jeudi 30 août 2007

Manu Chao - La Radiolina

Comme on le sait, Manu Chao voyage beaucoup, partout, et ne s'est donc pas ennuyé entre son dernier album de celui-ci. L'ex-Mano Negra avait connu un succès étonnant avec ses deux albums minimalistes, bricolés lo-fi mais charmants. Cette fois, il a convié son groupe aux enregistrements, et le Radio Bemba Sound System augmente le son de la guitare de Chao, rendant le son plus expansif, et donc moins intimiste.

Qu'est-ce qui ne change pas? Le style des morceaux, toujours mélancolique et chanté en plusieurs langues, dans un style alliant naïveté et authenticité reste le même, on a rajouté des percussions et des guitares parfois assez rock, comme dans le premier single Rainin In Paradize ou Panik Panik. Naïveté aussi au niveau des paroles, et Chao a toujours un accent anglais absolument effroyable. Interpeller George W Bush dans sa langue en devient finalement plus ridicule qu'efficace. Heureusement, il réussit à sublimer ses sentiments, dans quelques morceaux spendides comme Otro Mundo, mais on se met à regretter l'ambiance particulière des albums précédents, moins professionnelle, plus efficace.

De plus, ce que Radio Bemba apporte est assez limité : des rythmes basiques, des guitares trop simples : en concert, c'est très efficace, mais ici, on a l'impression de perdre son temps, surtout pour les morceaux qui durent moins de deux minutes. Et le riff de Rainin in Paradize est (ré)utilisé trois fois en cinquante minutes, quand même.

Déception personnelle donc, même si je suppose que ça sera pris comme un atteinte à la world music ou que sais-je encore. Reste que Manu Chao dans un groupe rock, je préférais Mano Negra, et Manu Chao solo, c'était les bidouillages personnels des débuts. Mais c'est mon avis, et comme il semble que j'ai souvent tort ;) ...

Manu Chao - La Radiolina

Comme on le sait, Manu Chao voyage beaucoup, partout, et ne s'est donc pas ennuyé entre son dernier album de celui-ci. L'ex-Mano Negra avait connu un succès étonnant avec ses deux albums minimalistes, bricolés lo-fi mais charmants. Cette fois, il a convié son groupe aux enregistrements, et le Radio Bemba Sound System augmente le son de la guitare de Chao, rendant le son plus expansif, et donc moins intimiste.

Qu'est-ce qui ne change pas? Le style des morceaux, toujours mélancolique et chanté en plusieurs langues, dans un style alliant naïveté et authenticité reste le même, on a rajouté des percussions et des guitares parfois assez rock, comme dans le premier single Rainin In Paradize ou Panik Panik. Naïveté aussi au niveau des paroles, et Chao a toujours un accent anglais absolument effroyable. Interpeller George W Bush dans sa langue en devient finalement plus ridicule qu'efficace. Heureusement, il réussit à sublimer ses sentiments, dans quelques morceaux spendides comme Otro Mundo, mais on se met à regretter l'ambiance particulière des albums précédents, moins professionnelle, plus efficace.

De plus, ce que Radio Bemba apporte est assez limité : des rythmes basiques, des guitares trop simples : en concert, c'est très efficace, mais ici, on a l'impression de perdre son temps, surtout pour les morceaux qui durent moins de deux minutes. Et le riff de Rainin in Paradize est (ré)utilisé trois fois en cinquante minutes, quand même.

Déception personnelle donc, même si je suppose que ça sera pris comme un atteinte à la world music ou que sais-je encore. Reste que Manu Chao dans un groupe rock, je préférais Mano Negra, et Manu Chao solo, c'était les bidouillages personnels des débuts. Mais c'est mon avis, et comme il semble que j'ai souvent tort ;) ...

mardi 28 août 2007

Ben Harper and The Innocent Criminals - Lifeline

Ben Harper continue son exploration de dizaines d'années de musique, et de lui-même. Après un album gospel, un reggae et un impressionnant double, Lifeline est son neuvième album studio, et est aussi assez particulier. L'album a été écrit sur la route, avec l'aide (pour la première fois) de son groupe, The Innocent Criminals, et enregistré en une petite semaine à Paris. Il en acquiert un sentiment organique puissant : le son est live, et sa voix d'Harper est parfois poussée à la limite de ses émotions, prouvant une dernière fois qu'il est un interprète remarquable. Mais Lifeline ne serait rien sans les morceaux eux-même, et la qualité est au rendez-vous.

