jeudi 28 décembre 2006

Mon Top 2006

1 Arctic Monkeys - Whatever People Say I Am, That's What I'm Not
2 Pearl Jam - Pearl Jam
3 Isobel Campbell & Mark Lanegan - Ballad Of The Broken Seas
4 Decemberists - The Crane Wife
5 Be Your Own Pet - Be Your Own Pet
6 Incubus - Light Grenades
7 Mudhoney - Under A Billion Suns
8 The Fratellis - Costello Music
9 Mastodon - Blood Mountain
10 Sonic Youth - Rather Ripped
11 Deftones - Saturday Night Wrist
12 Neil Young - Living With War
13 Graham Coxon - Love Travels At Illegal Speeds
14 Ben Harper - Both Sides Of The Gun
15 Mogwai - Mr Beast
16 Amplifier - Insider
17 Thom Yorke - The Eraser
18 The Raconteurs - Broken Boy Soldiers
19 Morningwood - Morningwood
20 Beck - The Information
21 Therapy? - One Cure Fits All
22 Bromheads Jacket - Dits From The Commuter Belt
23 The Strokes - First Impressions Of Earth
24 Mystery Jets - Making Dens
25 Red Hot Chili Peppers - Stadium Arcadium

Bonne année 2007, et rendez-vous en janvier!

mercredi 27 décembre 2006

R.E.M. – And I Feel Fine… (The Best Of The I.R.S. Years 1982-1987)


... Et le second est consacré à la première partie de la carrière de R.E.M., pour le label indie IRS, entre 82 et 87. R.E.M. n'était pas encore énorme, et Michael Stipe avait des cheveux, plein même. Le style des débuts du groupe est fermement ancré dans la tradition américaine, avec certains morceaux qui puisent jusque dans la country, avant d'évoluer vers ce qu'on appela à l'époque college rock. L'écoute de la compilation peut être ardue, surtout lorsqu'on attaque la période durant laquelle personne ne pigeait quoique ce soit à ce que Stipe racontait, dans un murmure (ben oui) totalement inintelligible (Gardening At Night, par exemple).
Mais quand R.E.M. se mettait à faire des popsongs, ils étaient déjà proches de la perfection : The One I Love, Finest Worksong, Begin The Begin, Perfect Circle et leur premier classique, It's The End Of The World And We Know It (and I Feel Fine).
Une grande, longue et très intéressante carrière s'ouvrait à eux, et alors qu'on attend un nouvel album en 2007, cette compilation est le moyen parfait de combler un manque dans votre discographie. Et si vous en voulez plus, il reste toujours les albums studio IRS.

Depeche Mode – The Best Of Depeche Mode Volume One


Deux courts articles sur deux albums de Noël, le premier est la troisième compilation de Depeche Mode, après deux collections de singles. Elle se veut fort sélective, et reprend donc assez logiquement les plus gros morceaux du groupe.
Et évidemment on trouve quelques joyaux darkwave, comme Personal Jesus, Shake The Disease ou Enjoy The Silence qui n'ont pas vieilli du tout, le groupe n'étant jamais aussi bon que lorsqu'il est sombre. Ce qui a vieilli, par contre, c'est la partie électro : le problème, quand on est pionnier de la scène électro, c'est que 10/20 ans après, les machines ont bien changé. Il faut donc écouter l'album avec soin, et se souvenir qu'à l'époque, ce son était tout à fait innovateur. Just Can't Get Enough est toujours stupide, ceci dit.

R.E.M. - And I Feel Fine... (The Best Of The I.R.S. Years 1982-1987)


... Et le second est consacré à la première partie de la carrière de R.E.M., pour le label indie IRS, entre 82 et 87. R.E.M. n'était pas encore énorme, et Michael Stipe avait des cheveux, plein même. Le style des débuts du groupe est fermement ancré dans la tradition américaine, avec certains morceaux qui puisent jusque dans la country, avant d'évoluer vers ce qu'on appela à l'époque college rock. L'écoute de la compilation peut être ardue, surtout lorsqu'on attaque la période durant laquelle personne ne pigeait quoique ce soit à ce que Stipe racontait, dans un murmure (ben oui) totalement inintelligible (Gardening At Night, par exemple).
Mais quand R.E.M. se mettait à faire des popsongs, ils étaient déjà proches de la perfection : The One I Love, Finest Worksong, Begin The Begin, Perfect Circle et leur premier classique, It's The End Of The World And We Know It (and I Feel Fine).
Une grande, longue et très intéressante carrière s'ouvrait à eux, et alors qu'on attend un nouvel album en 2007, cette compilation est le moyen parfait de combler un manque dans votre discographie. Et si vous en voulez plus, il reste toujours les albums studio IRS.

Depeche Mode - The Best Of Depeche Mode Volume One


Deux courts articles sur deux albums de Noël, le premier est la troisième compilation de Depeche Mode, après deux collections de singles. Elle se veut fort sélective, et reprend donc assez logiquement les plus gros morceaux du groupe.
Et évidemment on trouve quelques joyaux darkwave, comme Personal Jesus, Shake The Disease ou Enjoy The Silence qui n'ont pas vieilli du tout, le groupe n'étant jamais aussi bon que lorsqu'il est sombre. Ce qui a vieilli, par contre, c'est la partie électro : le problème, quand on est pionnier de la scène électro, c'est que 10/20 ans après, les machines ont bien changé. Il faut donc écouter l'album avec soin, et se souvenir qu'à l'époque, ce son était tout à fait innovateur. Just Can't Get Enough est toujours stupide, ceci dit.

lundi 25 décembre 2006

The Beatles – Love


Alors que certains artistes doivent se retourner dans leur tomber quand on voit l'exploitation commerciale de leur oeuvre (l'exemple canonique étant Tupac Shakur, qui a sorti plus d'albums mort que vivant), le catalogue des Beatles a été assez respecté. Les trois anthologies de -fabuleux- matériel inédit en 1996, une compilation de n°1 en 2000, et c'est tout.

Love est un projet original, à mi-chemin entre best of et album de remixes. Conçu comme bande son pour un spectacle du Cirque du Soleil, il consiste en un gigantesque collage de plus de 70 morceaux, édités par George Martin et son fils Giles. On pourrait (et on a) crier très vite au scandale, au sacrilège ou que sais-je, mais il faut avouer que le résultat est assez bon.

Débutant avec une splendide version a cappella de Because (quatre musiciens qui savent tous chanter, c'est quand même assez rare), on entend furtivement un accord de Hard Day's Night avant le début de Get Back. Et ce sera comme ça pendant toute la longueur du disque, où des morceaux entiers sont mixés avec des petites touches çà et là, qui sont facilement reconnaissables à qui connaît un tant soit peu la carrière du groupe.
Les vrais mashups sont en fait assez rares, notons juste Yesterday avec le fond sonore de Blackbird, et surtout Within You Without You avec celui de Tomorrow Never Knows. en fait, le travail de remix est assez sage, sans doute pour ne pas trop troubler les morceaux, qui de toute façon n'ont pas besoin de beaucoup de modifications.

Love est une idée sympa, sans plus, mais qui ouvre la porte à quelque chose de bien plus important : il faut absolument qu'on sorte des versions remasterisées des albums studio. Les morceaux n'ont jamais sonné aussi bien qu'ici, A Day In The Life et I Am The Walrus sonnent encore plus innovateurs maintenant qu'à l'époque, grâce au traitement sonore. Des dizaines d'artistes ont vu leur catalogue remasterisé, généralement en mieux. Il est donc temps que le groupe pop le plus important de l'histoire soit honoré de la sorte.

The Beatles - Love


Alors que certains artistes doivent se retourner dans leur tomber quand on voit l'exploitation commerciale de leur oeuvre (l'exemple canonique étant Tupac Shakur, qui a sorti plus d'albums mort que vivant), le catalogue des Beatles a été assez respecté. Les trois anthologies de -fabuleux- matériel inédit en 1996, une compilation de n°1 en 2000, et c'est tout.

Love est un projet original, à mi-chemin entre best of et album de remixes. Conçu comme bande son pour un spectacle du Cirque du Soleil, il consiste en un gigantesque collage de plus de 70 morceaux, édités par George Martin et son fils Giles. On pourrait (et on a) crier très vite au scandale, au sacrilège ou que sais-je, mais il faut avouer que le résultat est assez bon.

