qu'un morceau gimmick, une suralbionisation Britpop racontée par Phil Daniels. Il devait être sur l'album, clairement, mais ce n'est pas leur morceau le plus glorieux.

Les apparitions successives d'Advert (Modern Life Is Rubbish) et Popscene (standalone single entre les deux premiers albums) attirent l'attention sur ce qui est un (petit) défaut de Midlife : il ne donne pas assez d'exemples de morceaux punk/rapides/funs dont Blur truffait ses albums. Les exemples ne manquaient pourtant pas : Bank Holiday, Chinese Bombs, Movin' On, B.L.U.R.E.M.I., ... Peut-être pas les meilleurs morceaux du groupe, mais un de plus aurait été bienvenu (et n'aurait pas occupé beaucoup de place). Mais mention spéciale pour avoir pensé à inclure le sautillant Popscene, dont c'est la première apparition sur un cd facilement accessible. Stereotypes conclut de belle manière la trilogie The Great Escape avec un morceau sympa, grâce au riff crunchy de Coxon.

On arrive petit à petit à la fin de l'album, et les quatre derniers morceaux sont tous des album tracks, aucun single. Etonnant, mais Midlife prend quelques risques, et c'est très bien comme ça. Trimm Trabb est un des morceaux les plus accessibles de 13, et gagne facilement sa place. Empruntant son nom à des vieilles shoes Adidas, il était parfois préfacé par Albarn chantonnant l'acronyme bien connu "All Day I Dream About Sex". Un des meilleurs extraits de ce qui est sans doute mon album préféré de Blur. Riff entêtant qui se développe lentement, sans avoir peur de faire du bruit. Bad Head est une autre surprise, extrait peu connu mais méritant de Parklife, alors que c'est Strange News From Another Star qui termine de représenter Blur. Très étonnant, mais justifiable. Enfin, Battery In Your Leg, seul Think Tank sur lequel a joué Coxon termine de magnifique manière l'album, tout en prouvant à quel point il est inimitable. Au début, je me demandais pourquoi No Distance Left To Run ne le faisait pas, mais BIYL est plus intéressant, et surtout nettement moins sinistre : comme le titre de la compilation le laisse entendre, les jeux ne sont pas finis pour Blur, on se devait donc de terminer par une note optimiste.

Vous l'aurez compris, Midlife est une merveille totale, et j'aurais vraiment envie d'être la personne qui découvre Blur via cet album, le beginner du sous-titre, qui va ensuite écouter chaque album, et trouver son ou ses préférés. En écoutant Midlife, malgré ses petits défauts (dont un second disque un peu en deçà), on a envie de considérer Blur comme le meilleur groupe anglais des années 90. Et je pense qu'on aurait même raison.

Blur - Midlife : A Beginner's Guide to Blur

Lors de la première vie de Blur, avant le récent et sensationnel retour de Graham Coxon, un Best Of était sorti, en 2000. Il avait été sévèrement critiqué, voire ridiculisé, car il ne comprenait que les gros succès du groupe, étant ainsi plus proche d'un Greatest Hits, et omettant ainsi énormément d'excellents morceaux d'album. Midlife (évidemment une opportunité d'encaisser du pognon sur le dos de leur tournée estivale, mais c'est comme ça que le business fonctionne, maintenant) corrige le tir, en modifiant drastiquement la liste des chansons.

Non seulement Midlife ajoute une quinzaine de morceaux, mais il en retire aussi sept, ce qui peut sembler étonnant. Néanmoins, malgré leur succès commercial, Country House et Charmless Man ne constituent pas vraiment des morceaux de choix, contrairement à To The End ou No Distance Left To Run, mais il fallait faire des choix. De même, pas d'inédits. On aurait sans doute pu racler les fonds de tiroirs, mais non, on a ici simplement 25 extraits déjà connus (et quelques versions alternatives). Enfin, les modifications ont sans doute aussi un but commercial, le pauvre gars qui avait déjà The Best Of a quelques bonnes raisons d'acquérir celui-ci. Même s'il est probable qu'il a depuis chopé d'une manière ou d'une autre la discographie du meilleur groupe anglais des années 90. L'album valant totalement la peine qu'on s'arrête à chaque morceau, voici donc le premier track-by-track de l'histoire de Music Box.

