lundi 30 mars 2009

Therapy? - Crooked Timber

Il y a très peu de groupes qui font une carrière sans faute. On finit toujours par se ramollir (au mieux), par tenter de se réinventer (Radiohead étant l'exception confirmant la triste règle) ou pire, par devenir totalement inutile et embarrassant (chaussures compensées + grosses lunettes, guitariste à bonnet? Eux.). Le douzième album de Therapy? est un de leurs tous meilleurs, tout en étant, comme souvent, différent de ce qu'ils ont fait auparavant.

Therapy? est un de mes groupes préférés, que je suis depuis pas mal d'années, et qui ne m'ont jamais vraiment déçu. Cependant, les deux derniers albums (Never Apologize Never Explain et One Cure Fits All), tout en étant largement décents, n'apportaient que peu au canon des irlandais. Trois ans après, il fallait sans doute se réinventer, et c'est ce que le groupe a fait, notamment en invitant Andy Gill à la production. Gill, influence majeure de pas mal de monde s'inspirant de son groupe Gang Of Four, a réussi à insuffler une nouvelle dynamique à Therapy? Le groupe sonne très soudé, avec une mention très spéciale à la basse de Michael McKeegan. C'est simple : la basse est l'instrument majeur d'un album à la rythmique aussi impeccable que dévastatrice.

On le remarque d'entrée de jeu avec The Head That Tried To Strangle Itself, ou la dynamique (oui, je me répète) du power trio est poussée à son maximum. Therapy? n'a jamais semblé aussi tight depuis le départ de Martin McCarrick. Il faut donc souligner la place du batteur Neil Cooper : non seulement il rappelle parfois Fyfe Ewing, le légendaire premier cogneur de fûts du groupe, mais il complète McKeegan à la perfection. Reste le dernier membre, Andy Cairns, dont la guitare est donc fatalement parfois en retrait. Ce qui ne l'empêche pas d'envoyer des riffs dantesques et une guitare rythmique idéale. Enfin, Cairns profite du caractère novateur des structures des nouveaux morceaux pour tenter quelques nouvelles choses avec sa voix. Certains diront qu'il chante enfin, je dirai simplement qu'il évolue...

Après le morceau d'intro, suivent carrément deux des meilleurs morceaux jamais enregistrés par T?. Enjoy The Struggle possède une rythmique totalement inouïe alors que Clowns Galore rappelle carrément leurs débuts, et Teethgrinder. Peut-être même en mieux, c'est dire. Cairns est rageur, expédie des solos courts limite industriels, et T?, au risque de me répéter, n'a plus sonné comme ça depuis quelques années. Mais Crooked Timber est assez varié, malgré l'approche bassique (oui, j'ai fait mieux) de l'album : Exiles est étrangement atmosphérique, comme si T? se retrouve signé par Factory Records il y a 25 ans, alors que Crooked Timber commence par une intro au glockenspiel ultramélodique, avant que la basse de McKeegan ne balaye littéralement tout ce qui passe.

On se s'ennuie pas : I Told You I Was Ill pastiche leur tout premier album en ce qui concerne le son de la batterie, pendant que Cairns joue son crooner sur un accord des Ramones. Wow quoi. Somnanbulist et Blacken The Page ramènent un peu le groupe vers leurs influences punk (mais c'est pas Shameless non plus). En fait, c'est tellement varié que s'il n'y avait pas la voix de Cairns, on se demanderait pendant tout l'album de qui il s'agit, surtout avec le morceau suivant. Magic Mountain est 1) un instrumental de dix minutes 2) le truc le plus étrange jamais sorti par T? 3) un morceau qui ne leur ressemble pas 4) un morceau qui ne ressemble à personne d'autre. Parfois un peu répétitif, mais l'intention était là. Enfin, Bad Excuse for Daylight amène un peu de mélodie sur une couche grasse de basse, et clôture un album qui demande qu'on le réécoute immédiatement.