Débutant avec une splendide version a cappella de Because (quatre musiciens qui savent tous chanter, c'est quand même assez rare), on entend furtivement un accord de Hard Day's Night avant le début de Get Back. Et ce sera comme ça pendant toute la longueur du disque, où des morceaux entiers sont mixés avec des petites touches çà et là, qui sont facilement reconnaissables à qui connaît un tant soit peu la carrière du groupe.
Les vrais mashups sont en fait assez rares, notons juste Yesterday avec le fond sonore de Blackbird, et surtout Within You Without You avec celui de Tomorrow Never Knows. en fait, le travail de remix est assez sage, sans doute pour ne pas trop troubler les morceaux, qui de toute façon n'ont pas besoin de beaucoup de modifications.

Love est une idée sympa, sans plus, mais qui ouvre la porte à quelque chose de bien plus important : il faut absolument qu'on sorte des versions remasterisées des albums studio. Les morceaux n'ont jamais sonné aussi bien qu'ici, A Day In The Life et I Am The Walrus sonnent encore plus innovateurs maintenant qu'à l'époque, grâce au traitement sonore. Des dizaines d'artistes ont vu leur catalogue remasterisé, généralement en mieux. Il est donc temps que le groupe pop le plus important de l'histoire soit honoré de la sorte.

vendredi 22 décembre 2006

Mastodon - Blood Mountain

Pour une fois, les critiques sont généralement unanimes pour qualifier Blood Mountain l'album metal de l'année. Il faut dire que l'état du metal actuel n'est pas vraiment transcendant, les nouveaux groupes majeurs suivent généralement une tradition établie (Trivium/Metallica ou encore Lamb Of God/Pantera), et beaucoup de formations ont abandonné le metal pur pour le mêler, parfois avec succès, à d'autres genres. Queens Of The Stone Age en est un parfait exemple. Et je ne parlerai même pas de toutes les variantes du mot "emo".

Mastodon n'en a littéralement rien à foutre. Blood Mountain est un album purement metal, et est même centré autour d'un concept barré heroic fantasy avec des cysquatches (un cysquatch étant un sasquatch avec un seul oeil, évidemment). Dès le début, ça tape dur, avec batterie puissante (allo, Lars Ulrich?), power chords et solos bien exécutés, mais sans nuire au morceau (allo, Dragonforce?).

Le plus intéressant, avec Blood Mountain, c'est que le but n'est pas d'aller le plus vite, ou de jouer le plus fort. Non, Mastodon suit un rythme personnel, qui peut aller du doom au trashmetal (Bladecatcher) en passant par toutes les variantes. L'album est excellent de bout en bout, et ne cède à aucune concession. Et on ne s'étendra même pas sur les signatures assez complexes, ni même sur un jeu de batterie qui dévoile petit à petit ses secrets, et se révèle être totalement époustouflante (si ce type n'écoute pas du jazz chez lui, je suis Robbie Williams). On regrettera peut-être (peut-être) que la fin de l'album est moins percutante, et les rythmes deviennent un peu trop mid-tempo (tout en restant profondément dérangeants, après tout Black Sabbath n'aura jamais été foncièrement rapide, comme groupe)

Blood Mountain ne sera pas que l'album metal de l'année, il pourrait renouveler le genre, et lui insuffler un nouveau souffle vital. Rien que ça. Ce n'est donc pas une coïncidence que Josh Homme, fan n°1 du groupe (écoutez la piste cachée pour en savoir plus) est ici choriste occasionnel : le Songs For The Deaf de son groupe était le dernier album "metal" majeur. Reste maintenant à voir la voie choisie par le groupe, car pour suivre ce troisième album, il faudra nécessairement faire différent.

Mastodon - Blood Mountain

Pour une fois, les critiques sont généralement unanimes pour qualifier Blood Mountain l'album metal de l'année. Il faut dire que l'état du metal actuel n'est pas vraiment transcendant, les nouveaux groupes majeurs suivent généralement une tradition établie (Trivium/Metallica ou encore Lamb Of God/Pantera), et beaucoup de formations ont abandonné le metal pur pour le mêler, parfois avec succès, à d'autres genres. Queens Of The Stone Age en est un parfait exemple. Et je ne parlerai même pas de toutes les variantes du mot "emo".

Mastodon n'en a littéralement rien à foutre. Blood Mountain est un album purement metal, et est même centré autour d'un concept barré heroic fantasy avec des cysquatches (un cysquatch étant un sasquatch avec un seul oeil, évidemment). Dès le début, ça tape dur, avec batterie puissante (allo, Lars Ulrich?), power chords et solos bien exécutés, mais sans nuire au morceau (allo, Dragonforce?).

Le plus intéressant, avec Blood Mountain, c'est que le but n'est pas d'aller le plus vite, ou de jouer le plus fort. Non, Mastodon suit un rythme personnel, qui peut aller du doom au trashmetal (Bladecatcher) en passant par toutes les variantes. L'album est excellent de bout en bout, et ne cède à aucune concession. Et on ne s'étendra même pas sur les signatures assez complexes, ni même sur un jeu de batterie qui dévoile petit à petit ses secrets, et se révèle être totalement époustouflante (si ce type n'écoute pas du jazz chez lui, je suis Robbie Williams). On regrettera peut-être (peut-être) que la fin de l'album est moins percutante, et les rythmes deviennent un peu trop mid-tempo (tout en restant profondément dérangeants, après tout Black Sabbath n'aura jamais été foncièrement rapide, comme groupe)

Blood Mountain ne sera pas que l'album metal de l'année, il pourrait renouveler le genre, et lui insuffler un nouveau souffle vital. Rien que ça. Ce n'est donc pas une coïncidence que Josh Homme, fan n°1 du groupe (écoutez la piste cachée pour en savoir plus) est ici choriste occasionnel : le Songs For The Deaf de son groupe était le dernier album "metal" majeur. Reste maintenant à voir la voie choisie par le groupe, car pour suivre ce troisième album, il faudra nécessairement faire différent.

jeudi 21 décembre 2006

Amplifier - Insider


Amplifier est un trio venant de Manchester, et qui fait autant de bruit qu'une convention de cover bands de Mötorhead. Insider est leur second album, et on peut se demander pourquoi le groupe n'est pas plus connu. Les morceaux sont aussi puissants que Muse, sans les irritants artifices sonores et vocaux, et les tournants mélodiques rappellent (les extraordinaires) Biffy Clyro. Le tout servi dans un format relativement conventionnel (morceaux de 4.30-5 minutes en moyenne, avec refrains et tout). Et comme Matt Bellamy, Sel Balamir est un guitariste très inventif, mais lui se concertre surtout sur ce qu'il peut apporter à la musique, et pas le contraire.
L'album est relativement difficile à décrire, c'est typiquement un disque qui doit être entendu. ET dès qu'il l'est, c'est difficile de ne pas être conquis par le mur du son dressé par Amplifier (nom à la limite du ridicule, mais parfaitement approprié). Pour ce qu'il représente, à savoir une tentative de rendre le post-rock puissant relativement "pop" (ce que Biffy réussit pas mal, mais ici c'est clairement plus métal), c'est une réussite totale, RIP, par exemple, aurait du être le single de l'année.
Ceci dit, à se cantonner dans un seul, même si très noble, objectif, Amplifier se crée des barrières, et enferme leur son dans un carcan duquel il sera difficile de sortir. De plus, le tout semble trop homogène, et de là un peu long. On verra tout ça par la suite, mais en attendant, Insider est un excellent album, souffrant du défaut de ses qualités, ces dernières était si nombreuses, on ne se plaindra pas.

