mercredi 30 juillet 2008

Scars On Broadway - Scars On Broadway


Quand System Of A Down a sorti son double Mezmerize/Hypnotize, un élément s'est détaché immédiatement : la place prise par le guitariste Daron Malakian. Il était déjà le compositeur principal du groupe, et en tant que guitariste, il était aussi le principal compositeur, et donc responsable du son nouveau que SOAD a amené au mode du metal. Mais SOAD, c'était aussi la voix reconnaissable de Serj Tankian, et quand on s'est rendu compte que Malakian chantait autant, si pas plus, que Tankian, quelque chose ne tournait pas trop rond. De plus, le manque d'expérience (pour être sympa) de Malakian a sérieusement diminué l'impact de ces albums : en résumé, Malakian chantait trop, et mal.

Corollaire de tout cela, SOAD est parti en hiatus (genre At The Drive-In), Tankian sort un assez bon album solo, et c'est maintenant au tour de Daron Malakian de former son projet, aidé par le batteur de SOAD John Dolmayan. Scars On Broadway en est le - mauvais - nom, mais on commençait à avoir l'habitude des grosses limitations de Malakian niveau texte : le dernier SOAD ne volait pas très haut à ce point de vue-là, et ça ne s'arrange absolument pas ici. C'est dit, occupons-nous de la musique qui, de manière stupéfiante, ressemble... au dernier SOAD.

Non, vraiment : les quinze morceaux auraient tous pu se retrouver sur Mezmerize et Hypnotize. On dira peut-être qu'il y a un peu plus de claviers ici (Chemicals, le hammond de Kill Each Other/Live Forever), mais sinon, les changements de rythmes sont les mêmes, la guitare aussi (même si on se laisse parfois aller à des solos) et étrangement, Malakian s'essaie de temps en temps à des tankianismes vocaux. Là où Tankian, justement, ajoute pas mal d'élements de folklore arménien (ça vient de lui, donc), Malakian est plus carré. On regrettera justement le manque de variété de Scars On Broadway, dans les paroles (on pourrait parler d'autres choses que de drogues, de génocide et de suicide, une fois de temps en temps), mais aussi dans la musique. Certaines idées originales ne sont pas menées bien loin, comme le rythme faux-disco de Enemy, et certains morceaux sont trop mous (on se rappelle de Lonely Day? Mou comme ça).

Scars On Broadway fonctionne mieux que le dernier SOAD, sans doute parce que cette fois, on savait à quoi s'attendre. Malakian chante mieux, même si ce n'est pas son point fort, et maîtrise musicalement son sujet, certes sans trop de variations, mais il rappelle pourquoi System Of A Down fut un des groupes des plus innovateurs de ces dernières années. Il semble qu'on n'entendra plus parler de SOAD pour un petit bout de temps, surtout si Scars On Broadway connaît un certain succès. Tankian et Malakian ont, semble-t-il, trouvé leur voie, et il sera intéressant de voir comment ils vont envisager la suite de leurs carrières, séparément ou pas. En tout cas, chacun de leur côté, ils ne sont pas mal partis.

Scars On Broadway - Scars On Broadway


Quand System Of A Down a sorti son double Mezmerize/Hypnotize, un élément s'est détaché immédiatement : la place prise par le guitariste Daron Malakian. Il était déjà le compositeur principal du groupe, et en tant que guitariste, il était aussi le principal compositeur, et donc responsable du son nouveau que SOAD a amené au mode du metal. Mais SOAD, c'était aussi la voix reconnaissable de Serj Tankian, et quand on s'est rendu compte que Malakian chantait autant, si pas plus, que Tankian, quelque chose ne tournait pas trop rond. De plus, le manque d'expérience (pour être sympa) de Malakian a sérieusement diminué l'impact de ces albums : en résumé, Malakian chantait trop, et mal.

Corollaire de tout cela, SOAD est parti en hiatus (genre At The Drive-In), Tankian sort un assez bon album solo, et c'est maintenant au tour de Daron Malakian de former son projet, aidé par le batteur de SOAD John Dolmayan. Scars On Broadway en est le - mauvais - nom, mais on commençait à avoir l'habitude des grosses limitations de Malakian niveau texte : le dernier SOAD ne volait pas très haut à ce point de vue-là, et ça ne s'arrange absolument pas ici. C'est dit, occupons-nous de la musique qui, de manière stupéfiante, ressemble... au dernier SOAD.

