dimanche 26 septembre 2010

Manic Street Preachers - Postcards from a Young Man

Nicholas Jones, alias Nicky Wire, est le bassiste des Manic Street Preachers et leur principal auteur. Il en est aussi le porte-parole, et depuis que le groupe existe, elle a été très bien portée, la parole. On pourrait écrire un bouquin rien qu'avec des extraits d'interviews, ou ses éclats de voix sur scène. Il avait déclaré, lors de la sortie de l'excellent Journal for Plague Lovers, que ce n'était pas vraiment le nouveau Manics, vu qu'il était entièrement construit à partir de paroles écrites par Richey Edwards, disparu il y a maintenant quinze ans. Postcards from a Young Man, par contre, est bien la suite de Send Away the Tigers. C'est aussi, et surtout, "leur dernière tentative de communication de masse".


C'est tout Wire, ça : un côté sombre, farouchement indie et contestataire, et un autre populaire sans jamais être populiste. Leur ambition de départ, il est vrai, était de vendre le plus d'exemplaires possible de leur début Generation Terrorists (1992) avant de se séparer. Les Manics ont toujours fonctionné par réaction : le nihilisme de The Holy Bible suivi du rock ample de Everything Must Go, le gros succès commercial de This Is My Truth Tell Me Yours suivi de l'incohérent Know Your Enemy, lui-même suivi de l'insipide et impersonnel Lifeblood. Postcards, quant à lui, fait donc suite au sec Journal for Plague Lovers : on remplace Albini par un orchestre, en gros.


Et ils y ont mis le paquet : l'album est truffé de hits en puissance, de cordes, de choeurs gospels, et même de guest stars, avec John Cale (Velvet Underground et héros gallois), Duff McKagan (Guns 'N Roses), et Ian McCulloch (Echo & The Bunnymen). Le plus fou, dans tout cela, c'est que les Manics sont probablement le seul groupe au monde à pouvoir y arriver tout en restant crédibles artistiquement, parce que, l'effet de surprise passé, Postcards est un bien bon album.


Evidemment, comme toujours avec les Gallois, il faut garder quelques clés d'écoute en tête. Par exemple, on ne doit pas être trop sarcastique en écoutant l'ouverture de l'album, qui est aussi le premier single : It's Not War (Just The End of Love) est tellement catchy qu'il en est proche du pastiche, surtout quand James Dean Bradfield fait rimer "love" et "enough". Le morceau-titre suit, hurle "hit single" et balance un choeur gospel, des cordes, une batterie militaire, du piano, et j'en passe. Bradfield est dans son élément, donnant libre cours à sa voix de ténor, qui, cette fois, n'est plus bridée par les mots avec plein de syllabes écrits par Edwards. Je me moque, certes, mais il faut le faire, pour écrire et jouer des trucs aussi bien foutus. Si U2 essayait seulement Some Kind of Nothingness, on leur balancerait à la gueule des shoes fair trade faites par des gosses chinois, mais ici, ça marche. Bradfield, McCulloch, et un choeur gospel? Il fallait le trouver, et c'est fait.


Hazelton Avenue, nommé d'après une artère de Toronto, aurait, selon Wire, le meilleur riff du groupe depuis Motorcycle Emptiness. Il est effectivement ultra-catchy, tant que personne ne remarque qu'il ressemble à It Ain't Over Til It's Over, en quand même plus classe. Une fois de plus, et c'est le cas de quasi chaque morceau de l'album, le refrain rentre dans la tête, ne semble pas faire beaucoup d'effet, jusqu'à ce qu'on se surprenne à le fredonner des heures après. Tout cela est très bien, mais est-ce que tout cela ne manque pas un peu de... rock? Parce que bon, ok, Bradfield sort quelques solos sympas de sa bonne vieille Gibson Les Paul blanche, mais on garde quasi le même tempo partout. Effectivement, ce n'est pas Lifeblood, mais Postcards est le second album le plus tranquille du groupe. Il faut attendre le sixième morceau, Auto-Intoxication, pour avoir un peu de menace, un peu de crasse dans un album fort propre. Dommage que le refrain assez faible en fait un des moments les moins mémorables de l'album, malgré une seconde moitié rappelant carrément les débuts du groupe.


La face B de l'album continue le thème hyper-mélodique qui avait juste été mis de côté pendant trois minutes : Golden Platitudes commence comme une ballade au piano et évolue vers... une ballade avec orchestre et choeurs, encore. Je n'ose même pas imaginer à combien de millions d'exemplaires l'album se serait vendu quand on achetait encore des disques. Mais comme les Manics n'ont jamais voulu faire simple, ils varient un peu les choses quand même : le tellement mélodique que ça fait peur I Think I Found It semble comprendre une mandole, alors que All We Make Is Entertainment est en même temps un aveu de force/faiblesse de la part du groupe et une critique féroce de la lente et pathétique mort du gouvernement Labour ("clearing house for hell", soit le gouvernement Cameron). Encore un gros hit potentiel, il allie riff puissant (cette fois, c'est vraiment leur meilleur riff depuis Motorcycle Emptiness), double voix, batterie experte, refrain immense et un solo comme Slash n'en fait plus. En parlant de Slash, Duff McKagan fait une apparition sur le très bon A Billion Balconies Facing The Sun, et si c'est pour cela que Bradfield sort le grand jeu, merci à lui.