Mon album préféré de 2009 jusque maintenant. Et en plus, il sort en vinyl.

Therapy? - Crooked Timber

Il y a très peu de groupes qui font une carrière sans faute. On finit toujours par se ramollir (au mieux), par tenter de se réinventer (Radiohead étant l'exception confirmant la triste règle) ou pire, par devenir totalement inutile et embarrassant (chaussures compensées + grosses lunettes, guitariste à bonnet? Eux.). Le douzième album de Therapy? est un de leurs tous meilleurs, tout en étant, comme souvent, différent de ce qu'ils ont fait auparavant.

Therapy? est un de mes groupes préférés, que je suis depuis pas mal d'années, et qui ne m'ont jamais vraiment déçu. Cependant, les deux derniers albums (Never Apologize Never Explain et One Cure Fits All), tout en étant largement décents, n'apportaient que peu au canon des irlandais. Trois ans après, il fallait sans doute se réinventer, et c'est ce que le groupe a fait, notamment en invitant Andy Gill à la production. Gill, influence majeure de pas mal de monde s'inspirant de son groupe Gang Of Four, a réussi à insuffler une nouvelle dynamique à Therapy? Le groupe sonne très soudé, avec une mention très spéciale à la basse de Michael McKeegan. C'est simple : la basse est l'instrument majeur d'un album à la rythmique aussi impeccable que dévastatrice.

On le remarque d'entrée de jeu avec The Head That Tried To Strangle Itself, ou la dynamique (oui, je me répète) du power trio est poussée à son maximum. Therapy? n'a jamais semblé aussi tight depuis le départ de Martin McCarrick. Il faut donc souligner la place du batteur Neil Cooper : non seulement il rappelle parfois Fyfe Ewing, le légendaire premier cogneur de fûts du groupe, mais il complète McKeegan à la perfection. Reste le dernier membre, Andy Cairns, dont la guitare est donc fatalement parfois en retrait. Ce qui ne l'empêche pas d'envoyer des riffs dantesques et une guitare rythmique idéale. Enfin, Cairns profite du caractère novateur des structures des nouveaux morceaux pour tenter quelques nouvelles choses avec sa voix. Certains diront qu'il chante enfin, je dirai simplement qu'il évolue...

Après le morceau d'intro, suivent carrément deux des meilleurs morceaux jamais enregistrés par T?. Enjoy The Struggle possède une rythmique totalement inouïe alors que Clowns Galore rappelle carrément leurs débuts, et Teethgrinder. Peut-être même en mieux, c'est dire. Cairns est rageur, expédie des solos courts limite industriels, et T?, au risque de me répéter, n'a plus sonné comme ça depuis quelques années. Mais Crooked Timber est assez varié, malgré l'approche bassique (oui, j'ai fait mieux) de l'album : Exiles est étrangement atmosphérique, comme si T? se retrouve signé par Factory Records il y a 25 ans, alors que Crooked Timber commence par une intro au glockenspiel ultramélodique, avant que la basse de McKeegan ne balaye littéralement tout ce qui passe.

On se s'ennuie pas : I Told You I Was Ill pastiche leur tout premier album en ce qui concerne le son de la batterie, pendant que Cairns joue son crooner sur un accord des Ramones. Wow quoi. Somnanbulist et Blacken The Page ramènent un peu le groupe vers leurs influences punk (mais c'est pas Shameless non plus). En fait, c'est tellement varié que s'il n'y avait pas la voix de Cairns, on se demanderait pendant tout l'album de qui il s'agit, surtout avec le morceau suivant. Magic Mountain est 1) un instrumental de dix minutes 2) le truc le plus étrange jamais sorti par T? 3) un morceau qui ne leur ressemble pas 4) un morceau qui ne ressemble à personne d'autre. Parfois un peu répétitif, mais l'intention était là. Enfin, Bad Excuse for Daylight amène un peu de mélodie sur une couche grasse de basse, et clôture un album qui demande qu'on le réécoute immédiatement.