Beetlebum entame les affaires, avec un riff étonnant, même après 30 000 écoutes. Graham Coxon, je l'ai déjà dit maintes fois, est un guitariste absolument exceptionnel, et le prouve d'entrée, avec donc ce riff mais aussi un anti-solo époustouflant. Il est ici juxtaposé au premier gros succès du groupe, Girls and Boys, qui n'est finalement qu'un fantastique tube ironique qui explicite très bien un des thèmes dominants de Blur (même si cela concerne surtout leurs quatre premiers albums), une observation de la société qui n'a sans doute d'équivalent que chez Morrissey. For Tomorrow tombe d'ailleurs exactement dans le thème, on regrettera juste qu'il est présent dans une version alternative un peu traînaillante.

Retour au Royaume de Saint Coxon, avec Coffee + TV, single qu'il chante lui-même. C'est non seulement un moment important dans sa carrière (ses albums solo le prouvaient, et le prouveront encore ensuite) mais aussi le morceau le plus catchy et accessible de 13. Est-ce la peine de dire que son solo de guitare, qui rappelle J Mascis et Thurston Moore, est impeccable? Le final a maintenant un goût particulier : "We can start all over again". Ensuite, Out of Time est justement un des deux morceaux sans Coxon, extrait de Think Tank. Coxon avait quitté (avec fracas) le groupe pendant l'enregistrement de celui-ci, avant de revenir au bercail cette année. Influencé par les expériences africaines de Damon Albarn, Out of Time a totalement sa place sur l'album.

Un des grands intérêts de Midlife, c'est d'inclure des extraits d'albums, et pas seulement des singles. Premier exemple, Blue Jeans, un des meilleurs extraits de Modern Life Is Rubbish, dont le refrain est exactement parfait. Désolé de remettre de l'huile sur ce vieux truc, mais le jour où un Gallagher fera ça... Song 2. Gimmick, mais tellement efficace. Bon exemple du jeu de basse d'Alex James, parce qu'aussi étrangement que cela puisse paraître, le boom du refrain vient principalement de la "lead bass". Pas leur plus grand morceau mais peut-être leur plus connu, surtout aux USA. Ben oui, 2 minutes d'attention,et tout ça, ça marchait super bien aux matches de hockey. L'album est vraiment bien compilé, car après Song 2 arrive Bugman, aux paroles tout aussi obliques et à la disto puissante, cette fois sur la guitare. Excellente illustration de l'expérimentation de 13, je ne m'attendais pas à le trouver ici, surtout qu'après trois minutes, le morceau part dans tous les sens sans jamais revenir à la mélodie de départ.

Autre surprise, He Thought of Cars. The Great Escape, malgré son succès, est le mal aimé dans la disco de Blur. Trop cohérent (!), trop proche de Parklife (leur précédent, et premier gros succès), et sans doute pas assez mémorable. La compile réussit pourtant à extraire trois morceaux excellents, dont celui-ci, parfait représentant du ton tragico-mélancolique de l'album. Gros choc sur le morceau suivant. Death of a Party montrait le début de la phase expérience de Blur, qui allait connaître son paroxysme avec 13. Le morceau est non seulement compris ici (autre surprise) mais dans une version différente, encore plus étrange et supérieure à la version sur Blur. Fantastique morceau, et jusqu'ici, Midlife fait un sans faute.

L'ambiance change de nouveau avec la mégaballade The Universal, qui rappelle à jamais son clip ambiance Orange Mécanique. Une des plus délicates oeuvres jamais mises en musique, The Universal donne envie de rire et de pleurer en même temps, ce qui, vu le thème, est exactement ce qui était voulu. It really, really could happen. And it did happen, si l'on continue la relecture des paroles. Toujours sans transition, on passe à un extrait (le premier, et un des deux) de Leisure, le premier album. Sing, qui se trouve aussi sur la BO du très 90s Trainspotting montre la face shoegaze des débuts d'un groupe qui se cherchait. Pas exactement convaincant, mais il fallait l'inclure, au moins pour le refrain déjà très albarnesque. Enfin, le premier cd se termine avec l'emblématique This Is A Low, candidat classique au titre de meilleur chanson de Blur ou des 90s en général. Des paroles romantiques sur une Angleterre qui ne subissait pas encore Pete Doherty, et surtout, un solo de guitare totalement légendaire. Ainsi se clôture la première moitié de Midlife, probablement le disque le plus exceptionnel qu'il m'ait été donné d'entendre. Tout simplement.