Wire prend une fois de plus un morceau à son compte, l'assez anecdotique The Future Has Been Here 4 Ever avec en guest la trompette de Sean Moore, qui n'avait plus été entendue depuis Kevin Carter. Elle ne manquait pas trop, mais bon, vu qu'il fallait mettre un peu de tout sur l'album, pourquoi pas, surtout que Wire chante de mieux en mieux (oui, bon, ok). La suite, et fin, est nettement meilleure. Don't Be Evil, qui partage son titre avec le slogan de Google, aurait mérité sa place sur Journal for Plague Lovers, grâce au venin dans la voix de Bradfield, et aux guitares abrasives sans pareil sur l'album. De plus, pas de choeur en vue, ou l'ombre d'un violon : le morceau fait plutôt penser à l'outtake de The Holy Bible Judge Yrself. L'album se termine donc bizarrement sur cette note différente, et pour une fois, sans morceau caché. Une fois de plus, les Manics font ce qu'ils veulent, quand ils veulent : on repassera pour la cohérence, mais on ne se plaindra pas non plus.


Postcards from a Young Man est d'abord un tour de force : rares sont les groupes aussi relevants et aussi percutants après dix albums, vingt ans et une carrière très, très mouvementées. Comme pour chacune des leurs sorties, on pourra gloser sans limite sur leurs choix artistiques, mais ils sont, une fois de plus, parfaitement assumés. On recommandera l'édition spéciale de l'album, qui comprend un second cd de démos sans orchestration, histoire d'être persuadé, si besoin en est, que les morceaux se suffisent à eux-même. Mais les Manic Street Preachers ont voulu assumer ce "last shot at mass communication", et il a atteint son but, triomphalement. Chapeau bas.


Spotify : Postcards from a Young Man (Special Edition)


vendredi 24 septembre 2010

Brandon Boyd - The Wild Trapeze

It's evolution baby. Mouais, mais parfois, les groupes qui changent leur son le font juste par manque d'inspiration, ou par facilité commerciale. Incubus a commencé comme groupe funk-rock-punk-metal-tordu, avec Fungus Amongus (1995) et le juste un peu moins bizarre S.C.I.E.N.C.E. (1997). Leur dernier album, Light Grenades (2006), ne ressemblait absolument plus à ça, entre morceaux rock ramollis, pastiches de Police et ballades saccharinées pour séries TV d'ados mormons. Entre les deux, on peut voir une réelle évolution, et quelques très bon moments, dont le fantastique Make Yourself (1999).


Brandon Boyd a suivi le même chemin, de l'ado troublé aux dreads peu fraîches au trentenaire sex symbol pas trop malgré lui. Son album solo aurait pu être un truc produit par Timbaland, histoire de larguer définitivement ses copains de fumette pour connaître la gloire, la vraie, celle de Gwen Stefani quand elle a viré son groupe ska. Ben non, bizarrement. Brandon a tout fait tout seul, joué de tout, rameuté le producteur des Flaming Lips Dave Fridmann et monté la distortion à 11. Pas que l'album est le retour au "nu-metal" des débuts, juste qu'il a ce feeling lo-fi, comme si Boyd l'avait monté tout seul, dans sa chambre, avec des boîtes à oeufs mal collées au mur. Résultat : son meilleur album depuis Make Yourself.


L'album est tellement bizarrement enregistré qu'on a cru, lors de la sortie digitale, qu'il y avait eu un problème de mastering, à la Death Magnetic. Boyd a lui-même réagi et confirmé que ce son tordu était intentionnel, car il avait voulu arriver à l'opposé d'un album trop (bien) produit. Etonnant, mais cela marche, surtout que les mélodies ne sont jamais gratuitement détruites par ce procédé, le but n'était pas nécessairement de faire un album difficile d'accès. D'ailleurs, quelques unes des meilleures mélodies pondues par Boyd se trouvent ici : les refrains de Revenge of the Spectral Tiger ou A Night Without Cars auraient pu, dans un autre contexte, faire un plus gros tube que Drive. Mais non, Boyd les garde pour un album discret, et en profite pour taper des solos de guitare franchements tordus, histoire de ne pas faire si accessible que ça. Même chose pour le premier single, Runaway Train, qui part après une minute dans un trip tribal accompagné d'instruments bizarres probablement trouvés dans un fond de grenier quelque part à LA.


Reste que Courage and Control pourrait bien l'être quand même, ce tube, avec une mélodie parfaite et une voix à arracher des larmes au plus cynique de ses critiques. En fait, il y a plus d'accroches mélodiques dans ces 3"52 que dans les deux derniers albums d'Incubus. Brandon est peut-être le vrai talent du groupe, qui l'eût cru? Enfin All Eyes Avow est le truc le plus bordélique sorti du cerveau marijuané de Boyd depuis Take Me To Your Leader, et ça, c'est quand même quelque chose.