Mon album préféré de 2009 jusque maintenant. Et en plus, il sort en vinyl.

mardi 24 mars 2009

Chris Cornell - Scream

Chris Cornell, 44 ans. A sorti quelques bons albums avec Temple of the Dog et Soundgarden. Certains morceaux d'Audioslave étaient décents. Son premier album solo, Euphoria Morning, n'était pas mal du tout, le suivant déjà moins. Pour des raisons qui ne regardent que lui, il a décidé de collaborer avec le producteur hip-hop Timbaland pour Scream.

Entendons-nous bien : j'apprécie certains trucs que Timbaland a fait, notamment avec Missy Elliott. Et je ne suis pas non plus un megafan de Soundgarden, sans doute le groupe des big 4 grunge que j'écoute le moins.

Cet album, Scream, est monumentalement mauvais. Timberland a sans doute gardé les beats pour une meilleure occasion, et Cornell n'a plus écrit un morceau décent en quinze ans (d'ailleurs, il y a six ou sept compositeurs. Mais, il y a un mais, je me trompe peut-être totalement, pour une raison simple : pour la première fois depuis que j'écris des conneries sur des disques, je n'ai pas pu écouter l'album entièrement. Mea culpa, mais ce n'était juste physiquement pas possible. Et même s'il y a d'autres choses à dire sur l'album (la pochette, Justin Timberlake, les enchaînements, John Mayer, rien que du solide), il n'en vaut vraiment pas la peine.

PS : le refrain du premier morceau? "That bitch ain't a part of me, oh no, that bitch ain't a part of me".

Chris Cornell - Scream

Chris Cornell, 44 ans. A sorti quelques bons albums avec Temple of the Dog et Soundgarden. Certains morceaux d'Audioslave étaient décents. Son premier album solo, Euphoria Morning, n'était pas mal du tout, le suivant déjà moins. Pour des raisons qui ne regardent que lui, il a décidé de collaborer avec le producteur hip-hop Timbaland pour Scream.

Entendons-nous bien : j'apprécie certains trucs que Timbaland a fait, notamment avec Missy Elliott. Et je ne suis pas non plus un megafan de Soundgarden, sans doute le groupe des big 4 grunge que j'écoute le moins.

Cet album, Scream, est monumentalement mauvais. Timberland a sans doute gardé les beats pour une meilleure occasion, et Cornell n'a plus écrit un morceau décent en quinze ans (d'ailleurs, il y a six ou sept compositeurs. Mais, il y a un mais, je me trompe peut-être totalement, pour une raison simple : pour la première fois depuis que j'écris des conneries sur des disques, je n'ai pas pu écouter l'album entièrement. Mea culpa, mais ce n'était juste physiquement pas possible. Et même s'il y a d'autres choses à dire sur l'album (la pochette, Justin Timberlake, les enchaînements, John Mayer, rien que du solide), il n'en vaut vraiment pas la peine.

PS : le refrain du premier morceau? "That bitch ain't a part of me, oh no, that bitch ain't a part of me".

samedi 21 mars 2009

Morrissey - Years Of Refusal

Tout le monde se reforme. Ceux qui se tapaient sur la gueule hier sont de nouveau les meilleurs amis du monde, grâce à l'efficace médiation des dollars. Raison de plus pour encenser encore un peu plus ceux qui, envers et contre tout, refusent de gâcher leur légende. Exemple numéro un : The Smiths. Malgré les demandes incessantes et les chèques aux montants probablement indécents, ils n'ont toujours pas décidé de se reformer, même (surtout?) pour un seul concert de charité. Une telle intégrité est tellement rare qu'il fallait le souligner. Intégrité. Un mot intéressant pour définir Stephen Patrick Morrissey, dont Years of Refusal (et sa pochette typiquement invraisemblable) est le dixième album solo, et le troisième depuis son comeback marquant de 2004. Morrissey ne s'est jamais vendu, que ce soit pour la reformation des Smiths, donc, mais aussi à d'autres points de vue : il continue à faire ce qu'il veut, à sortir les albums dont il a envie un peu n'importe quand et pour n'importe qui (ce qui lui a valu quelques soucis avec son label) et - surtout - à tirer sur tout ce qui bouge dans ses paroles.