Amplifier - Insider


Amplifier est un trio venant de Manchester, et qui fait autant de bruit qu'une convention de cover bands de Mötorhead. Insider est leur second album, et on peut se demander pourquoi le groupe n'est pas plus connu. Les morceaux sont aussi puissants que Muse, sans les irritants artifices sonores et vocaux, et les tournants mélodiques rappellent (les extraordinaires) Biffy Clyro. Le tout servi dans un format relativement conventionnel (morceaux de 4.30-5 minutes en moyenne, avec refrains et tout). Et comme Matt Bellamy, Sel Balamir est un guitariste très inventif, mais lui se concertre surtout sur ce qu'il peut apporter à la musique, et pas le contraire.
L'album est relativement difficile à décrire, c'est typiquement un disque qui doit être entendu. ET dès qu'il l'est, c'est difficile de ne pas être conquis par le mur du son dressé par Amplifier (nom à la limite du ridicule, mais parfaitement approprié). Pour ce qu'il représente, à savoir une tentative de rendre le post-rock puissant relativement "pop" (ce que Biffy réussit pas mal, mais ici c'est clairement plus métal), c'est une réussite totale, RIP, par exemple, aurait du être le single de l'année.
Ceci dit, à se cantonner dans un seul, même si très noble, objectif, Amplifier se crée des barrières, et enferme leur son dans un carcan duquel il sera difficile de sortir. De plus, le tout semble trop homogène, et de là un peu long. On verra tout ça par la suite, mais en attendant, Insider est un excellent album, souffrant du défaut de ses qualités, ces dernières était si nombreuses, on ne se plaindra pas.

mercredi 20 décembre 2006

Isobel Campbell - Milkwhite Sheets


Isobel Campbell est connue en tant qu'ex-violoncelliste de Belle And Sebastian, mais 2006 est l'année qui la voit définitivement s'envoler de ses propres ailes, et a ce train-là, la référence à B&S sera bientôt tout à fait inutile, si ce n'est pas déjà le cas.

Milkwhite Sheets est son second album de l'année, et suit Ballad Of The Broken Seas, magnifique album réalisé avec Mark Lanegan. Ballad est peut-être l'album de l'année, la concurrence est donc rude pour celui-ci, et Isobel le sait bien. en effet, là où Ballad pouvait plaire à un public plus large (enfin, faut pas pousser c'est pas Placebo non plus), Milkwhite Sheets est beaucoup plus typé folk. La voix angélique est évidemment là, fluette, parfois pas juste mais toujours émouvante, parfois limite inaudible.
L'instrumentation fait la part belle à la contrebasse, la harpe et le violoncelle, ce qui confère à l'album un sentiment anachronique très marqué, et la préciosité de la demoiselle peut très facilement énerver. Mais dès qu'on se laisse conquérir, on découvre un univers éthéré, aussi pur que les draps du titre. Les deux berceuses endormeraient n'importe quel adulte en trois minutes (les bébés, c'est plus dur) Et quand Isobel se la joue a capella sur Loving Hannah, le monde s'arrête.

Moins mainstream, et sans doute moins percutant que Ballad Of The Broken Seas, Milkwhite Sheets reste un splendide album, montrant à la mouvance new folk actuelle la voie à suivre. Nous, on suit.

Isobel Campbell - Milkwhite Sheets


Isobel Campbell est connue en tant qu'ex-violoncelliste de Belle And Sebastian, mais 2006 est l'année qui la voit définitivement s'envoler de ses propres ailes, et a ce train-là, la référence à B&S sera bientôt tout à fait inutile, si ce n'est pas déjà le cas.

Milkwhite Sheets est son second album de l'année, et suit Ballad Of The Broken Seas, magnifique album réalisé avec Mark Lanegan. Ballad est peut-être l'album de l'année, la concurrence est donc rude pour celui-ci, et Isobel le sait bien. en effet, là où Ballad pouvait plaire à un public plus large (enfin, faut pas pousser c'est pas Placebo non plus), Milkwhite Sheets est beaucoup plus typé folk. La voix angélique est évidemment là, fluette, parfois pas juste mais toujours émouvante, parfois limite inaudible.
L'instrumentation fait la part belle à la contrebasse, la harpe et le violoncelle, ce qui confère à l'album un sentiment anachronique très marqué, et la préciosité de la demoiselle peut très facilement énerver. Mais dès qu'on se laisse conquérir, on découvre un univers éthéré, aussi pur que les draps du titre. Les deux berceuses endormeraient n'importe quel adulte en trois minutes (les bébés, c'est plus dur) Et quand Isobel se la joue a capella sur Loving Hannah, le monde s'arrête.

Moins mainstream, et sans doute moins percutant que Ballad Of The Broken Seas, Milkwhite Sheets reste un splendide album, montrant à la mouvance new folk actuelle la voie à suivre. Nous, on suit.

mardi 19 décembre 2006

Bromheads Jacket - Dits From The Commuter Belt


*Introduire ici une mention obligatoire d’Arctic Monkeys*

Lire l'article complet sur Pinkushion, ici

Albert Hammond Jr. - Yours To Keep


Pour commencer, deux faits incontestables. 1. Albert Hammond Jr est un des guitaristes des Strokes (celui avec l'afro et qui tient sa guitare collée contre son menton). 2. Yours To Keep est un titre affreux.
Voilà. Nous pouvons maintenant parler de l'album, qui a vu le jour suite à la frustration de Hammond, qui voyait toutes ses compostions refusées par Julian Casablancas, Noel Gallagher new-yorkais. Sauf qu'à entendre cet album, il n'a pas toujours eu raison, le Jules, tant les meilleurs morceaux de Yours To Keep auraient pu sans aucun problème se retrouver dans un des trois albums du groupe. De plus, sa voix, tout à fait décent, n'est pas trop différente (juste plus précise) que celle de Casablancas.
On retrouve donc de l'indie rock à la Strokes, agrémentés de claviers très eighties, et d'une production assez lo fi. Albert tente parfois de s'éloigner de son job habituel, mais c'est généralement avec maladresse, comme le prouvent un solo de sifflet (?) et des trompettes de mariachis(re-?).
C'est donc quand Hammond évoque l'esprit de son groupe qu'il est le meilleur, et qu'on se demande pourquoi Casablancas a refusé Back To The 101, qui aurait été un des meilleurs Strokes.
Yours To Keep est un album correct, qui ne tombe pas dans le piège du solo prétentieux du guitariste. Il n'arrive pas au niveau des meilleurs Strokes, mais au moins il a essayé, en s'en sort avec les honneurs.

Bromheads Jacket - Dits From The Commuter Belt


*Introduire ici une mention obligatoire d’Arctic Monkeys*

Lire l'article complet sur Pinkushion, ici

Albert Hammond Jr. - Yours To Keep


Pour commencer, deux faits incontestables. 1. Albert Hammond Jr est un des guitaristes des Strokes (celui avec l'afro et qui tient sa guitare collée contre son menton). 2. Yours To Keep est un titre affreux.
Voilà. Nous pouvons maintenant parler de l'album, qui a vu le jour suite à la frustration de Hammond, qui voyait toutes ses compostions refusées par Julian Casablancas, Noel Gallagher new-yorkais. Sauf qu'à entendre cet album, il n'a pas toujours eu raison, le Jules, tant les meilleurs morceaux de Yours To Keep auraient pu sans aucun problème se retrouver dans un des trois albums du groupe. De plus, sa voix, tout à fait décent, n'est pas trop différente (juste plus précise) que celle de Casablancas.
On retrouve donc de l'indie rock à la Strokes, agrémentés de claviers très eighties, et d'une production assez lo fi. Albert tente parfois de s'éloigner de son job habituel, mais c'est généralement avec maladresse, comme le prouvent un solo de sifflet (?) et des trompettes de mariachis(re-?).
C'est donc quand Hammond évoque l'esprit de son groupe qu'il est le meilleur, et qu'on se demande pourquoi Casablancas a refusé Back To The 101, qui aurait été un des meilleurs Strokes.
Yours To Keep est un album correct, qui ne tombe pas dans le piège du solo prétentieux du guitariste. Il n'arrive pas au niveau des meilleurs Strokes, mais au moins il a essayé, en s'en sort avec les honneurs.

dimanche 17 décembre 2006

Incubus - Light Grenades

Ceci ne me rajeunit clairement pas, mais Light Grenades est le sixième album des Californiens d'Incubus, qui, en une bonne dizaine d'années, ont connu, et survécu à la vague nu-metal qui nous a infligé des grands noms du rock comme Limp Bizkit, Linkin Park ou Mudvayne (qui?). Ils ont survécu de la meilleure manière qui soit, en laissant la musique évoluer. Après des débuts tonitruants, avec notamment l'excellent S.C.I.E.N.C.E., le groupe a connu un certain succès commercial grâce, en grande partie, à une radio-friendlisation de leur musique. L'album de 2004 (A Crow Left Of The Murder) avait compliqué un peu la tendance, en montrant que ce qu'Incubus faisait de mieux, c'était des pop songs enfermés dans des instrumentations assez complexes. Light Grenades confirme tout cela, et est aisément leur album le plus abouti à ce jour.