The Wild Trapeze fourmille d'idées, on pourrait même trouver que certains morceaux en ont trop : Boyd donne parfois l'impression d'être Michael Jackson chez Hamley's, et veut toucher un peu à tout. De même, comme tout album solo, premier de surcroît, tout n'est pas du même niveau. Mais c'est son album, il en fait ce qu'il veut, et il a bien raison. Grâce à ça, le prochain album d'Incubus pourrait bien être excitant, et ça, c'est une sacrée surprise.

dimanche 19 septembre 2010

The Beatles - Revolver (1966)

Oui, bon, je suis un peu en retard. Les remasters sont sortis il y a maintenant plus d'un an, et je ne suis qu'à la moitié de la série. Qu'importe, parce que maintenant, on arrive à ce qui est peut-être la plus exceptionnelle série de quatre albums de l'histoire de la musique enregistrée. Depuis leurs débuts, les Beatles ont sans cesse progressé, passant de reprises aux compositions persos, de mélodies pop aux expériences bien plus complexes, de chansons d'amour à ... autre chose. Revolver représente le moment précis où les Beatles détruisent sans aucune hésitation les canons pop de l'époque pour faire non seulement un des meilleurs albums de tous les temps, mais aussi un des plus importants. Pour preuve : l'organe officiel du Saint Siège, L'Osservatore Romano, l'a nommé meilleur album pop de tous le temps, en février 2010. Beat THAT, Radiohead.


Comme de coutume à l'époque, l'album fut précédé d'un 45 tours. On reparlera des morceaux lors de la chronique de Past Masters 2, mais il s'agissait peut-être du 7" le plus important du groupe (bien que Strawberry Fields Forever/Penny Lane lui dispute l'honneur) : Paperback Writer, son riff acéré et sa basse puissante annonce le heavy metal, alors que Rain est souvent cité comme meilleure face B ever.


Revolver est un album très varié, sans réelle cohérence entre les morceaux. Il faut dire que les albums concepts n'existaient pas encore, et vu la vitesse à laquelle il fallait sortir des disques, à l'époque, la cohésion n'était pas vraiment la première préoccupation de musiciens et producteurs. Cependant, on peut dire que si Rubber Soul était plutôt ancré dans le folk, Revolver est résolument rock. Les compositions de John Lennon sont généralement emmenées par des guitares mises en avant comme jamais auparavant : She Said She Said et And Your Bird Can Sing préfigurent, avec Paperback Writer, un combo plus rock, par exemple celui de Revolution. Mais les Beatles n'ont de toute façon jamais été un simple groupe rock, il y en avait déjà assez sur le marché. Revolver n'est pas l'album de John Lennon, malgré ses excellentes contributions : outre les deux morceaux précités, on peut aussi parler de l'explicite Dr Robert (le Dr Greenthumb de Cypress Hill, trente-cinq ans avant, et pour des drogues nettement plus efficaces) ou I'm Only Sleeping, complainte probablement liée aux substances récréatives en question.


C'est par contre l'album où George Harrison embrasse un rôle proéminent de compositeur, à tel point qu'on lui offre le premier morceau de l'album, le sarcastique Taxman. Le ton Harrison était né : des influences indiennes plus ou moins marquées (comme sur le très hippie Love You To), et des paroles mettant en évidence la confusion de son auteur (I Want to Tell You) ou son engagement politique, avec donc ce Taxman critiquant très directement les impôts anglais qui, il est vrai, empochaient 90% des bénéfices du groupe. Taxman est emmené par un riff vicieux et un McCartney au four et au moulin (lead guitar, basse, terrible solo). Car oui, cette fois, c'est Paul McCartney qui est la star de l'album. Son premier morceau, Eleanor Rigby, est juste somptueux. Comme son hit précédent, Yesterday, il est le seul Beatle présent sur l'enregistrement, la musique étant fournie par deux quatuors à cordes. Musicalement, Eleanor Rigby est un fantastique exemple de la transformation (progressive, mais effective) de simple groupe pop en entité expérimentale. Cela se ressent aussi au niveau des paroles. Les deux protagonistes de l'histoire se sentent seuls : Eleanor assiste à un mariage qui ne sera jamais le sien, et meurt dans l'indifférence, alors que le Père MacKenzie donne son sermon, chaque semaine, dans une église vide. Le célèbre refrain n'apporte aucune résolution heureuse : "Ah, look at all the lonely people, where do they all belong". Pourtant, le 45 tours se retrouvera quand même au sommet des charts anglais, devenant le hit single le plus sombre de l'époque.