La seconde partie est moins percutante, c'est vrai. Mais elle ne comprend évidemment pas de mauvais morceaux, même si on commence à regretter l'une ou l'autre absence...

Tender. Premier extrait de 13, et single totalement bizarre pour le Blur de l'époque, même si Blur aurait du nous mettre sur la voie. Choeurs gospel, backing vocals à fleur de peau de Coxon, c'est une superbe intro pour 13, et aussi pour ce disque. She's So High est le tout premier single du groupe, et dès les premiers accords, on pouvait déjà déceler que quelque chose de spécial allait se passer. C'est aussi le dernier extrait de Leisure, puisque There's No Other Way n'a pas été repris. Ensuite arrive un nouvel extrait de Modern Life Is Rubbish, Chemical World. Même si le morceau est assez bien considéré, je ne l'ai jamais trop apprécié. Mais c'est vraiment une question de détails. Un autre extrait de Think Tank (le second sans Coxon, donc) suit, et c'est le très sympathique Good Song. Excellent morceau, mais on sent que depuis Tender, le niveau a peut-être un peu diminué. Mais Albarn n'a sans doute jamais chanté aussi bien ("you seem very beautiful to me..."). Coxon ou pas, Think Tank, quand il est bon, est vraiment bon. Parklife, pour moi, n'a jamais été autre chose qu'un morceau gimmick, une suralbionisation Britpop racontée par Phil Daniels. Il devait être sur l'album, clairement, mais ce n'est pas leur morceau le plus glorieux.

Les apparitions successives d'Advert (Modern Life Is Rubbish) et Popscene (standalone single entre les deux premiers albums) attirent l'attention sur ce qui est un (petit) défaut de Midlife : il ne donne pas assez d'exemples de morceaux punk/rapides/funs dont Blur truffait ses albums. Les exemples ne manquaient pourtant pas : Bank Holiday, Chinese Bombs, Movin' On, B.L.U.R.E.M.I., ... Peut-être pas les meilleurs morceaux du groupe, mais un de plus aurait été bienvenu (et n'aurait pas occupé beaucoup de place). Mais mention spéciale pour avoir pensé à inclure le sautillant Popscene, dont c'est la première apparition sur un cd facilement accessible. Stereotypes conclut de belle manière la trilogie The Great Escape avec un morceau sympa, grâce au riff crunchy de Coxon.

On arrive petit à petit à la fin de l'album, et les quatre derniers morceaux sont tous des album tracks, aucun single. Etonnant, mais Midlife prend quelques risques, et c'est très bien comme ça. Trimm Trabb est un des morceaux les plus accessibles de 13, et gagne facilement sa place. Empruntant son nom à des vieilles shoes Adidas, il était parfois préfacé par Albarn chantonnant l'acronyme bien connu "All Day I Dream About Sex". Un des meilleurs extraits de ce qui est sans doute mon album préféré de Blur. Riff entêtant qui se développe lentement, sans avoir peur de faire du bruit. Bad Head est une autre surprise, extrait peu connu mais méritant de Parklife, alors que c'est Strange News From Another Star qui termine de représenter Blur. Très étonnant, mais justifiable. Enfin, Battery In Your Leg, seul Think Tank sur lequel a joué Coxon termine de magnifique manière l'album, tout en prouvant à quel point il est inimitable. Au début, je me demandais pourquoi No Distance Left To Run ne le faisait pas, mais BIYL est plus intéressant, et surtout nettement moins sinistre : comme le titre de la compilation le laisse entendre, les jeux ne sont pas finis pour Blur, on se devait donc de terminer par une note optimiste.