Fight Outta You rappelle, par son caractère répétitif, With My Own Two Hands en y ajoutant un caractère social prononcé, qui pourrait sortir de la bouche de Zack De La Rocha s'il avait adopté un autre style. Fool For A Lonesome Train donne l'impression, comme l'album en général, d'avoir toujours existé, d'être un classique immédiat, alors que Needed You Tonight invoque le début du rock n roll : Ben Harper est de la classe des légendes. Musicalement, le groupe est très solide, mais c'est la guitare d'Harper, souvent discrète, qui domine sans éclabousser : il a prouvé qu'il pouvait faire du Hendrix, maintenant il fait juste du Harper.

L'album entier ne souffre d'aucune faiblesse, et les meilleurs morceaux en deviennent alors extraordinaires : Younger Than Today est beau à pleurer, d'une tristesse sublime, alors que les deux derniers morceaux (joués live en une prise) montrent Harper en solo, arrachant son coeur, son âme et déposant le tout devant lui, pour que tout le monde puisse regarder.

Lifeline est sans doute l'album qui m'a le plus impressionné depuis longtemps : il n'est peut-être pas parfait, et comme souvent chez Harper, il part parfois dans tous les styles, mais il est tellement rare d'entendre une telle authenticité de la part d'un artiste qu'on ne peut qu'admirer. Parce que le reste du monde ne saura qu'admirer.

Ben Harper and The Innocent Criminals - Lifeline

Ben Harper continue son exploration de dizaines d'années de musique, et de lui-même. Après un album gospel, un reggae et un impressionnant double, Lifeline est son neuvième album studio, et est aussi assez particulier. L'album a été écrit sur la route, avec l'aide (pour la première fois) de son groupe, The Innocent Criminals, et enregistré en une petite semaine à Paris. Il en acquiert un sentiment organique puissant : le son est live, et sa voix d'Harper est parfois poussée à la limite de ses émotions, prouvant une dernière fois qu'il est un interprète remarquable. Mais Lifeline ne serait rien sans les morceaux eux-même, et la qualité est au rendez-vous.

Fight Outta You rappelle, par son caractère répétitif, With My Own Two Hands en y ajoutant un caractère social prononcé, qui pourrait sortir de la bouche de Zack De La Rocha s'il avait adopté un autre style. Fool For A Lonesome Train donne l'impression, comme l'album en général, d'avoir toujours existé, d'être un classique immédiat, alors que Needed You Tonight invoque le début du rock n roll : Ben Harper est de la classe des légendes. Musicalement, le groupe est très solide, mais c'est la guitare d'Harper, souvent discrète, qui domine sans éclabousser : il a prouvé qu'il pouvait faire du Hendrix, maintenant il fait juste du Harper.

L'album entier ne souffre d'aucune faiblesse, et les meilleurs morceaux en deviennent alors extraordinaires : Younger Than Today est beau à pleurer, d'une tristesse sublime, alors que les deux derniers morceaux (joués live en une prise) montrent Harper en solo, arrachant son coeur, son âme et déposant le tout devant lui, pour que tout le monde puisse regarder.

Lifeline est sans doute l'album qui m'a le plus impressionné depuis longtemps : il n'est peut-être pas parfait, et comme souvent chez Harper, il part parfois dans tous les styles, mais il est tellement rare d'entendre une telle authenticité de la part d'un artiste qu'on ne peut qu'admirer. Parce que le reste du monde ne saura qu'admirer.