Quand McCartney veut faire dans le marrant, il écrit une pure chanson pour enfants, la donne à Ringo, et ça fait Yellow Submarine. Comme gimmick, elle est très bien, mais c'est de loin le morceau le moins intéressant de l'album, destiné à faire chanter des enfants de 6 ans pour les 36 générations à venir. Mais quand McCartney veut faire autre chose, son génie explose. For No One, une chanson baroque poignante sur la fin d'une relation ("She no longer needs you"), aux antipodes des mélodies d'amour des débuts du Fab Four. Good Day Sunshine, l'archétype du tube estival, enjoué, positif, et qui ne comporte même pas de guitare. Got to Get You Into My Life, avec l'incorporation d'une section de cuivres sur un morceau qui parle, évidemment, de marijuana. Ou encore, et surtout, Here There and Everywhere, une des plus belles mélodies jamais écrites et qui est, quant à elle, une pure chanson d'amour. Et dont la magnificence dépasse les mots.


Mais si une création dépasse les mots, c'est bel et bien le dernier morceau de l'album, Tomorrow Never Knows. On est en 1966, et le groupe qui représente encore la quintessence du groupe pop pond trois minutes de bruit magnifique, fait de samples, de drones, de la voix de Lennon passée à travers un cabinet Leslie, de guitares inversées, d'une batterie irrégulière totalement barrée, de paroles qui ne laissent aucun doute sur les substances consommées par ses créateurs. Tomorrow Never Knows est un coup d'oeil dans le futur, un cas excessivement rare dans l'histoire. Les Beatles ont posé les jalons de la house, du hip-hop, et que sais-je encore. Il suffit d'écouter Setting Sun des Chemical Brothers : la batterie est exactement la même. Dans les mois à venir, le groupe sortira ce qui reste encore leur album le plus célèbre, puis pétera complètement un plomb, avant de sortir... leur meilleur album. Quelle folie.

samedi 18 septembre 2010

Video : Soundgarden - Black Rain

Non seulement Soundgarden revient (bien que leur réunion ne semble pas aller très loin), mais en plus ils nous rappellent la tradition des vidéos, qui nous ramène à une époque où MTV en diffusait. Réalisé par le créateur de Dethklok Brendon Smalls, le clip de Black Rain, outtake de Badmotorfinger et inédit de la compile Telephantasm (on en reparlera) est assez over the top et montre une version cartoon de Soundgarden qui défend le monde contre des méchants et gros aliens. La bataille se termine avec le groupe qui conduit une sorte d'hybride Iron Man/Goldorak, pourquoi pas.


Bon, la promo pour Guitar Hero (les exemplaires initiaux de la prochaine itération du jeu offriront Telephantasm) est assez naze, mais non seulement ça fait bizarre d'écouter un "nouveau" Soundgarden en 2010, mais encore plus de voir une bonne vieille vidéo.


Voici la madeleine.



samedi 11 septembre 2010

Jonah Matranga feat. Everyone

J'ai déjà parlé quelques fois de Jonah Matranga, que ce soit pour son excellent album solo And ou pour le premier album de Far en douze ans. J'aurais pu aussi, dans le cadre de la série "marketing 2.0", mentionner la vente directe de son art et produits dérivés, à prix maîtrisé par l'acheteur, grâce à un système d'échelle qui propose quatre prix différents pour le même objet, selon les moyens dont l'acheteur dispose. Pour la petite histoire, il l'avait fait avant Radiohead et Trent Reznor.


Jonah a cette fois été encore un peu plus loin avec son nouvel album solo, You're All Those Things and Then You're None.


Les versions de l'album sont relativement classiques, du moins depuis que les artistes ajoutent plus ou moins n'importe quoi pour vendre leur brol, de la classique édition limitée/DVD/machin à la boîte en forme de Texas avec flasque (Pantera, qui d'autre) en passant par le Golden Ticket pour toute une tournée (Helmet) ou encore un peu tout et n'importe quoi, merci Josh Freese.



Matranga propose donc une demi-douzaine de packages, allant du cd/download avec ou sans vinyl/tshirt, avec les éditions plus chères ajoutant un enregistrement unique par Matranga d'un de ses morceaux au choix , la co-composition et enregistrement d'un album voire carrément un concert privé n'importe où sur Terre (4100$ quand même + 1000$ hors Amérique du Nord).


Mais plus que les moyens trouvés par un inventif Matranga, c'est le concept de l'album qui intrigue, en effet, YATTATYN sortira en plusieurs versions évolutives, comme le serait un programme informatique.


La version 1.0 est sortie, et se compose juste de dix morceaux chantés et joués acoustiquement par Matranga. A partir de là, Matranga a demandé à ses fans et suiveurs d'en faire plus ou moins n'importe quoi. Voix, parties de guitares, basse, cordes, percussions, en gros, on peut lui envoyer ce qu'on veut, selon quelques indications se trouvant sur son site. Matranga peut alors habiller les squelettes de ses morceaux de musiques envoyées par plus ou moins n'importe qui dans le monde. Lorsque les morceaux seront plus complets, il sortira une version 2.0, qui pourra aussi évoluer par la suite, selon les contributions futures.