On se souvient de son engagement en faveur des droits des animaux (un album des Smiths s'appelle Meat Is Murder, et Morrissey refuse la traditionnelle présence de stands à burgers dans et autour des salles où il se produit) et, en général, de sa grande gueule. Morrissey, sur Years of Refusal, ne s'arrête pas une seconde, ridiculisant ses détracteurs tout en y ajoutant une sérieuse dose d'auto-ironie. Mais cette fois, il ne faut pas nécessairement se focaliser sur les paroles pour apprécier l'album, tant Morrissey a réussi à se renouveler, avec son album le plus rock depuis toujours, en fait.

Produit par feu Jerry Fill (Green Day et l'intégralité du punk californien), Years of Refusal est souvent musclé (Something Is Squeezing My Skull, Black Cloud, le carrément grunge All You Need Is Me), parfois limite indus (le rythme de Mama Lay Softly On The Riverbed) mais reste un album de Morrissey, avec ses syllabes bien séparées pour qu'on ne rate rien des bons mots du maître. Morceaux choisis : "I know by now you think I should have straightened myself out / Thank you good day" (Skull), "It's not your birthday anymore / did you really think we meant / all those syrupy, sentimental things / that we said?" (It's Not Your Birthday Anymore, violemment pompeux) ou diverses variations sur Morrissey lui-même (All You Need Is Me, I'm Ok By Myself, One Day Goodbye Will Be Farewell et surtout le poignant You Were Good In Your Time).

On l'aura compris, Morrissey ne fait - une fois de plus - pas dans la dentelle, et fournit le bâton avec lequel on adorerait le frapper. Mais que cela ne tienne, on pardonne facilement les quelques défauts de Years of Refusal (production un peu trop bourrine, recyclage de deux morceaux déjà présents sur le best of) parce qu'on aura toujours besoin de Morrissey, et que Years Of Refusal est un de ses meilleurs albums solo.

Morrissey - Years Of Refusal

Tout le monde se reforme. Ceux qui se tapaient sur la gueule hier sont de nouveau les meilleurs amis du monde, grâce à l'efficace médiation des dollars. Raison de plus pour encenser encore un peu plus ceux qui, envers et contre tout, refusent de gâcher leur légende. Exemple numéro un : The Smiths. Malgré les demandes incessantes et les chèques aux montants probablement indécents, ils n'ont toujours pas décidé de se reformer, même (surtout?) pour un seul concert de charité. Une telle intégrité est tellement rare qu'il fallait le souligner. Intégrité. Un mot intéressant pour définir Stephen Patrick Morrissey, dont Years of Refusal (et sa pochette typiquement invraisemblable) est le dixième album solo, et le troisième depuis son comeback marquant de 2004. Morrissey ne s'est jamais vendu, que ce soit pour la reformation des Smiths, donc, mais aussi à d'autres points de vue : il continue à faire ce qu'il veut, à sortir les albums dont il a envie un peu n'importe quand et pour n'importe qui (ce qui lui a valu quelques soucis avec son label) et - surtout - à tirer sur tout ce qui bouge dans ses paroles.

On se souvient de son engagement en faveur des droits des animaux (un album des Smiths s'appelle Meat Is Murder, et Morrissey refuse la traditionnelle présence de stands à burgers dans et autour des salles où il se produit) et, en général, de sa grande gueule. Morrissey, sur Years of Refusal, ne s'arrête pas une seconde, ridiculisant ses détracteurs tout en y ajoutant une sérieuse dose d'auto-ironie. Mais cette fois, il ne faut pas nécessairement se focaliser sur les paroles pour apprécier l'album, tant Morrissey a réussi à se renouveler, avec son album le plus rock depuis toujours, en fait.