L'album débute par l'étrange Quicksand, plus une pièce ambient/spacerock qu'un morceau en soit, qui se termine là où A Kiss To Send Us Off débute. Ce dernier est un bon morceau rock, dont le refrain emprunte gentiment les accords de World Wide Suicide de Pearl Jam, une des références majeures du groupe, en terme de trajectoire de carrière.

Le plus gros hit du groupe était la ballade Drive, c'est sans doute pour cela que le groupe (ou Sony?) a inclus un morceau qui pourrait égaler ce succès, deux même. Dig n'est pas vraiment extraordinaire, Love Hurts est déjà beaucoup mieux (malgré les paroles un peu Myspace), mais elles remplissent bien leur rôle, tout en détonnant un peu avec le reste de l'album, comme le premier single, le fantastique Anna Molly. Brandon Boyd n'est pas un chanteur exceptionnel, mais il sait jouer de ses qualités, comme sur ce morceau, influencé juste ce qu'il faut par The Police croisé avec un peu de prog rock.

On peut en profiter pour signaler l'excellence musicale du groupe, dont chaque membre réussit à se démarquer sans jamais se mettre en avant et assombrir le groupe en tant que tel. La section rythmique est très solide (euphémisme), le guitariste Mike Einziger joue de ses pédales d'effet juste ce qu'il faut, et DJ Chris Kilmore apporte vraiment un plus, ce qui n'est pas le cas de tous les DJ rock (autre euphémisme). Et après la seconde ballade (Love Hurts, donc), Light Grenades est carréménet les 2 minutes 20 les plus rapides et violentes de la carrière du groupe, un pur concentré d'énergie. Franchement, ça fait du bien de les voir faire du full on rock, comme quoi, évolution ne veut pas toujours dire ramollissement (non, je n'ai rien dit, même pas cité un autre groupe californien qui aurait sorti un double album cette année). Earth To Bella clôture la première partie de l'album, : début calme, et bridge limite Mogwai.
La suite est plus complexe, parfois expérimentale, mais jamais très difficile d'accès. En fait, la première partie a servi à attirer l'auditeur, et la seconde réussit à les conserver. On retiendra surtout l'excellent Rogues et le bizarre Pendelous Threads. La seconde partie d'Earth To Bella clôture en beauté ce superbe album, d'un groupe aux ressources étonnantes, et dont la carrière semble de plus en plus intéressante.

Incubus - Light Grenades

Ceci ne me rajeunit clairement pas, mais Light Grenades est le sixième album des Californiens d'Incubus, qui, en une bonne dizaine d'années, ont connu, et survécu à la vague nu-metal qui nous a infligé des grands noms du rock comme Limp Bizkit, Linkin Park ou Mudvayne (qui?). Ils ont survécu de la meilleure manière qui soit, en laissant la musique évoluer. Après des débuts tonitruants, avec notamment l'excellent S.C.I.E.N.C.E., le groupe a connu un certain succès commercial grâce, en grande partie, à une radio-friendlisation de leur musique. L'album de 2004 (A Crow Left Of The Murder) avait compliqué un peu la tendance, en montrant que ce qu'Incubus faisait de mieux, c'était des pop songs enfermés dans des instrumentations assez complexes. Light Grenades confirme tout cela, et est aisément leur album le plus abouti à ce jour.

L'album débute par l'étrange Quicksand, plus une pièce ambient/spacerock qu'un morceau en soit, qui se termine là où A Kiss To Send Us Off débute. Ce dernier est un bon morceau rock, dont le refrain emprunte gentiment les accords de World Wide Suicide de Pearl Jam, une des références majeures du groupe, en terme de trajectoire de carrière.

Le plus gros hit du groupe était la ballade Drive, c'est sans doute pour cela que le groupe (ou Sony?) a inclus un morceau qui pourrait égaler ce succès, deux même. Dig n'est pas vraiment extraordinaire, Love Hurts est déjà beaucoup mieux (malgré les paroles un peu Myspace), mais elles remplissent bien leur rôle, tout en détonnant un peu avec le reste de l'album, comme le premier single, le fantastique Anna Molly. Brandon Boyd n'est pas un chanteur exceptionnel, mais il sait jouer de ses qualités, comme sur ce morceau, influencé juste ce qu'il faut par The Police croisé avec un peu de prog rock.

On peut en profiter pour signaler l'excellence musicale du groupe, dont chaque membre réussit à se démarquer sans jamais se mettre en avant et assombrir le groupe en tant que tel. La section rythmique est très solide (euphémisme), le guitariste Mike Einziger joue de ses pédales d'effet juste ce qu'il faut, et DJ Chris Kilmore apporte vraiment un plus, ce qui n'est pas le cas de tous les DJ rock (autre euphémisme). Et après la seconde ballade (Love Hurts, donc), Light Grenades est carréménet les 2 minutes 20 les plus rapides et violentes de la carrière du groupe, un pur concentré d'énergie. Franchement, ça fait du bien de les voir faire du full on rock, comme quoi, évolution ne veut pas toujours dire ramollissement (non, je n'ai rien dit, même pas cité un autre groupe californien qui aurait sorti un double album cette année). Earth To Bella clôture la première partie de l'album, : début calme, et bridge limite Mogwai.
La suite est plus complexe, parfois expérimentale, mais jamais très difficile d'accès. En fait, la première partie a servi à attirer l'auditeur, et la seconde réussit à les conserver. On retiendra surtout l'excellent Rogues et le bizarre Pendelous Threads. La seconde partie d'Earth To Bella clôture en beauté ce superbe album, d'un groupe aux ressources étonnantes, et dont la carrière semble de plus en plus intéressante.

dimanche 10 décembre 2006

Oasis – Stop The Clocks


Noel Gallagher a un jour dit qu'Oasis ne sortirait de best of que lorsqu'ils n'existeraient plus. Sony/BMG est passé par là, et a forcé le groupe à compiler Stop The Clocks, histoire de terminer leur contrat. Noel n'a eu d'autre choix que d'accepter, mais il a au moins eu le bon goût de définir lui-même le tracklist et de ne pas inclure d'inédits, toujours inférieur au matériel compilé. Et dans ce cas, quel matériel!

Contrairement à la majeure partie de compilations de Noël (sans jeu de mot), celle de U2 étant un exemple parfait, on se base sur le succès commercial des singles et on prend les plus gros. Ici, rien de tout cela : moins de 50% des singles du groupe sont repris ici, ainsi que des morceaux d'albums et quatre faces B. Maintenant, quand on connaît la carrière d'Oasis, on sait que leurs faces B datant de 94 à 95 sont dans bien des cas supérieures aux singles, donc ce n'était pas un problème.

Le problème, c'est bien sûr l'immense chute de qualité de leurs albums, à dater de Be Here Now (1997). Résultat, des 18 morceaux présents ici, seuls quatre datent d'après 1995, et leur album What's The Story (Morning Glory)? Et encore, ce sont clairement les quatre morceaux les plus faibles du disque. Gallagher le sait, tout le monde le sait, le best of d'Oasis, c'est simplement tout ce qui est sorti entre Definitely Maybe et Morning Glory. Supersonic, Live Forever, Cigarettes And Alcohol, Wonderwall, Don't Look Back In Anger : ces morceaux font partie du patrimoine populaire anglais, auquel on peut ajouter Slide Away, Champagne Supernova ou encore The Masterplan, fréquemment citée comme meilleure face B de tous les temps (Rain des Beatles leur dispute généralement cet honneur). On n'a rien à ajouter sur la qualité des chansons, très dérivatifs mais dignes représentants d'une époque majeure de la culture populaire anglaise.

En ce qui concerne Stop The Clocks, on ne peut que chicaner sur l'inclusion/exclusion de certains morceaux (personellement : Songbird, Go Let It Out, The Importance Of Being Idle out, Stay Young, Don't Go Away et Rockin' Chair in) et surtout de l'oubli total de tout ce qui concerne Be Here Now, album cocaïne par excellence mais non dénué de qualités, et de la relative brièveté de l'affaire: quitte à avoir deux cds, autant les remplir, 5-6 morceaux supplémentaires auraient pu être ajoutés sans trop de difficulté.

Mais le problème majeur est tout autre. En fait, Stop The Clocks ne sert à rien. Pour avoir le best of d'Oasis, laissez tomber cet album, et procurez vous Definitely Maybe, (What's The Story) Morning Glory?, The Masterplan voire Be Here Now. Un peu plus cher, mais beaucoup mieux.