Comme concept original, c'est assez bien trouvé. Pour en savoir plus, acheter l'album et savoir comment participer (il est toujours temps), allez jeter un coup d'oeil sur son site. Je reparlerai de l'album lorsque la version 2.0 sera sortie, vu que les morceaux dispo à ce jour ne sont finalement que des démos. Dont certaines sont très prometteuses, et déjà excellentes telles quelles.

vendredi 10 septembre 2010

Mercury Prize 2010 : The XX

Le (Barclaycard) Mercury Prize est attribué chaque année au meilleur album provenant du Royaume-Uni ou d'Irlande. Il est aussi connu pour apporter très souvent son lot de surprises depuis sa création en 1992. Quelques exemples parmi d'autres : Coldplay a été nominé trois fois et Oasis deux, pour leurs premiers (et meilleurs) albums, ils n'ont jamais gagné. En 1994, en pleine Britpop, M People a battu Blur, Pulp, Paul Weller et Prodigy, en 1997 Roni Size/Reprazent a battu OK Computer de Radiohead, qui n'a jamais décroché le prix malgré quatre nominations,  alors que l'an dernier, le prix a été attribué à Speech Debelle. Moi non plus.




Cette année, pourtant, le vainqueur n'est pas surprenant : même si les bookmakers attendaient Paul Weller, c'est The XX qui a triomphé.  Tout et son contraire a déjà été dit sur le quatuor devenu trio, et même s'il est vrai que la compétition n'était pas d'un niveau très élevé cette année, leur premier album reste un des meilleurs de l'année écoulée, et possède cette qualité rare qui fait qu'on risque de l'écouter avec autant de plaisir ces prochaines années.


J'avais parlé de l'album lors de sa sortie, et on peut également l'écouter sur Spotify.


Et voici une vidéo reprenant quelques temps forts d'un récent concert à Munich, le mois dernier.




I am yours now
So now I don't ever have to leave
I've been found out
So now I'll never explore

jeudi 9 septembre 2010

Best Coast - Crazy for You

Best new album chez Pitchfork, best new artist of the year pour le NME : Best Coast est définitivement la sensation indie de 2010, probablement aidé par la pochette d'album la plus cinglée d'une année qui en aura pourtant vu, des pochettes cinglées.


Alors, Best Coast, génie ou imposteur? Comme d'habitude, ni l'un ni l'autre... Best Coast, c'est l'oeuvre de Bethany Cosentino (qui n'a donc pas été bien loin pour nommer le groupe) et Bobb Bruno, rejoints par l'ex-batteuse de Vivian Girls Ali Koehler. Leur truc, c'est de l'indie pop assez lo fi, avec des influences surf plus ou moins marquées. Lo fi et assez simple, un beat stable, plein de fuzz dans les guitares et la voix claire, très claire, de Cosentino. Simple, aussi comme les paroles, qui sont plus ou moins toutes des variations sur l'adolescence, avec des rimes fabuleuses de type miss/kiss, crazy/lazy, home/phone, vous voyez le genre. Bethany semble passer ses journées à ne rien foutre, sauf fumer et caresser son chat, ce que son twitter semble confirmer.


Tout cela semble tellement naze, mais non, en fait. Pour une raison ou une autre, ça marche. Tout au long d'un album assez court, on se plaît à écouter Cosentino raconter candidement ses histoires dont tout le monde devrait se foutre ("I wish my cat could talk"?) en se gavant de cette pop sucrée trempée dans un bain de reverb. Inoffensif, certes (quoique, Honey fait presque peur, en étant deux fois plus lent que le reste de l'album), mais assez irrésistible. On retiendra, oh, presque tous les morceaux, de l'intro Nirvanesque de The End aux choeurs girl band 60s de When The Sun Don't Shine en passant par les power chords crunchy de I Want To.


Crazy For You n'est peut-être pas une oeuvre de génie, et Pitchfork pousse probablement la hype trop loin en assurant que l'album de sera pas oublié pour des années à venir. Plus prosaïquement, je pense que Cosentino et consorts sont juste là au bon moment, et on n'avait pas besoin d'autre chose, là, maintenant. Crazy for You est juste un fantastique album pop.


Spotify : Best Coast - Crazy for You

mercredi 8 septembre 2010

Les Ardentes, Liège, 8 juillet 2010

Mise à jour : deux vidéos de Pavement au pied de l'article.


Cet article a d'abord été publié sur Visual Music, mi-juillet.