Produit par feu Jerry Fill (Green Day et l'intégralité du punk californien), Years of Refusal est souvent musclé (Something Is Squeezing My Skull, Black Cloud, le carrément grunge All You Need Is Me), parfois limite indus (le rythme de Mama Lay Softly On The Riverbed) mais reste un album de Morrissey, avec ses syllabes bien séparées pour qu'on ne rate rien des bons mots du maître. Morceaux choisis : "I know by now you think I should have straightened myself out / Thank you good day" (Skull), "It's not your birthday anymore / did you really think we meant / all those syrupy, sentimental things / that we said?" (It's Not Your Birthday Anymore, violemment pompeux) ou diverses variations sur Morrissey lui-même (All You Need Is Me, I'm Ok By Myself, One Day Goodbye Will Be Farewell et surtout le poignant You Were Good In Your Time).

On l'aura compris, Morrissey ne fait - une fois de plus - pas dans la dentelle, et fournit le bâton avec lequel on adorerait le frapper. Mais que cela ne tienne, on pardonne facilement les quelques défauts de Years of Refusal (production un peu trop bourrine, recyclage de deux morceaux déjà présents sur le best of) parce qu'on aura toujours besoin de Morrissey, et que Years Of Refusal est un de ses meilleurs albums solo.

lundi 16 mars 2009

Grand Duchy - Petits Fours

Charles Thompson est un homme aux projets multiples. Sous le pseudonyme de Black Francis, il est vocaliste d'une groupe qui a eu un certain impact, Pixies, alors que sous celui de Frank Black, il traîne une carrière solo, disons, pas exactement concluante. Les dernières années ont été plus confuses que la transition d'un alias à l'autre : d'abord, il a ressorti Black Francis de la naphtaline pour le convaincant Bluefinger, et voilà qu'il sort un projet avec sa femme Violet Clark sous l'étrange nom de Grand Duchy. Alors, Grand Duchy, FB ou BF? Charles Thompson, simplement.

Petits Fours (oui, je sais) est court et varié. Come Over To My House est un morceau simplement rock mais très efficace, mixant infuences 60s, claviers sci-fi de Clark et une basse qui semble jouée par Kim Deal (ce qui prouve que, même si je l'aime bien, Kim, elle ne servait quand même pas à grand chose). De plus, la Voix est de retour, celle, agressive et inimitable, de Holiday Song, Debaser, etc etc. Contre-pied immédiat, Lovesick a une base acoustique et une voix calme et gentille de Violet Clark, alors que Fort Wayne est limite twee, avant de tourner fuzzy rock, quiet LOUD quiet, quoi...

L'album surprend pendant 5-6 morceaux, car on a encore une Violet Clark dans un registre carrément punk, ou pop à la Cardigans. Bizarre, bizarre, et légèrement schizophrène. Black Suit, situé en plein milieu est peut-être le meilleur morceau, avec une rage dans la voix de Black (plus simple) qu'on croyait vraiment disparue. Hélas, la fin de l'album ne tient pas trop la route (malgré la basse de Break The Angels, autoplagiée), car une certaine habitude lassante s'installe. Il reste que la dynamique entre les deux époux est franchement intéressante, et on peut se demander si Grand Duchy est juste une aventure sans lendemain, ou un véritable projet majeur. Difficile à dire, surtout que la nouvelle tournée des Pixies va nécessairement reposer les sempiternelles questions sur un nouvel album dont, finalement, personne ne veut vraiment.

Grand Duchy - Petits Fours

Charles Thompson est un homme aux projets multiples. Sous le pseudonyme de Black Francis, il est vocaliste d'une groupe qui a eu un certain impact, Pixies, alors que sous celui de Frank Black, il traîne une carrière solo, disons, pas exactement concluante. Les dernières années ont été plus confuses que la transition d'un alias à l'autre : d'abord, il a ressorti Black Francis de la naphtaline pour le convaincant Bluefinger, et voilà qu'il sort un projet avec sa femme Violet Clark sous l'étrange nom de Grand Duchy. Alors, Grand Duchy, FB ou BF? Charles Thompson, simplement.