Vous l'aurez compris, Midlife est une merveille totale, et j'aurais vraiment envie d'être la personne qui découvre Blur via cet album, le beginner du sous-titre, qui va ensuite écouter chaque album, et trouver son ou ses préférés. En écoutant Midlife, malgré ses petits défauts (dont un second disque un peu en deçà), on a envie de considérer Blur comme le meilleur groupe anglais des années 90. Et je pense qu'on aurait même raison.

dimanche 14 juin 2009

Sonic Youth - The Eternal


Que peut-on encore prouver quand on est un groupe légendaire, qui a influencé des générations d'indierockers (ils sont d'ailleurs maintenant chez Matador), et qu'on sort son seizième album (sans compter les EP et albums expérimentaux)? Rien, si ce n'est démontrer qu'on a raison de continuer, et qu'on ne fait pas partie de ces groupes qui auraient du se séparer depuis des années. Sonic Youth n'en fait pas partie, et une fois de plus, The Eternal est un album de grande qualité, avec tous les éléments habituels des derniers SY : accessibles, pas trop expérimentaux mais toujours inimitables. The Eternal suit donc les pas de Sonic Nurse et Rather Ripped, en mixant passages mélodiques avec instrumentation spatiale, chant de Kim Gordon avec celui de Thurston Moore (avec un peu de Lee Ranaldo). En fait, c'est peut-être leur album le plus accessible : Sacred Trickster dure moins de trois minutes, pendant lesquelles tout est dit. Antenna est très joli, Calming The Snake un peu plus punk en attitude alors que Thunderclap For Bobby Pyn est presque pop. C'est alors qu'on pense à Be Your Own Pet, déjà regretté groupe de Nashville emmené par une chanteuse blonde un peu cinglée et au penchant pour le bruit peu consensuel. BYOP, qui était signé sur Ecstatic Peace, le label de Thurston Moore. BYOP, qui est maintenant définitivement un grand groupe, parce que être comparé à Sonic Youth, c'est une chose, mais le contraire est déjà nettement plus surprenant. C'est pourtant à eux qu'on pense partiellement en entendant Sacred Trickster, Thunderclap ou No Way. Mais évidemment, Ranaldo et Moore sont des dieux vivants de la guitare, et leur jeu stupéfiant dégouline de chaque morceau. Comme chaque album du Youth (ou de Dinosaur Jr, par exemple), The Eternal est un long orgasme pour quiconque apprécie les sons de la guitare électrique, et qui se saigneraient les veines pour s'offrir les toutes nouvelles Fender Jazzmaster Signature Series de Moore et Ranaldo. Alors, c'est vrai, après seize albums, Sonic Youth ne se réinvente pas, et ne semble toujours pas vouloir (être capable de?) écrire une vraie chanson. Ils ne sont plus vraiment nécessaire dans le paysage contemporain, mais ils ont la grande décence de refuser d'être mauvais. Ce qui est important à souligner.

Sonic Youth - The Eternal


Que peut-on encore prouver quand on est un groupe légendaire, qui a influencé des générations d'indierockers (ils sont d'ailleurs maintenant chez Matador), et qu'on sort son seizième album (sans compter les EP et albums expérimentaux)? Rien, si ce n'est démontrer qu'on a raison de continuer, et qu'on ne fait pas partie de ces groupes qui auraient du se séparer depuis des années. Sonic Youth n'en fait pas partie, et une fois de plus, The Eternal est un album de grande qualité, avec tous les éléments habituels des derniers SY : accessibles, pas trop expérimentaux mais toujours inimitables. The Eternal suit donc les pas de Sonic Nurse et Rather Ripped, en mixant passages mélodiques avec instrumentation spatiale, chant de Kim Gordon avec celui de Thurston Moore (avec un peu de Lee Ranaldo). En fait, c'est peut-être leur album le plus accessible : Sacred Trickster dure moins de trois minutes, pendant lesquelles tout est dit. Antenna est très joli, Calming The Snake un peu plus punk en attitude alors que Thunderclap For Bobby Pyn est presque pop. C'est alors qu'on pense à Be Your Own Pet, déjà regretté groupe de Nashville emmené par une chanteuse blonde un peu cinglée et au penchant pour le bruit peu consensuel. BYOP, qui était signé sur Ecstatic Peace, le label de Thurston Moore. BYOP, qui est maintenant définitivement un grand groupe, parce que être comparé à Sonic Youth, c'est une chose, mais le contraire est déjà nettement plus surprenant. C'est pourtant à eux qu'on pense partiellement en entendant Sacred Trickster, Thunderclap ou No Way. Mais évidemment, Ranaldo et Moore sont des dieux vivants de la guitare, et leur jeu stupéfiant dégouline de chaque morceau. Comme chaque album du Youth (ou de Dinosaur Jr, par exemple), The Eternal est un long orgasme pour quiconque apprécie les sons de la guitare électrique, et qui se saigneraient les veines pour s'offrir les toutes nouvelles Fender Jazzmaster Signature Series de Moore et Ranaldo. Alors, c'est vrai, après seize albums, Sonic Youth ne se réinvente pas, et ne semble toujours pas vouloir (être capable de?) écrire une vraie chanson. Ils ne sont plus vraiment nécessaire dans le paysage contemporain, mais ils ont la grande décence de refuser d'être mauvais. Ce qui est important à souligner.