Oasis - Stop The Clocks


Noel Gallagher a un jour dit qu'Oasis ne sortirait de best of que lorsqu'ils n'existeraient plus. Sony/BMG est passé par là, et a forcé le groupe à compiler Stop The Clocks, histoire de terminer leur contrat. Noel n'a eu d'autre choix que d'accepter, mais il a au moins eu le bon goût de définir lui-même le tracklist et de ne pas inclure d'inédits, toujours inférieur au matériel compilé. Et dans ce cas, quel matériel!

Contrairement à la majeure partie de compilations de Noël (sans jeu de mot), celle de U2 étant un exemple parfait, on se base sur le succès commercial des singles et on prend les plus gros. Ici, rien de tout cela : moins de 50% des singles du groupe sont repris ici, ainsi que des morceaux d'albums et quatre faces B. Maintenant, quand on connaît la carrière d'Oasis, on sait que leurs faces B datant de 94 à 95 sont dans bien des cas supérieures aux singles, donc ce n'était pas un problème.

Le problème, c'est bien sûr l'immense chute de qualité de leurs albums, à dater de Be Here Now (1997). Résultat, des 18 morceaux présents ici, seuls quatre datent d'après 1995, et leur album What's The Story (Morning Glory)? Et encore, ce sont clairement les quatre morceaux les plus faibles du disque. Gallagher le sait, tout le monde le sait, le best of d'Oasis, c'est simplement tout ce qui est sorti entre Definitely Maybe et Morning Glory. Supersonic, Live Forever, Cigarettes And Alcohol, Wonderwall, Don't Look Back In Anger : ces morceaux font partie du patrimoine populaire anglais, auquel on peut ajouter Slide Away, Champagne Supernova ou encore The Masterplan, fréquemment citée comme meilleure face B de tous les temps (Rain des Beatles leur dispute généralement cet honneur). On n'a rien à ajouter sur la qualité des chansons, très dérivatifs mais dignes représentants d'une époque majeure de la culture populaire anglaise.

En ce qui concerne Stop The Clocks, on ne peut que chicaner sur l'inclusion/exclusion de certains morceaux (personellement : Songbird, Go Let It Out, The Importance Of Being Idle out, Stay Young, Don't Go Away et Rockin' Chair in) et surtout de l'oubli total de tout ce qui concerne Be Here Now, album cocaïne par excellence mais non dénué de qualités, et de la relative brièveté de l'affaire: quitte à avoir deux cds, autant les remplir, 5-6 morceaux supplémentaires auraient pu être ajoutés sans trop de difficulté.

Mais le problème majeur est tout autre. En fait, Stop The Clocks ne sert à rien. Pour avoir le best of d'Oasis, laissez tomber cet album, et procurez vous Definitely Maybe, (What's The Story) Morning Glory?, The Masterplan voire Be Here Now. Un peu plus cher, mais beaucoup mieux.

mercredi 6 décembre 2006

Manic Street Preachers - Everything Must Go (1996)

Les Manic Street Preachers auront vraiment eu une carrière bizarre, pleine de rebondissements et de coups durs qui auraient anéanti la plupart des groupes actuels. Tout a commencé avec un album énorme (18 morceaux, 75 minutes et la promesse - non tenue - de splitter s'il ne se vendait pas à 20 millions d'exemplaires, ce qui ne fut évidemment pas le cas). Deux albums plus tard sortait l'extraordinaire The Holy Bible, un des albums les plus puissants de l'histoire, et aussi un des plus bruts. Il restera connu à jamais comme le chef d'oeuvre du groupe, mais contre toute attente, le succès commercial viendra juste après, avec Everything Must Go.


Avant toute chose, il faut souligner l'atmosphère particulière qui précéda la sortie du disque : en effet, le designer/lyriciste du groupe, Richey James Edwards (responsable en grande partie de l'ambiance morbide/intense de The Holy Bible) disparut le 1er février 1995, à la veille d'une tournée promotionnelle. Il n'a toujours pas été retrouvé à ce jour. Après quelques mois de réflexion, le groupe décidé de poursuivre en tant que trio, en conservant quelques morceaux co-écrits par Edwards, pour leur nouvel album.


Et c'est sur des bruits de marée (évoquant un possible suicide d'Edwards, profondément dépressif) que l'album commence, et on sent dès le début que le groupe a voulu marquer la différence : les ambiances sombres sont ici remplacées par des morceaux amples, des instrumentations variées et un son puissant, aux antipodes du huis-clos de THB. Tout cela est évidemment parfaitement démontré dans le moceaux suivant, peut-être le plus grand single de rock anglais des années 90 : A Design For Life. Hymne puissant basé sur leurs origines prolétaires, le morceau propulsa le groupe au faîte du rock indie anglais, et fit de l'album un classique.


Les autres morceaux n'abaissent pas le niveau, au contraire : Kevin Carter, construit autour des vers non linéaires d'Edwards prend des tours et détours inattendus (comme un solo de trompette), Everything Must Go et Australia montre un groupe confiant malgré tout, et qui veut maintenant se faire entendre du plus grand nombre.


Ceci dit, Everything Must Go, même si beaucoup plus aisé à écouter que son prédécesseur, comporte quelques passages moins faciles, comme la magnifique ballade Small Black Flowers That Grow In The Sky aux paroles très noires, ou le magnifique dernier morceau, No Surface All Feeling, qui exemplifie au maximum le style de l'album, tout en puissance et en guitares multipliées. Qui d'ailleurs sont parfois trop mises en avant, la production trop "produite" étant sans doute le défaut de l'album.


Everything Must Go n'arrive pas au niveau de The Holy Bible, mais de toute façon, ce n'était pas le but. L'album montre un nouveau départ, une renaissance pour le groupe, même si l'avenir peu glorieux (les trois albums suivants se révéleront assez pâles, malgré quelques bons passages) ne le confirma pas. Á l'époque, les Manic Street Preachers venaient de sortir un des meilleurs albums de 1996, semblaient enfin tenir leurs promesses de domination globale, mais resteront à jamais connus dans l'histoire du rock pour avoir crée deux excellents albums, pour des raisons totalement différentes.

Beck - The Information


Beck Hansen, touche à tout de génie, est maintenant dans une position enviable de godfather de la scène indie US. Il a connu sa période de (relatif) succès commercial (entre 94 et 96, avec les morceaux Loser, Where It's At, Devil's Haircut, extraits des albums Mellow Gold et Odelay), avant de dévier vers le moins accessible (Mutations) ou l'acoustique (Sea Change). sorti l'an dernier, Guero était une sorte de retour en forme, et The Information ne fait que confirmer cette affirmation.

Beck a toujours eu cette étonnante capacité à rendre mémorable un morceau complexe, bourré de samples et de subtilités, et il y arrive de nouveau ici, comme sur I Think I'm In Love, au début de l'album. Cellphone's Dead, le premier single commence (sainte horreur) comme un récent Moby avant d'être entraîné par une ligne de basse très Dust Brothers (même si l'album est produit par Nigel Godrich) et le rap trainaillant de Beck, son trademark qui ne semble pas lasser. L'album est assez varié, et rappelle chaque période de la carrière de Beck. On y retrouve donc aussi des morceaux mélancoliques, qui suivent des tracks carrément hip-hop, le tout enrobé dans la sauce Beck, peut-être le plus grand caméléon offert par le monde indie américain. Ceci dit, The Information est sans doute trop long, et on se demande le pourquoi de la dernière piste, qui n'en finit littéralement pas. Mais ce sont des reproches tout à fait mineurs, vu la qualité du matériel.

Un artiste qui semble faire ce qu'il veut, qui ouvre des portes (ici via la pochette, entièrement modifiable via un jeu d'autocollants) et qui réussit à créer une musique qui plaît sans être élitiste : pas facile, mais ici parfaitement réussi.

Beck - The Information


Beck Hansen, touche à tout de génie, est maintenant dans une position enviable de godfather de la scène indie US. Il a connu sa période de (relatif) succès commercial (entre 94 et 96, avec les morceaux Loser, Where It's At, Devil's Haircut, extraits des albums Mellow Gold et Odelay), avant de dévier vers le moins accessible (Mutations) ou l'acoustique (Sea Change). sorti l'an dernier, Guero était une sorte de retour en forme, et The Information ne fait que confirmer cette affirmation.