Petits Fours (oui, je sais) est court et varié. Come Over To My House est un morceau simplement rock mais très efficace, mixant infuences 60s, claviers sci-fi de Clark et une basse qui semble jouée par Kim Deal (ce qui prouve que, même si je l'aime bien, Kim, elle ne servait quand même pas à grand chose). De plus, la Voix est de retour, celle, agressive et inimitable, de Holiday Song, Debaser, etc etc. Contre-pied immédiat, Lovesick a une base acoustique et une voix calme et gentille de Violet Clark, alors que Fort Wayne est limite twee, avant de tourner fuzzy rock, quiet LOUD quiet, quoi...

L'album surprend pendant 5-6 morceaux, car on a encore une Violet Clark dans un registre carrément punk, ou pop à la Cardigans. Bizarre, bizarre, et légèrement schizophrène. Black Suit, situé en plein milieu est peut-être le meilleur morceau, avec une rage dans la voix de Black (plus simple) qu'on croyait vraiment disparue. Hélas, la fin de l'album ne tient pas trop la route (malgré la basse de Break The Angels, autoplagiée), car une certaine habitude lassante s'installe. Il reste que la dynamique entre les deux époux est franchement intéressante, et on peut se demander si Grand Duchy est juste une aventure sans lendemain, ou un véritable projet majeur. Difficile à dire, surtout que la nouvelle tournée des Pixies va nécessairement reposer les sempiternelles questions sur un nouvel album dont, finalement, personne ne veut vraiment.

jeudi 12 mars 2009

Lamb of God - Wrath

Longtemps considéré comme le plus probable successeur de Pantera au titre de groupe metal de référence, Lamb Of God a maintenant sorti un album de plus que leurs collègues sudistes (du moins si on ne compte que la période Anselmo), et n'est donc plus le jeune groupe qui a autrefois cassé la baraque avec New American Gospel et As The Palaces Burn. Lamb of God est donc arrivé dans la comfort zone, où ils n'ont plus qu'à sortir un album médiocre tous les trois ans, un Ozzfest et une tournée sponsorisée par Jägermeister pour finir le mois. WRONG.

Wrath est un album solide, puissant, convaincant qui cimente la place de Lamb of God pas seulement comme fer de lance du New Wave of American Metal or whatever it's called, mais comme artiste majeur de l'histoire du metal. D'ailleurs, pour mieux coller à cette histoire, ils n'hésitent pas à commencer par quelques accords de guitare acoustique, comme dans les deux bons albums de Metallica. Heureusement, ça s'arrête net quand la batterie de Chris Adler envoie une série de blast beats dont il a le secret, 40 minutes de rage sonore quasi ininterrompue peut alors commencer. Innovateur, Lamb of ne l'est plus vraiment : ils sont tranquillement installés dans leur subgenre, en essayant de le faire le mieux possible et de varier légèrement l'album en album, parfois en envoyant plus de solos, ou alors, comme ici, en se focalisant sur l'aspect très roots des morceaux : là où Metallica a réussi à sortir deux albums totalement pourris d'un point de vue qualité sonore, LoG réussit, sans production glossy, a sonner très vrai, à commencer par Randy Blythe, qui, lui, est certainement le meilleur vocaliste metal depuis Phil Anselmo, compensant une gamme moins large par une agressivité sans faille.