Non, vraiment : les quinze morceaux auraient tous pu se retrouver sur Mezmerize et Hypnotize. On dira peut-être qu'il y a un peu plus de claviers ici (Chemicals, le hammond de Kill Each Other/Live Forever), mais sinon, les changements de rythmes sont les mêmes, la guitare aussi (même si on se laisse parfois aller à des solos) et étrangement, Malakian s'essaie de temps en temps à des tankianismes vocaux. Là où Tankian, justement, ajoute pas mal d'élements de folklore arménien (ça vient de lui, donc), Malakian est plus carré. On regrettera justement le manque de variété de Scars On Broadway, dans les paroles (on pourrait parler d'autres choses que de drogues, de génocide et de suicide, une fois de temps en temps), mais aussi dans la musique. Certaines idées originales ne sont pas menées bien loin, comme le rythme faux-disco de Enemy, et certains morceaux sont trop mous (on se rappelle de Lonely Day? Mou comme ça).

Scars On Broadway fonctionne mieux que le dernier SOAD, sans doute parce que cette fois, on savait à quoi s'attendre. Malakian chante mieux, même si ce n'est pas son point fort, et maîtrise musicalement son sujet, certes sans trop de variations, mais il rappelle pourquoi System Of A Down fut un des groupes des plus innovateurs de ces dernières années. Il semble qu'on n'entendra plus parler de SOAD pour un petit bout de temps, surtout si Scars On Broadway connaît un certain succès. Tankian et Malakian ont, semble-t-il, trouvé leur voie, et il sera intéressant de voir comment ils vont envisager la suite de leurs carrières, séparément ou pas. En tout cas, chacun de leur côté, ils ne sont pas mal partis.

lundi 28 juillet 2008

The Vines - Melodia


Quelques semaines après un best of arrive le quatrième album des Australiens, emmenés par l'instable Craig Nicholls. Depuis leurs fracassants débuts (la minute cinquante d'Highly Evolved), ils n'ont pas montré une grande variété de compositions : on a soit le rocker sous influence punk/grunge soit la ballade psychédélique type Rubber Soul sous champis. La seule chose qui varie est la qualité des morceaux, les trois albums étant chaque fois un peu moins bons. Heureusement, l'Asperger le plus célèbre du rock se rattrape sur Melodia.

Le début de l'album confirme le territoire : des morceaux qui ne dépassent souvent pas les deux minutes et qui se divisent entre les deux catégories décrites plus haut. Get Out est directement un classique du groupe, Manger rappelle Alice In Chains alors que AS III ou Orange Amber évoque George Harrison et donc l'autre face du groupe. Comme toujours, on peut facilement être irrité par la voix de Nicholls (et encore, sur album, on ne le voit pas), mais ce n'est pas vraiment un point négatif, il s'est nettement amélioré avec le temps. Cette dichotomie loud/quiet ne se dément pas jusqu'à la fin de l'album, créant l'effet de montagnes russes généralement associé aux albums des Vines. Mais l'important était que les morceaux tiennent la route, et c'est le cas : malgré les évidentes influences, Melodia est le meilleur album du groupe à ce jour.

The Vines - Melodia


Quelques semaines après un best of arrive le quatrième album des Australiens, emmenés par l'instable Craig Nicholls. Depuis leurs fracassants débuts (la minute cinquante d'Highly Evolved), ils n'ont pas montré une grande variété de compositions : on a soit le rocker sous influence punk/grunge soit la ballade psychédélique type Rubber Soul sous champis. La seule chose qui varie est la qualité des morceaux, les trois albums étant chaque fois un peu moins bons. Heureusement, l'Asperger le plus célèbre du rock se rattrape sur Melodia.

Le début de l'album confirme le territoire : des morceaux qui ne dépassent souvent pas les deux minutes et qui se divisent entre les deux catégories décrites plus haut. Get Out est directement un classique du groupe, Manger rappelle Alice In Chains alors que AS III ou Orange Amber évoque George Harrison et donc l'autre face du groupe. Comme toujours, on peut facilement être irrité par la voix de Nicholls (et encore, sur album, on ne le voit pas), mais ce n'est pas vraiment un point négatif, il s'est nettement amélioré avec le temps. Cette dichotomie loud/quiet ne se dément pas jusqu'à la fin de l'album, créant l'effet de montagnes russes généralement associé aux albums des Vines. Mais l'important était que les morceaux tiennent la route, et c'est le cas : malgré les évidentes influences, Melodia est le meilleur album du groupe à ce jour.