Beck a toujours eu cette étonnante capacité à rendre mémorable un morceau complexe, bourré de samples et de subtilités, et il y arrive de nouveau ici, comme sur I Think I'm In Love, au début de l'album. Cellphone's Dead, le premier single commence (sainte horreur) comme un récent Moby avant d'être entraîné par une ligne de basse très Dust Brothers (même si l'album est produit par Nigel Godrich) et le rap trainaillant de Beck, son trademark qui ne semble pas lasser. L'album est assez varié, et rappelle chaque période de la carrière de Beck. On y retrouve donc aussi des morceaux mélancoliques, qui suivent des tracks carrément hip-hop, le tout enrobé dans la sauce Beck, peut-être le plus grand caméléon offert par le monde indie américain. Ceci dit, The Information est sans doute trop long, et on se demande le pourquoi de la dernière piste, qui n'en finit littéralement pas. Mais ce sont des reproches tout à fait mineurs, vu la qualité du matériel.

Un artiste qui semble faire ce qu'il veut, qui ouvre des portes (ici via la pochette, entièrement modifiable via un jeu d'autocollants) et qui réussit à créer une musique qui plaît sans être élitiste : pas facile, mais ici parfaitement réussi.

mardi 5 décembre 2006

The Decemberists - The Crane Wife


Groupe culte dans les milieux indie US, ceux qui nous ont amené Sufjan Stevens ou Arcade Fire (on en reparlera), The Decemberists est un groupe qu'on pourrait qualifier de folk rock littéraire. The Crane Wife est leur premier album pour une major, et est donc censé apporter une exposition plus importante à leur musique, qui n'est pas très commerciale en soi, mais qui n'est absolument pas denuée de charme. Charme amené en grande partie par le chanteur Colin Meloy, fan de Morrissey et puits littéraire : ses paroles sont nettement plus relevées que la majorité de la production actuelle, et son chant s'appuie sur une instrumentation variée, dominée par la guitare acoustique, le piano, le violon et la basse.

Mais The Crane Wife, au titre inspiré d'un conte japonais, est clairement un album d'histoires, et il faut l'écouter pour entrer dans un monde étrange, limite anachronique, mais très attachant. Á l'image des précités Arcade Fire, The Decemberists ont crée leur propre univers, mais encore plus personnel que les Canadiens, à l'image de deux suites de morceaux, de 12 minutes chacune, ou de l'absolument magnifique Yankee Bayonet.

Le format peu commode des morceaux ne leur garantiront sans doute pas un grand succès commercial, mais The Crane Wife, sans doute l'album le plus important du groupe (et de qualité au moins égale à son prédécesseur, le classique Picaresque) est au dessus de la simple logique mercantile. On pourrait juste lui reprocher un soupçon de préciosité, mais vraiment, les mots ne suffisent pas pour décrire un album qui ne plaira sûrement pas à la majorité, qui, comme souvent, a tort.

Magnifique, personnel, original, un peu suranné sans être abscons et fermé : The Crane Wife est une gemme exceptionnelle, et de loin un des albums de 2006.

The Decemberists - The Crane Wife


Groupe culte dans les milieux indie US, ceux qui nous ont amené Sufjan Stevens ou Arcade Fire (on en reparlera), The Decemberists est un groupe qu'on pourrait qualifier de folk rock littéraire. The Crane Wife est leur premier album pour une major, et est donc censé apporter une exposition plus importante à leur musique, qui n'est pas très commerciale en soi, mais qui n'est absolument pas denuée de charme. Charme amené en grande partie par le chanteur Colin Meloy, fan de Morrissey et puits littéraire : ses paroles sont nettement plus relevées que la majorité de la production actuelle, et son chant s'appuie sur une instrumentation variée, dominée par la guitare acoustique, le piano, le violon et la basse.

Mais The Crane Wife, au titre inspiré d'un conte japonais, est clairement un album d'histoires, et il faut l'écouter pour entrer dans un monde étrange, limite anachronique, mais très attachant. Á l'image des précités Arcade Fire, The Decemberists ont crée leur propre univers, mais encore plus personnel que les Canadiens, à l'image de deux suites de morceaux, de 12 minutes chacune, ou de l'absolument magnifique Yankee Bayonet.

Le format peu commode des morceaux ne leur garantiront sans doute pas un grand succès commercial, mais The Crane Wife, sans doute l'album le plus important du groupe (et de qualité au moins égale à son prédécesseur, le classique Picaresque) est au dessus de la simple logique mercantile. On pourrait juste lui reprocher un soupçon de préciosité, mais vraiment, les mots ne suffisent pas pour décrire un album qui ne plaira sûrement pas à la majorité, qui, comme souvent, a tort.

Magnifique, personnel, original, un peu suranné sans être abscons et fermé : The Crane Wife est une gemme exceptionnelle, et de loin un des albums de 2006.

mercredi 22 novembre 2006

Blur - Blur (1997)




En 1997, la guerre de la Britpop est terminée, remportée par Oasis. Blur pouvait donc se concentrer sur la qualité de leur musique, plutôt que sur un éventuel succès commercial, sachant que leurs futurs ex-rivaux mancuniens ne seront plus battus. Le cinquième album de Blur, éponyme, est aussi de loin le plus intéressant depuis le début, grâce à une variété étonnante, et à l'ajout de nouvelles influences.


Avant cela, Blur était le groupe anglais quintessentiel, celui qui parlait de la vie middle-class comme nul autre (quoique, Pulp...). Mais quelqu'un n'était pas d'accord avec tout cela, et ne se retrouvait plus dans l'image créé par Blur. Ce quelqu'un, c'est bien sûr Graham Coxon, guitariste de génie, et principal instigateur du virage musical pris par le groupe. Là où Damon Albarn (chanteur, principal compositeur et idole) puisait son insipration chez les Beatles, Faces, Jam et tout ce que l'Angleterre comptait comme pionniers, Coxon était plus intéressé par ce qui se passait outre Atlantique. Le grunge, les guitares (mal)traitées, c'était son truc.


Même si le morceau d'ouverture (Beetlebum) fait immanquablement penser aux Beatles (malgré un solo de Coxon qui donne le vertige), Song 2 montre clairement des influences bruitistes plus proche de Seattle (via Pixies) que du West End. Song 2 est peut-être leur morceau le plus connu, grâce à son refrain, mais il ne faut pas sous-estimer la crasse pure de la guitare de Coxon ainsi qu'une basse phénoménale (Alex James est un des bassistes les plus bruyants qu'il m'aie été donné de voir live). Ensuite, chaque morceau est une nouvelle exploration sonore, comme un Country Sad Ballad Man qui lorgne vers Pavement, M.O.R inspiré (et plus) de Bowie, ou encore l'instrumental très claviers retro Theme From Retro (évidemment). La première moitié du disque sur clôture sur un morceau solo de Graham Coxon (son premier) : le très lo-fi mais néanmoins époustouflant You're So Great. Coxon allait sortir son premier album solo, tout aussi lo-fi, quelques mois plus tard.


Ensuite, l'auditeur commence un peu à se perdre, dans les lignes de synthé tout droit tirée des Specials de Death of a Party au postpunk de Chinese Bombs, en passant par les expérimentaux I'm Just A Killer for Your Love et Strange News For Another Star. Seul Look Inside America fait référence à leur passé Britpop, mais les paroles ne laissent plus de doute quant à la nouvelle orientation de Blur. L'album se conclut sur un spoken word trip-hop qui déborde de partout, sans laisser aucune concession.


Blur version 2 était né, et allait donner quelques années plus tard l'excellent mais étrange 13, avant que la tension, déjà palpable ici, entre Albarn et Coxon arrive à son paroxysme : lors de l'enregistrement de Think Tank, Coxon claque la porte, préférant sa carrière solo (quatre albums à l'époque, six maintenant) à celle d'un groupe dans lequel il ne se retrouve plus du tout. Il n'est toujours pas revenu sur sa décision, malgré des appels du pied d'Albarn (par ailleurs occupé avec Gorillaz et son nouveau projet The Good The Bad and The Queen).


Blur ne sera donc sans doute plus jamais comme il était, et Blur est le meilleur moyen de s'en souvenir, juste après les excès Britpop et avant la bizarrerie totale de 13. La différence avec Oasis n'aura alors jamais été aussi claire.



PS : le jour où je publie cet article, Graham Coxon a évoqué pour la première fois un éventuel retour... Affaire à suivre.