mercredi 10 juin 2009

Faith No More – The Very Best Definitive Ultimate Greatest Hits Collection

Cette année, nouveauté : en plus des traditionnelles compiles de Noël, on doit aussi se taper celles des groupes récemment reformés qui tournent cet été. Les deux gros noms sont Blur, avec le double Midlife, qui sort la semaine prochaine et qui est nettement, nettement supérieur au Best Of et Faith No More, qui nous sort ici une sixième compile en 10 ans, d'où le titre auto-ironique.

Même si Blur (on reviendra sur la compile, bien sûr) a souvent été considéré comme un groupe de singles, nombre de leurs meilleurs morceaux se trouvaient cachés entre deux hits. Faith No More n'a pas vraiment eu de hits majeurs, de plus, leurs albums étant généralement tellement éclatés et carrément bizarres que sortir des extraits d'un tout semble incongru. C'est sans doute pour cela que malgré les efforts (six compiles, donc), aucune n'est vraiment satisfaisante.

Celle-ci n'est pas la pire, comprenant dix-huit (excellents, évidemment) morceaux dans un ordre vaguement chronologique. On se demande bien où se trouve The Gentle Art of Making Enemies, mais bizarrement, il manquait déjà à l'appel de la triple anthologie The Works. On conseillera donc au néophyte d'essayer cette compile ou les deux autres décentes (Who Cares A Lot? ou This Is It, les deux restantes étant absolument à éviter), et ensuite d'aller vers les albums studio, seuls témoins valables du caractère exceptionnel de Faith No More.

Petite déception, par contre, pour le second cd, de "raretés". En effet, la majeure partie de celui-ci est constitué de faces B et morceau live qui se trouvaient déjà sur le second cd de Who Cares a Lot. Les deux seules nouveautés sont Sweet Emotion et New Improved Song, jusqu'ici inédite sur sortie commerciale. Il n'empêche, ces morceaux restent tous excellents (mention spéciale à Absolute Zero) et Das Schutzenfest est toujours aussi fantastiquement ridicule.

Une compilation obligatoire, vu le retour du groupe, mais si elle peut servir à aiguiller le plus de monde possible vers les albums, alors, tant mieux : Faith No More le mérite amplement.

mardi 9 juin 2009

Faith No More - The Very Best Definitive Ultimate Greatest Hits Collection

Cette année, nouveauté : en plus des traditionnelles compiles de Noël, on doit aussi se taper celles des groupes récemment reformés qui tournent cet été. Les deux gros noms sont Blur, avec le double Midlife, qui sort la semaine prochaine et qui est nettement, nettement supérieur au Best Of et Faith No More, qui nous sort ici une sixième compile en 10 ans, d'où le titre auto-ironique.

Même si Blur (on reviendra sur la compile, bien sûr) a souvent été considéré comme un groupe de singles, nombre de leurs meilleurs morceaux se trouvaient cachés entre deux hits. Faith No More n'a pas vraiment eu de hits majeurs, de plus, leurs albums étant généralement tellement éclatés et carrément bizarres que sortir des extraits d'un tout semble incongru. C'est sans doute pour cela que malgré les efforts (six compiles, donc), aucune n'est vraiment satisfaisante.

Celle-ci n'est pas la pire, comprenant dix-huit (excellents, évidemment) morceaux dans un ordre vaguement chronologique. On se demande bien où se trouve The Gentle Art of Making Enemies, mais bizarrement, il manquait déjà à l'appel de la triple anthologie The Works. On conseillera donc au néophyte d'essayer cette compile ou les deux autres décentes (Who Cares A Lot? ou This Is It, les deux restantes étant absolument à éviter), et ensuite d'aller vers les albums studio, seuls témoins valables du caractère exceptionnel de Faith No More.