Roots, c'est un terme qui leur correspond bien. Contrairement à d'autres groupes metal contemporains comme Trivium ou (gasp) Dragonforce, Lamb of God ne fait jamais dans la démesure ou la prétention, ce qui crée une certaine austérité ressentie tout au long de l'album. Passé les quelques premiers morceaux, on peut rester admiratif devant les morceaux et parfois, la technique employée (Chris Adler est un excellent batteur), mais force est de constater que tout cela semble se répéter au fur et à mesure que les morceaux s'égrènent. Blythe (qui semble ne pas vouloir rentrezrr dans une période ramollie à la Corey Taylor) et Mike Morton (guitare) font en sorte qu'on ne s'ennuie pas, l'un grâce à ses voix passionnées, l'autres par des riffs secs et bien sentis. Les tempos sont généralement assez élevés et tournent parfois à la folie pure (Contractor, Grace).

Lamb of God est le groupe metal des groupes metal contemporains. Modèle pour la nouvelle génération, ils ont le bon goût de ne pas totalement changer leur style en continuant à évoluer. Enfermés dans un genre limité par essence, ils réussissent à en tirer le meilleur, et ce depuis dix ans. Il reste à espérer que leur carrière se passera mieux que celle du groupe à qui on les a trop souvent comparé.

Lamb of God - Wrath

Longtemps considéré comme le plus probable successeur de Pantera au titre de groupe metal de référence, Lamb Of God a maintenant sorti un album de plus que leurs collègues sudistes (du moins si on ne compte que la période Anselmo), et n'est donc plus le jeune groupe qui a autrefois cassé la baraque avec New American Gospel et As The Palaces Burn. Lamb of God est donc arrivé dans la comfort zone, où ils n'ont plus qu'à sortir un album médiocre tous les trois ans, un Ozzfest et une tournée sponsorisée par Jägermeister pour finir le mois. WRONG.

Wrath est un album solide, puissant, convaincant qui cimente la place de Lamb of God pas seulement comme fer de lance du New Wave of American Metal or whatever it's called, mais comme artiste majeur de l'histoire du metal. D'ailleurs, pour mieux coller à cette histoire, ils n'hésitent pas à commencer par quelques accords de guitare acoustique, comme dans les deux bons albums de Metallica. Heureusement, ça s'arrête net quand la batterie de Chris Adler envoie une série de blast beats dont il a le secret, 40 minutes de rage sonore quasi ininterrompue peut alors commencer. Innovateur, Lamb of ne l'est plus vraiment : ils sont tranquillement installés dans leur subgenre, en essayant de le faire le mieux possible et de varier légèrement l'album en album, parfois en envoyant plus de solos, ou alors, comme ici, en se focalisant sur l'aspect très roots des morceaux : là où Metallica a réussi à sortir deux albums totalement pourris d'un point de vue qualité sonore, LoG réussit, sans production glossy, a sonner très vrai, à commencer par Randy Blythe, qui, lui, est certainement le meilleur vocaliste metal depuis Phil Anselmo, compensant une gamme moins large par une agressivité sans faille.

Roots, c'est un terme qui leur correspond bien. Contrairement à d'autres groupes metal contemporains comme Trivium ou (gasp) Dragonforce, Lamb of God ne fait jamais dans la démesure ou la prétention, ce qui crée une certaine austérité ressentie tout au long de l'album. Passé les quelques premiers morceaux, on peut rester admiratif devant les morceaux et parfois, la technique employée (Chris Adler est un excellent batteur), mais force est de constater que tout cela semble se répéter au fur et à mesure que les morceaux s'égrènent. Blythe (qui semble ne pas vouloir rentrezrr dans une période ramollie à la Corey Taylor) et Mike Morton (guitare) font en sorte qu'on ne s'ennuie pas, l'un grâce à ses voix passionnées, l'autres par des riffs secs et bien sentis. Les tempos sont généralement assez élevés et tournent parfois à la folie pure (Contractor, Grace).

Lamb of God est le groupe metal des groupes metal contemporains. Modèle pour la nouvelle génération, ils ont le bon goût de ne pas totalement changer leur style en continuant à évoluer. Enfermés dans un genre limité par essence, ils réussissent à en tirer le meilleur, et ce depuis dix ans. Il reste à espérer que leur carrière se passera mieux que celle du groupe à qui on les a trop souvent comparé.