U2 – 18 Singles


Les habitués de Music Box savent que U2 n'est pas mon groupe préféré, ce qui ne m'empêche pas de les respecter, et même d'apprécier une bonne partie de leur carrière (pour tout dire, le début). Au niveau des compilations, ils en ont sorti deux jusqu'ici, logiquement arrangés : The Best of 1980-1990 et The Best of 1990-2000. Il faut croire qu'ils n'avaient pas envie d'attendre 2010 (ou qu'ils n'avaient pas confiance en leurs morceaux?) pour continuer, car voici un best of très concis (26 ans de carrière en 18 titres), et très particulièrement destiné à être acheté en masse et déposé sous le sapin.

On ne retrouve que du gros, les plus immenses tubes du groupe s'y trouvent, dont les derniers (avec une certaine importance donnée à leur carrière récente, sans doute pour profiter des acheteurs potentiels à la mémoire courte) et les suivants : la fameuse reprise de The Saints Are Coming, avec Green Day, et l'inédit Window In The Skies. 18 Singles ne fait donc pas dans l'original, on cherchera en vain les morceaux osés du groupe (j'ai encore en tête la phénoménale vidéo de Discothèque, c'était quand même quelque chose, dans le genre), et on peut donc se demander à qui est destiné cet album. Le fan de U2, même occasionnel, a soit les albums soit au pire les 2 best of précités.

Je n'oserai pas dire que le but de cette sortie est uniquement mercantile (Bono n'est pas comme ça, lui, mais enfin que croyez-vous), et j'imagine aisément le père de famille prétendument branché qui offre, sourire aux lèvres, l'album à son fils de 16 ans qui ne jure que par Klaxons et CSS. Ca sent le sapin, tout ça...

U2 - 18 Singles


Les habitués de Music Box savent que U2 n'est pas mon groupe préféré, ce qui ne m'empêche pas de les respecter, et même d'apprécier une bonne partie de leur carrière (pour tout dire, le début). Au niveau des compilations, ils en ont sorti deux jusqu'ici, logiquement arrangés : The Best of 1980-1990 et The Best of 1990-2000. Il faut croire qu'ils n'avaient pas envie d'attendre 2010 (ou qu'ils n'avaient pas confiance en leurs morceaux?) pour continuer, car voici un best of très concis (26 ans de carrière en 18 titres), et très particulièrement destiné à être acheté en masse et déposé sous le sapin.

On ne retrouve que du gros, les plus immenses tubes du groupe s'y trouvent, dont les derniers (avec une certaine importance donnée à leur carrière récente, sans doute pour profiter des acheteurs potentiels à la mémoire courte) et les suivants : la fameuse reprise de The Saints Are Coming, avec Green Day, et l'inédit Window In The Skies. 18 Singles ne fait donc pas dans l'original, on cherchera en vain les morceaux osés du groupe (j'ai encore en tête la phénoménale vidéo de Discothèque, c'était quand même quelque chose, dans le genre), et on peut donc se demander à qui est destiné cet album. Le fan de U2, même occasionnel, a soit les albums soit au pire les 2 best of précités.

Je n'oserai pas dire que le but de cette sortie est uniquement mercantile (Bono n'est pas comme ça, lui, mais enfin que croyez-vous), et j'imagine aisément le père de famille prétendument branché qui offre, sourire aux lèvres, l'album à son fils de 16 ans qui ne jure que par Klaxons et CSS. Ca sent le sapin, tout ça...

jeudi 16 novembre 2006

Deftones - Saturday Night Wrist


On les croyait morts, les Deftones, minés par le conflit interne imposé par le chanteur, l'imposant (il a triplé de volume en 10 ans) Chino Moreno. Après le semi-échec commercial et critique de l'éponyme quatrième album, Chino décida de quitter le groupe, sans prévenir, durant les sessions d'enregistrment du cinquième. En résulta une grosse tension qui a failli faire éclater le groupe, mais aussi le projet parallèle de Chino (Team Sleep) et une compilation de raretés des Deftones. Quelques mois plus tard, après moults retards, Saturday Night Wrist voit le jour, et surprise : c'est peut-être leur meilleur album à ce jour.

Les Deftones ont toujours compté sur deux éléments pour rendre leur musique unique : la voix de Chino, murmure habité, et les atmosphères musicales, pouvant aller du (très) bruyant au calme, quasi ambient. Et c'est évidemment le cas ici, dès le morceau d'ouverture et premier single Hole In The Earth. L'album est homogène, mais compte sur quelques modificaitons de la formule pour ne pas céder à la facilité : Rapture et Rats! Rats! Rats! comptent parmi les morceaux les plus violents jamais enregistrés par le groupe, Mein voit la collaboration réussie de Serj de System of a Down, et on retrouve même un superbe instrumental dont le titre fera sourire ceux qui comprennent la (semi) private joke (U,U,D,D,L,R,L,R,A,B,Select,Start).

On peut toutefois se demander ce qui Pink Cellphone vient faire au beau milieu de l'album : ce monologue borderline ridicule de Annie Hardy (Giant Drag) n'a pas sa place dans l'album (mais la fin est tordante, si vous avez la version non censurée), mais heureusement la suite vient confirmer ce qu'on pensait déjà : SNW est un des meilleurs album s del'année, tous genres confondus, et se retrouve avec White Pony au panthéon des meilleurs albums métal contemporains. Etonnant, mais vrai.

Deftones - Saturday Night Wrist


On les croyait morts, les Deftones, minés par le conflit interne imposé par le chanteur, l'imposant (il a triplé de volume en 10 ans) Chino Moreno. Après le semi-échec commercial et critique de l'éponyme quatrième album, Chino décida de quitter le groupe, sans prévenir, durant les sessions d'enregistrment du cinquième. En résulta une grosse tension qui a failli faire éclater le groupe, mais aussi le projet parallèle de Chino (Team Sleep) et une compilation de raretés des Deftones. Quelques mois plus tard, après moults retards, Saturday Night Wrist voit le jour, et surprise : c'est peut-être leur meilleur album à ce jour.

Les Deftones ont toujours compté sur deux éléments pour rendre leur musique unique : la voix de Chino, murmure habité, et les atmosphères musicales, pouvant aller du (très) bruyant au calme, quasi ambient. Et c'est évidemment le cas ici, dès le morceau d'ouverture et premier single Hole In The Earth. L'album est homogène, mais compte sur quelques modificaitons de la formule pour ne pas céder à la facilité : Rapture et Rats! Rats! Rats! comptent parmi les morceaux les plus violents jamais enregistrés par le groupe, Mein voit la collaboration réussie de Serj de System of a Down, et on retrouve même un superbe instrumental dont le titre fera sourire ceux qui comprennent la (semi) private joke (U,U,D,D,L,R,L,R,A,B,Select,Start).

On peut toutefois se demander ce qui Pink Cellphone vient faire au beau milieu de l'album : ce monologue borderline ridicule de Annie Hardy (Giant Drag) n'a pas sa place dans l'album (mais la fin est tordante, si vous avez la version non censurée), mais heureusement la suite vient confirmer ce qu'on pensait déjà : SNW est un des meilleurs album s del'année, tous genres confondus, et se retrouve avec White Pony au panthéon des meilleurs albums métal contemporains. Etonnant, mais vrai.

mardi 14 novembre 2006

Foo Fighters - Skin And Bones


Cela peut paraître surprenant que le premier album live des Foo Fighters, groupe peu connu pour faire dans la dentelle live, ait été enregistré lors de leur petite tournée semi-acoustique, destinée à promouvoir la seconde partie de In Your Honour. Les quatre Foo Fighters étaient alors accompagnés de la violoniste/choriste Petra Haden, du clavieriste Rami Jaffee et de l'ex-Nirvana et Foo Pat Smear à la guitare.

On ne doit donc pas s'attendre à des brûlots punk genre Monkey Wrench, mais plutôt à des morceaux calmes, comme ceux qui forment la majorité du setlist, les extraits du second CD de In Your Honour, comme l'excellent Friend of a Friend, écrit par Dave Grohl lorsqu'il était encore batteur de Nirvana. Nirvana dont les Foo reprennent Marigold, écrité et interpretée déjà à l'époque par Grohl. Mais c'est néanmoins les classiques du groupe qui fonctionnent le mieux ici, comme Times Like These, Big Me, Walking After You, et surtout, évidemment, Everlong (qui se retrouve systématiquement dans les listes des meilleures chansons des années 90).