Les Ardentes, c'est un festival assez récent mais qui a déjà fait pas mal parler de lui en Belgique et ailleurs, et qui est facilement devenu un incontournable de la saison, entre le supermarché du rock conditionné Rock Werchter, les prétentieuses Francofolies de Spa et le légendairement sale (ou salement légendaire) Festival de Dour. Les Ardentes, c'est très clean, comme festival. On y mange les évidents hamburgers/frites, mais aussi toute une série de plats de cuisine du monde. On y boit des chopes, mais aussi du Get 27 et William Lawson. Quand on est habitué à la boue et aux bourrins des festivals classiques, cela surprend. L'affiche est à l'avenant : pas grand chose ne pourrait choquer le grand public, attiré par des têtes d'affiches bien sous toutes coutures, comme Ben Harper ou Charlotte Gainsbourg. Parce qu'à part le rock un peu plus dur, toujours absent, le festival bouffe à tous les râteliers : rap, techno, chanson, rock, pop, indie, un peu de tout, en somme, sans réel fil rouge ou recherche d'identité. Soit, ne faisons pas la fine bouche, pour une bonne raison : c'est la seule possibilité de voir Pavement en Belgique depuis leur reformation, si l'on excepte un concert à l'AB bruxelloise pour lequel il fallait tuer pour avoir une place.


Chaleur de plomb (non, sérieux, c'était le weekend le plus chaud de l'année) expliquant cela, je ne me suis pointé qu'en fin d'après-midi sur le site, mais à part des Plastiscines que j'aurais aimé voir entendre de près (je me suis rattrapé backstage, rassurez-vous), je ne pense pas avoir raté grand chose, tant l'affiche du premier jour était rassemblée en soirée. Petit tour dans la scène couverte, où un public clairsemé (on le verra plus tard, le public des Ardentes ne brille pas par sa clairvoyance) assistait à la prestation intense et mouvementée de Broken Social Scene. C'est là que j'ai eu la drôle d'idée de partir pour ne pas rater le début de Julian Casablancas. Que voulez-vous, je suis assez vieux pour me souvenir d'un certain album d'un certain groupe, et conserver quelques naïves illusions.


Le set de "JC" (rien que ça) a commencé avec un bon quart d'heure de retard, et surprend d'entrée : alors que son "autre" groupe est quand même assez stylé, ses musiciens ne ressemblent à rien, genre camionneur redneck, mauvais sosie de Fab Moretti et encore plus mauvais sosie de Zia des Dandy Warhols, sans ses légendaires attributs. Casablancas, quant à lui, arbore un t-shirt Ozzy, une veste en cuir rouge, un pantalon en velours tout aussi rouge et une mèche blonde. Grande classe. Heureusement, Jules s'est apparemment rendu compte que son album solo ne valait pas grand chose, et entame sur "Hard to Explain", carrément. Ce qui marche très bien, jusqu'à ce qu'il se mette, quand même, à jouer des extraits de "Phrazes for the Young", intercalés par un autre Strokes, "Automatic Stop". Et puis, c'est fini. Après 30 minutes, Casablancas se casse, histoire de forcer un rappel. On aurait du lui dire qu'à 19h30, en festival, devant un public "mitigé", ça se fait pas trop. Bon, c'était "The Modern Age", alors, on pardonne, mais le pire c'est qu'il refait ça juste après, il se barre, revient, marmonne, chante un truc pourri et repart pour de bon. Strokes = bien. Casablancas solo = pas bien. Mais Missy Elliott aura fait mieux en soirée, après avoir sorti de son chapeau les pires trucs du hip-hop live : retard, fin 30 minutes avant l'heure, "come on Brussels" à Liège, set DJ interminable, "guests", etc etc.


Cypress Hill était la véritable tête d'affiche du jour. En 2008, ils avaient retourné la seconde scène, et reviennent cette année sur le main stage, avec un nouvel album ("Rise Up") à défendre, et une horde de fans prêts à avaler chaque volute de fumée provenant de la scène (ils étaient aux Pays-Bas la veille...). Cypress live, c'est souvent carré et efficace. B-Real et Sen Dog au micro, le toujours fantastique Eric Bobo aux percus et un certain Julio G comme DJ, remplaçant Muggs dont on se demande s'il fait encore partie du groupe. Concert sans surprise, mais on n'en attendait pas non plus : hits à gogo, fumette, morceaux du dernier album qui tomberont vite à la trappe, et final sur "Rock Superstar". Tout le monde était content, et tout le monde se casse : soit vers la sortie, soit vers la seconde scène, où Missy Elliott commençait 30 minutes après. Tant mieux, ça fait de la place. De la place pour Pavement.


Parce que le public du festival, sans vouloir généraliser à outrance, s'en fiche pas mal de la (bonne) musique, en fait. Trois jours plus tard, il restait un millier de personnes (sur 16 000!) pour la clôture du festival, avec Public Image Limited, qui est quand même (avec Pavement) le groupe le plus culte que Les Ardentes pouvaient s'offrir. C'est donc devant une assistance très clairsemée (et de plus en plus au fur et à mesure des nonante minutes de concert, oui, je parle wallon) que Malkmus et compagnie ont montré une fois de plus qu'on pouvait (donner l'air de) s'en foutre royalement et être magique. Malkmus balance ses accords sans médiator du haut de sa grande carcasse, Spiral Stairs porte un béret, Steve West un chapeau Jupiler très camping, Mark Ibold occupe le centre de la scène et se balade de droite à gauche comme le bassiste le plus classieusement nonchalant de l'histoire du rock, et derrière, Bob Nastanovich fait n'importe quoi. De "Silence Kid" à "Here" en passant par "Stereo", "Date w/ Ikea", "Range Life", "Conduit for Sale", plusieurs interventions de Broken Social Scene, et une quinzaine d'autres morceaux qui auraient du être autant de hits dans un univers parallèle et utopique, les cinq branleurs californiens ont séduit ceux qui étaient restés, mais de toute façon, les absents ont toujours tort. J'étais là, et je ne l'oublierai pas de sitôt. Putain de groupe.