Petite déception, par contre, pour le second cd, de "raretés". En effet, la majeure partie de celui-ci est constitué de faces B et morceau live qui se trouvaient déjà sur le second cd de Who Cares a Lot. Les deux seules nouveautés sont Sweet Emotion et New Improved Song, jusqu'ici inédite sur sortie commerciale. Il n'empêche, ces morceaux restent tous excellents (mention spéciale à Absolute Zero) et Das Schutzenfest est toujours aussi fantastiquement ridicule.

Une compilation obligatoire, vu le retour du groupe, mais si elle peut servir à aiguiller le plus de monde possible vers les albums, alors, tant mieux : Faith No More le mérite amplement.

samedi 6 juin 2009

Placebo - Battle For The Sun


C'est qu'il s'accroche,le ptit Brian. Après trois albums en demi-teinte (pour être gentil), il n'a toujours pas décidé de raccrocher. Mieux (?), il a viré le batteur pour prendre une sorte de Travis Barker blond, et s'est apparemment payé quelques implants capillaires. Et il est heureux, Brian. Battle for the Sun est leur album "heureux", c'est en tout cas ce qu'il raconte dans chaque interview. Cela semble terriblement stéréotypé, mais voilà encore quelqu'un qui était nettement meilleur quand il ne l'était pas, heureux. Battle for the Sun continue la lente pente descendante commencée avec Black Market Music sans être spécialement pire que les deux précédents (ou peut-être bien que si, je ne m'en souviens plus).

Quoi de nouveau? Moins de guitares acérées, plus de synthés qui sonnent parfois sympathiquement comme une vieille Nintendo. Des refrains "infectieux" (ce qui est censé être bien, mais personne n'a envie de se choper la grippe molkienne), comme celui, en espagnol, d'Ashtray Heart et parfois un peu d'originalité, comme le sombre rythme de Battle for the Sun, qui fait penser (un tout petit peu, au début) à Pure Morning. A part ça, tout est oublié après une écoute, et c'est bien dommage. Mais qui a encore envie d'entendre Molko ruminer dans son nez des mauvaises rimes à la killer/lover/brother?

On sauvera peut-être du lot le single For What It's Worth, single assez décent et le dancepunk 2002 Breath Underwater. Mais sinon, le groupe est bien loin de celui qui a produit Without You I'm Nothing, où la voix, déjà énervante, de Molko était sauvée par des compos excellentes et une énergie stupéfiante. Maintenant, c'est juste un vieux groupe de cons ramollis.

Placebo - Battle For The Sun


C'est qu'il s'accroche,le ptit Brian. Après trois albums en demi-teinte (pour être gentil), il n'a toujours pas décidé de raccrocher. Mieux (?), il a viré le batteur pour prendre une sorte de Travis Barker blond, et s'est apparemment payé quelques implants capillaires. Et il est heureux, Brian. Battle for the Sun est leur album "heureux", c'est en tout cas ce qu'il raconte dans chaque interview. Cela semble terriblement stéréotypé, mais voilà encore quelqu'un qui était nettement meilleur quand il ne l'était pas, heureux. Battle for the Sun continue la lente pente descendante commencée avec Black Market Music sans être spécialement pire que les deux précédents (ou peut-être bien que si, je ne m'en souviens plus).

Quoi de nouveau? Moins de guitares acérées, plus de synthés qui sonnent parfois sympathiquement comme une vieille Nintendo. Des refrains "infectieux" (ce qui est censé être bien, mais personne n'a envie de se choper la grippe molkienne), comme celui, en espagnol, d'Ashtray Heart et parfois un peu d'originalité, comme le sombre rythme de Battle for the Sun, qui fait penser (un tout petit peu, au début) à Pure Morning. A part ça, tout est oublié après une écoute, et c'est bien dommage. Mais qui a encore envie d'entendre Molko ruminer dans son nez des mauvaises rimes à la killer/lover/brother?

On sauvera peut-être du lot le single For What It's Worth, single assez décent et le dancepunk 2002 Breath Underwater. Mais sinon, le groupe est bien loin de celui qui a produit Without You I'm Nothing, où la voix, déjà énervante, de Molko était sauvée par des compos excellentes et une énergie stupéfiante. Maintenant, c'est juste un vieux groupe de cons ramollis.