Les arrangement sont classieux sans être lourds, et sont toujours au service de la musique, joué par un groupe qui a parfois un peu de peine à se retenir, sans doute un manque d'habitude (Best of You acoustique, pas une bonne idée). Il reste que Skin and Bones est un bon album, qui montre une autre facette de ce très bon groupe, qui petit à petit devient un des classiques du rock contemporain. Il faut juste faire attention de ne pas comparer Skin and Bones avec un autre album acoustique où apparaissait également Dave Grohl...

Foo Fighters - Skin And Bones


Cela peut paraître surprenant que le premier album live des Foo Fighters, groupe peu connu pour faire dans la dentelle live, ait été enregistré lors de leur petite tournée semi-acoustique, destinée à promouvoir la seconde partie de In Your Honour. Les quatre Foo Fighters étaient alors accompagnés de la violoniste/choriste Petra Haden, du clavieriste Rami Jaffee et de l'ex-Nirvana et Foo Pat Smear à la guitare.

On ne doit donc pas s'attendre à des brûlots punk genre Monkey Wrench, mais plutôt à des morceaux calmes, comme ceux qui forment la majorité du setlist, les extraits du second CD de In Your Honour, comme l'excellent Friend of a Friend, écrit par Dave Grohl lorsqu'il était encore batteur de Nirvana. Nirvana dont les Foo reprennent Marigold, écrité et interpretée déjà à l'époque par Grohl. Mais c'est néanmoins les classiques du groupe qui fonctionnent le mieux ici, comme Times Like These, Big Me, Walking After You, et surtout, évidemment, Everlong (qui se retrouve systématiquement dans les listes des meilleures chansons des années 90).

Les arrangement sont classieux sans être lourds, et sont toujours au service de la musique, joué par un groupe qui a parfois un peu de peine à se retenir, sans doute un manque d'habitude (Best of You acoustique, pas une bonne idée). Il reste que Skin and Bones est un bon album, qui montre une autre facette de ce très bon groupe, qui petit à petit devient un des classiques du rock contemporain. Il faut juste faire attention de ne pas comparer Skin and Bones avec un autre album acoustique où apparaissait également Dave Grohl...

dimanche 12 novembre 2006

Ramones - Ramones (1976)

On passera sur la question sans aucun intérêt de qui a inventé le punk, pour s'attarder sur un des albums majeurs de la genèse du mouvement (ils seront tous chroniqués ici tôt ou tard). Les quatre Ramones ont réinventé le monde musical d'une manière que peu de monde l'a fait depuis, et pour deux raisons majeures : d'abord, ils ont eu le génie de mélanger musique "dure" et pop, refrains mémorables sur riffs métalliques. Ensuite, vu leur légendaire limitation technique (qui n'était d'ailleurs pas si grande), ils ont montré que n'importe qui pouvait prendre une guitare et former un groupe, ce qui a évidemment permis de créer des centaines de groupes, dont certains tout à fait majeurs (il suffit de regarder la liste des artistes qui ont participé à l'album hommageWe're a Happy Family).

L'album éponyme est le premier d'une terrible série de huit albums excellents (la suite fut moins glorieuse), et peut-être le meilleur (Leave Home et Rocket To Russia ne sont pas loin). Rien n'est à jeter ici, que ce soit les morceaux punk prototypiques (Blitzkrieg Bop, Now I Wanna Sniff Some Glue, Beat On The Brat) à ceux plus lents (I Wanna Be Your Boyfriend, qui aurait pu être une production Spector pour les Ronettes).

Tenter de décrire ce disque est inutile, il faut l'écouter pour comprendre, car l'alchimie entre les regrettés Johnny (guitare), Joey (chant) et Dee Dee (basse) est unique dans l'histoire du rock n roll, et a permis d'en faire un de ses meilleurs représentants.

Pendant ce temps, à New York, le jeune Ian MacKaye préparait, casque sur les oreilles, l'étape suivante alors qu'à Londres, Joe Strummer et Malcolm McLaren avaient leurs propres idées... J'y reviendrai.

The Datsuns - Smoke And Mirrors


Qui se souvient encore des Datsuns, ce groupe neo-zélandais qui était au coeur du mouvement revival hard rock d'il y a quelques années? Clairement plus grand monde, et c'est peut-être dommage, vu leur excellent second album qui était passé inaperçu presque partout (sauf ici). Ceci dit, le troisième est nettement plus douteux, vu qu'ils ont décidé de virer le son plus varié et ambitieux du second pour tenter de revenir à la sobriété rock n roll du début. C'est généralement raté, et très vite oubliable. Les meilleurs morceaux sont presque des auto-parodies (Maximum Heartbreak est le jumeau de Harmonic Generator) et puis, c'est marrant de voler Led Zep, mais à la fin, ça fatigue. Et ce n'est pas les morceaux acoustiques maladroits qui relèvent le niveau. Il faudra vraiment un exploit pour qu'on entende de nouveau parler du groupe un jour.

The Datsuns - Smoke And Mirrors


Qui se souvient encore des Datsuns, ce groupe neo-zélandais qui était au coeur du mouvement revival hard rock d'il y a quelques années? Clairement plus grand monde, et c'est peut-être dommage, vu leur excellent second album qui était passé inaperçu presque partout (sauf ici). Ceci dit, le troisième est nettement plus douteux, vu qu'ils ont décidé de virer le son plus varié et ambitieux du second pour tenter de revenir à la sobriété rock n roll du début. C'est généralement raté, et très vite oubliable. Les meilleurs morceaux sont presque des auto-parodies (Maximum Heartbreak est le jumeau de Harmonic Generator) et puis, c'est marrant de voler Led Zep, mais à la fin, ça fatigue. Et ce n'est pas les morceaux acoustiques maladroits qui relèvent le niveau. Il faudra vraiment un exploit pour qu'on entende de nouveau parler du groupe un jour.

jeudi 9 novembre 2006

Metallica - Master of Puppets (1986)


En trois ans de rédaction pour Music Box (entre autres), j'ai remarqué que si je venais à dire du mal de Metallica, je me prends à chaque fois plein dans la gueule dans les commentaires. Ce qui malheureusement confirme un cliché, mais je tenais à affirer ici que je ne déteste pas Metallica, au contraire. Ce n'est pas parce les membres du groupe sont des abrutis de première (Some Kind of Monster, le film et l'affaire Napster suffisent), qu'ils ont sorti trois (voire quatre, mais là je m'expose à l'anthrax dans ma boîte aux lettres) albums très pénibles et que les deux nouvelles chansons jouées en 2006 sont ridicules que le groupe n'a jamis rien valu, bien au contraire.


Master of Puppets, qui fête ses 20 ans cette année (c'est le premier album que je chronique dont je n'ai pas vécu la sortie - j'avais 6 ans) est le meilleur album du groupe, il est difficile de le nier (même pas la peine de mettre les mots "black" et "album" dans un commentaire). Le groupe lui a d'ailleurs rendu hommage lors de leur petite tournée 2006, en le jouant dans son intégralité.


L'album commence par la fameuse intro flamenco de Battery, qui est tellement connue aujourd'hui que son effet de surprise est passé, mais reste que le morceau qui la suit est un archétype d'offensive trash metal, emmené par ce qui est sans doute le principal point fort de Metallica, la guitare rythmique extraordinaire du chasseur d'ours blanc James Hetfield. Le tout aussi classique morceau titre le confirme, avec son intro légendaire qui ne permet heureusement pas encore de montrer les lacunes du batteur Lars Ulrich. On peut dire, sans doute à raison, que ce genre musical est aujourd'hui suranné, et les morceaux de 8 minutes sans trop de variation seraient maintenant risibles, mais il reste que la puissance de ces morceaux est indéniable.


Un peu plus loin, Welcome Home (Sanitarium) suit la formule de Fade To Black (sur Ride The Lightning, personnellement mon préféré), à savoir une intro mid-tempo suivi d'une suite plus dynamique. Quelques années plus tard, Metallica sortira un album entier sur ce principe, même si le tempo lent sera prévalent. Disposable Heroes accèlere les choses, et reste, avec le dernier morceau ici, Damage Inc., un de leurs morceaux les plus rapides. On doit aussi retenir le splendide instrumental Orion, dominé par la basse du très regretté Cliff Burton.


Master of Puppets ne possède plus la même puissance aujourd'hui (même si une bonne remasteristation arrangerait les choses), mais il reste un album majeur pour la carrière de Metallica et pour le metal en général, vu que tout ce qui va suivre sera lourdement influencé par cet album. Un classique, par définition.