Mise à jour :


Voici deux vidéos amateur de la prestation de Pavement, d'abord Unfair/Kennel District (avec Calum de Broken Social Scene) puis le final Range Life, avec aussi des membres de BSS. Merci aux uploaders Youtube.





dimanche 5 septembre 2010

Flattez-moi!

Un jour, un lecteur m'écrit en me disant que je devrais être payé pour ce que je fais. C'est assez flatteur, je suppose, mais évidemment, la réalité est toute autre : à moins de se faire corrompre (et encore, ça marche beaucoup moins bien qu'avant) ou de truffer son site de pubs (même remarque), un bloggeur/chroniqueur ne touche pas le moindre sou, sauf si un généreux donateur décide de lui verser une obole.


Vous avez peut-être déjà eu envie de le faire, après avoir téléchargé (légalement ou pas) un mp3, ou un programme informatique, après avoir vu une vidéo ou simplement lu un article. On peut trouver des boutons Paypal un peu partout (j'en avais un sur l'ancienne version de Music Box, suite au message du lecteur en question), mais les frais demandés par Paypal sont tels que le don d'un petit montant coûterait deux fois plus cher au donateur. C'est en se basant sur ces principes que Flattr fut créé, il y a seulement quelques mois.


Le principe est simple, comme toutes les idées géniales. On verse un montant fixe mensuel (le paiement est évidemment sécurisé), qui peut-être aussi bas que 2€, et ensuite, à chaque fois qu'on voit quelque chose (article, musique, vidéo, software, etc, Flattr appelle tout cela "things") pour lequel on a envie de donner de l'argent, on clique sur le bouton, celui qui se trouve en haut à gauche de cet article, et aussi dans la barre latérale. À la fin du mois, Flattr divise le montant versé (moins 10% de frais de fonctionnement) par le nombre de clics, et verse le montant aux auteurs des "choses".


Exemple : vous versez 10€ par mois, Flattr prend 10%, il en reste donc 9 (les banques prennent quelque frais aussi lors du versement, mais on va faire simple). Vous cliquez sur cinq boutons lors du mois, chaque clic vaut donc 1,8€, qui est versé sur le compte Flattr de l'auteur de contenu, qui peut à son tour "flatter" quelque chose ou transférer l'argent acquis sur son compte en banque.


C'est donc une manière directe, simple et efficace de montrer son soutien à un auteur, soutien qui prend cette fois la forme d'argent, et non plus de retweet, share, ou autre like.


Flattr est à ses débuts, et il est assez intéressant de voir comment tout cela va évoluer, et si les internautes seront prêts à payer du véritable argent, sur base totalement volontaire, vu que le fait de ne pas "flatter" ne change pas le contenu disponible.


Personnellement, je trouve que c'est une excellente initiative, et je peux vous assurer que recevoir quelque chose, même si ce n'est que - littéralement - quelques cents fera extrêmement plaisir à un auteur de contenu, qui ne fait pas ça pour le fric, clairement, mais apprécierait certainement le geste. Je me suis inscrit hier, et j'ai cliqué trois fois : d'abord pour un article qui m'a fait découvrir le concept, ensuite pour l'auteur du plugin Wordpress que j'utilise, et enfin pour le lecteur audio que j'utilise depuis des années (et qui reste inégalé) Foobar 2000. Même si mes clics ne valent que 60 centimes, je suis certain que les auteurs apprécieront.


C'est pour cela que je vais, à partir de maintenant, ajouter un bouton Flattr sur mes posts, mais je répète : les donations se font sur base volontaire, après publication du contenu. En gros, cliquer sur le bouton veut dire que vous appréciez ce que je fais, au point de me donner un peu d'argent. Et une fois de plus, il n'y a pas de petit montant.


Alors, inscrivez-vous, c'est simple, sécurisé, et ne demande qu'un paiement de 2€ : si d'aventure l'idée ne vous intéresse pas, c'est tout ce que vous paierez, et vous pourrez récompenser les auteurs de contenu que vous aimez depuis que l'internet libre existe.


Mise à jour du 25 novembre : il est maintenant possible de flatter automatiquement, tous les mois, via un système d'abonnemement. Il suffit de flatter une première fois, et ensuite de cliquer sur le même bouton Flattr. Il est possible de s'abonner pour trois, six ou douze mois, et d'annuler les abonnements via le dashboard flattr.com


Mise à jour du 6 janvier : on peut maintenant aussi faire une donation d'un montant précis : le système Flattr divise toujours le montant mensuel par le nombre de clics, mais on peut dorénavant donner un montant fixe, choisi, qui sera soustrait du solde Flattr. Pour ce faire, il faut cliquer sur le bouton "donate" qui se trouve sur chaque profil Flattr, dont le mien.


Mise à jour du 28 avril : on peut maintenant utiliser Flattr sans nécessairement soi-même donner de l'argent, même si c'est bien entendu toujours possible. J'imagine que ce changement permettra au bouton Flattr d'être incorporé chez AddThis et les autres, et être nettement plus présent, probablement à un niveau juste en dessous de Facebook et Twitter, mais au dessus du reste. Enfin, à terme.


Je réécrirai cet article ultérieurement pour qu'il soit plus clair.


Gorillaz - Plastic Beach

Depuis leurs débuts, en 2000, Gorillaz est passé du statut de projet parallèle de Damon Albarn à celui de mégastar internationale, tout ça en trois albums. Mieux que ça : Gorillaz aura finalement connu plus de succès que Blur, ce qui et assez incroyable, quand on y pense. En dix ans, le "groupe" aura aussi évolué, vers une sorte d'electro-hip-pop ultra-produit parsemé d'apparitions d'invités célèbres, ce qui contraste pas mal avec l'aspect relativement amateur du premier album.


Plastic Beach est l'album de la consécration pour Gorillaz, celui qui les emmène dans leur première tournée mondiale, celui qui réussit à caser sur une même plaque Lou Reed, Snoop Dogg, Bobby Womack ou encore les deux Clash survivants. C'est aussi leur plus synthétique, leur moins organique, mais il reste tout à fait intéressant et recommandable, même si un peu long et inégal. Censé être un album concept vaguement écolo, Plastic Beach (les déchets, c'pas bien) commence par une intro symphonique suivie d'un Snoop Dogg en roue libre, sans grand génie, comme un peu tout ce qu'il fait depuis dix ans, en somme. Albarn s'est mis aux beats minimalistes, et il arrive parfois à émuler les Neptunes dans leur grande période, qui commence elle aussi à dater. On le comprend bien vite, Plastic Beach sera très varié, limite fourre tout : le morceau suivant allie flute, cordes orientales (d'un orchestre libanais) et les rappeurs grime UK Kano et Bashy. White Flag est assez représentatif du concept, un morceau qui commence tranquille avant de muter en bête technoïde puissante, Empire Ants fera la même chose un peu plus loin. Mais le coup de génie d'Albarn, c'est un refrain instrumental à la flute, vraiment très cool.


Sinon, ça part dans tous les sens, surtout la première moitié de l'album. On retrouve des trucs assez commerciaux, comme Rhinestone Eyes (quatrième morceau de l'album, et seulement première intervention vocale majeure d'Albarn), Stylo, où Bobby Womack sort de sa retraite pour un refrain très soul, ou encore l'hyperpop mais quand même vraiment très bon On Melancholy Hill. Mais Albarn sait qu'il a toute liberté pour ajouter des bizarreries fulgurantes, comme Superfast Jellyfish avec De La Soul et le Super Furry Animal Gruff Rhys, un Lou Reed égal à lui-même (pensez ce que vous voulez) ou un excellent Mos Def. Mark E. Smith, quant à lui, se demande sans doute encore ce qu'il fout là, mais ça, il le fait depuis 80 ans. La découverte, c'est peut-être le groupe électropop suédois Little Dragon, emmené par une chanteuse d'origine japonaise, Yukimi Nagano. Ils apparaissent sur deux des meilleurs morceaux, la ballade-Beatles-qui-devient-truc-electro-énorme Empire Ants et le tranquille To Binge, où Nagano chante un superbe duo avec Albarn.


Seulement, on ne peut pas s'empêcher de penser que c'est un peu trop. Trop long, trop synthétique, trop d'invités, et surtout, trop peu de personnalité. Comme évoqué plus haut, le morceau avec Mark E. Smith est franchement dispensable, mais ce n'est pas le pire. Albarn a réussi à réunir Paul Simonon et Mick Jones... et on ne les entend quasiment pas. De plus, le morceau en question est juste sympa, sans plus, et est finalement une grosse occasion gâchée. Enfin, l'album se termine avec deux morceaux dispensables, ce qui amplifie le sentiment de dilution d'un album qui aurait vraiment gagné à être plus concis.


Damon Albarn n'a pas raté grand chose dans sa carrière, et Plastic Beach est très loin d'être un mauvais album. Cependant, il semble qu'il pêche par un excès généralisé, même si le talent de songwriter d'Albarn réussit toujours à sauver chaque morceau de la médiocrité à laquelle il aurait du être promis. On dira donc que Gorillaz est la facette très grand publc d'Albarn, mais avec un twist toujours très intéressant. Et maintenant, que va-t'il faire? Blur? Mali Music 2? The Good, The Bad and The Queen? Un album solo? Quoiqu'il en soit, ce sera probablement passionnant.


En écoute sur Spotify : Gorillaz - Plastic Beach